Marlène Schiappa dit non à l’allongement du congé paternité

25 Juil 2017

Interview de Marlène Schiappa sur l'allongement du congé paternité

Cette interview de Marlène Schiappa est passée complètement inaperçue. Pas un commentateur politique, pas un journaliste société n’a rebondi sur ces quelques mots pourtant lourds de sens. Publié sur Facebook par le magazine Néon, l’échange par sms est probablement passé sous les radars en raison de sa forme. N’empêche.

Pour être honnête, je ne connais pas bien Marlène Schiappa. Nous ne nous sommes rencontrés qu’une fois. C’était en janvier 2016 à l’occasion d’un déjeuner avec Laurence Rossignol, ancienne ministre de l’Enfance, des Familles et des Droits des femmes. J’avais alors pu pressentir nos divergences d’opinion sur les moyens de parvenir à davantage d’égalité entre hommes et femmes. Néanmoins, j’étais heureux, en mai dernier, de découvrir qu’une jeune femme – intelligente, cultivée et en phase avec son époque – allait porter une question de société aussi essentielle que casse-gueule.

Marlène Schiappa et le congé paternité : l’interview texto

Quelle ne fut pas ma déception de lire cette interview texto, constatant qu’en quelques 35 mots, la secrétaire d’Etat venait de passer au mixer toute vision inspirante, porteuse d’un avenir apaisé entre hommes et femmes. L’interview, là-voilà :

C’est la réponse navrante de Marlène Schiappa à la question de la journaliste sur l’allongement du congé paternité, qui m’a laissé sans voix : « les hommes n’accouchent pas, je crois… ».

Les hommes n’accouchent pas. Non. Les hommes n’accouchent pas. Il n’y a donc aucune raison qu’ils prennent part, avec leurs femmes, à l’accueil de ces bébés à qui ils ont donné vie ensemble. Il n’y a aucune raison qu’ils consacrent du temps à leur famille puisqu’ils n’ont pas passé plusieurs heures à pousser, les pieds dans les étriers. De là à imaginer que la secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes considère que la place des femmes est à la maison avec bébé et celle des hommes au travail, il n’y a qu’un pas (que, pour ma part, je ne franchirai pas).

J’ai retourné cette phrase dans mon cerveau pendant plusieurs jours avant d’écrire cet article. Il y a forcément un truc que je ne devais pas comprendre. La punchline de la secrétaire d’Etat était probablement trop fine pour que j’en saisisse toute la portée.

A bien y réfléchir, elle m’a rappelé une autre saillie verbale. Signée Valérie Pécresse cette fois. En 2013, l’ancienne ministre avait maladroitement laissé entendre que les hommes avaient mieux à faire que de changer les couches de leurs bébés. On pourrait aujourd’hui ajouter : « … d’autant qu’ils n’accouchent pas, eux ! » Un petit pas pour Marlène Schiappa, un grand pas pour l’égalité hommes/femmes.

Vous allez me dire que mon analyse est aussi partielle que partiale et vous avez raison. Car Marlène Schiappa justifie ses propos. Elle argumente et étaye son point de vue : « nous avons interrogé beaucoup de pères pendant la campagne présidentielle et les demandes ne sont pas uniformes. Des pères veulent un allongement et d’autres pas du tout ». D’accord.

Puisque quelques hommes ne veulent pas d’un congé paternité plus long, pas la peine de se poser de question. Pas la peine de porter une vision de société nouvelle, moderne et nécessaire. La politique, c’est simple comme du porte à porte. On passe deux heures au Mans pour rencontrer quelques voisins, on leur demande leur avis et on se forge une vision pour construire l’avenir d’un pays. Merci Marlène Schiappa pour cette leçon de sciences politiques.

En une interview, Marlène Schiappa a réduit à néant les espoirs d’une bonne partie de l’opinion, femmes et hommes réunis. Elle a montré qu’elle ne compte pas s’appuyer sur les hommes pour faire avancer la question de l’égalité. Elle a aussi prouvé que si elle sait porter pleinement les combats d’une partie des femmes de notre pays, elle n’est définitivement pas la secrétaire d’Etat de toutes celles et tous ceux qu’elle est pourtant censée représenter.

Force est de constater que nous ne partageons pas la même vision de l’égalité hommes/femmes. Avec ces quelques mots, Marlène Schiappa se pose définitivement en porte drapeau d’un féminisme qui place le combat pour l’égalité dans une lutte des femmes contre les hommes. Je considère au contraire que la question de l’égalité n’avance que lorsque les femmes et les hommes se lient intimement pour la défendre. Dans leurs chairs. Contre vents et marées.

D’un côté la lutte. De l’autre l’écoute et le respect mutuel.

Merci Madame la secrétaire d’Etat.

[EDIT du 27/07/2017] Vous êtes très nombreux/ses à réagir à cet article. Et je suis heureux de constater que les femmes sont les premières à défendre l’allongement du congé paternité. Pour donner plus d’écho à cette demande, n’hésitez pas à partager cet article ou le post Facebook ci-dessous avec vos proches !

Vous pouvez aussi signer la pétition pour un allongement du congé paternité à 4 semaines en vous rendant ici. 

43 réponses to “Marlène Schiappa dit non à l’allongement du congé paternité”

  1. Marie 25 juillet 2017 at 13 h 07 min #

    D’autant que s’ils n’accouchent pas, ils peuvent être un réel soutien à la maman, qui, en plus de devoir accoucher, doit ensuite pourvoir aux besoins de son nourrisson toute seule toute la journée, et s’en débrouiller comme elle peut. Le congé parental pour les hommes serait aussi un excellent moyen de « soulager » les mamans, qui ont besoin + que jamais au retour à la maison, d’un papa présent, qui peut prendre le relai, et apprendre à découvrir son enfant en s’impliquant (et permettre à la maman + de sommeil/repos… bien mérité !!). Cela éviterait bon nombre d’états d’épuisements tant physique que psychique. Mais apparemment, on peut se brosser !

    • Olivier 25 juillet 2017 at 14 h 14 min #

      Effectivement, elle oublie le rôle souvent joué par le père dans de nombreuses familles en construction. Pire, j’ai le sentiment qu’elle le foule du pied.

  2. Galouve 25 juillet 2017 at 14 h 15 min #

    Bonjour , effectivement ils n’accouchent pas par contre ,ce congé devrais être automatiquement à la naissance du bébé pour aider la maman qui va rentrer chez elle avec toutes les tâches ménagères et un épuisement du à la naissance. Ainsi certains ne les prendrais pas comme étant des vacances car oui ,j’ai vu le cas qui m’a degouté .la symbiose pourra alors ce faire et en plus de l’allongement du congé maternité désolé mais allongé aussi le maternité . Les mamans de premier bébé on besoin de temps pour s’adapter ,c’est un déchirement de devoir laisser son bébé pur reprendre le taf

    • Olivier 25 juillet 2017 at 14 h 35 min #

      Je pense aussi, pour ma part, que le congé paternité devrait obligatoirement commencer à la naissance. Question à débattre…

  3. babidji 25 juillet 2017 at 15 h 09 min #

    Certes les papas n’ont peut-être pas besoin du repos « physique » mais on sait que ceux qui sont présents et investis dès la naissance s’occupent ensuite totalement de l’éducation. Et après elle va défendre bec et ongles l’égalité homme – femme mais si on bloque de notre côté d’entrée de jeu faut pas venir pleurer après ! Comme l’expliquait si bien mon amie Anne Thoumieux qui a écrit « le cahier de la jeune maman pour les nuls »: elle a subi 2 césariennes et son mari a dû prendre le relais dès la naissance vu qu’elle ne pouvait pas bouger du lit, et bien son rapport aux taches du quotidien ainsi qu’à la prise en charge de la logistique familiale n’a rien à voir avec un papa qui aurait été un peu plus exclus au départ ! bref c’est nul ce qu’elle dit cette Schiappa ! #deception

    • Olivier 25 juillet 2017 at 15 h 17 min #

      Tu ne peux pas savoir comme je suis heureux de lire tous ces commentaires de femmes, ici et sur Facebook, pour rappeler l’importance du rôle du papa à leurs côtés et dans la construction des premiers repères familiaux. Ca fait chaud au coeur de savoir que l’égalité h/f, qui passe par un profond respect mutuel, peut aussi se conquérir ensemble !

  4. Djahann 25 juillet 2017 at 15 h 52 min #

    Excellent article ! J’avoue que je ne comprends pas bien où veut en venir cette dame, mais elle ne suit clairement pas le chemin de l’égalité !
    Encore une fois, il s’agirait d’un droit, et pas d’une obligation ! Donc si les papas ont envie d’être auprès de leur enfant dès les premiers jours pour construire la famille et auprès de la maman qui a besoin de repos et d’aide (surtout s’il y a déjà des enfants plus grands) eh bien ils doivent en avoir la possibilité. Les hommes ne sont pas juste là pour mettre la petite graine, hein, Madame la ministre !

    • Olivier 25 juillet 2017 at 16 h 30 min #

      Exactement. Je trouve étonnant qu’elle plaide la pseudo indécision des papas alors que le congé paternité n’a rien d’obligatoire. Prendre une mesure d’allongement satisferait donc ce qui sont favorables sans ne rien enlever à ceux qui s’en foutent. Bref, c’est du foutage de gueule…

  5. une mummy 25 juillet 2017 at 20 h 25 min #

    Edifiant! Et consternant! Pour ma part, mon homme ne travaillant pas, j’ai eu l’immense chance d’être secondée activement par lui durant les premiers mois de ma fille. Sans lui, la vie aurait été particulièrement dure! Sa vision de l’homme est extrêmement réductrice et dépassée. Si, madame, il y a des pères investis! Si, madame, ma fille a autant eu besoin de son papa que de sa maman! Certes, papa n’a pas accouché, mais il a supporté les nuits difficiles, les pleurs du soir, les coliques, le RGO, les dents, les jours avec, les jours sans, la fatigue profonde, les questions, angoisses, tâtonnements avec maman!

    • Olivier 26 juillet 2017 at 10 h 24 min #

      Voilà, et pour ces premiers moments, on n’est pas trop de deux !

    • Evan Boissonnot 26 juillet 2017 at 10 h 34 min #

      Bonjour tout le monde

      C’est sûr que lorsqu’on traduit rapidement ce qu’elle dit, on peut vite conclure qu’elle ne comprend pas le point de vue de l’égalité réelle sur les congés.

      Les hommes n’accouchent pas, c’est vrai, et donc je pense qu’il ne faut pas les obliger à prendre un congé, comme une femme n’est pas obligée, c’est à elle de décider.

      Quand ma femme a accouché, quand elle a commencé sa dépression, je n’étais pas là comme je le pouvais, et je m’en suis voulu ! Je ne pouvais pas faire autrement, et pourtant, mon dieu, que j’aurais aimé avoir été présent les journées.

      10 jours ce n’est pas assez, assurément.
      Ne parlons même pas quand tu es patron et que tu souhaites être présent tout le temps : ça devient tout aussi difficile.

      Vivement que ça change … à priori pas pour ce gouvernement ….

      Merci pour cet article, il est important de partager ce genre d’info, pour nous les pères investis, pour vous les mamans qui sont avec des pères investis, et qui ont besoin de leur présence !

      • Olivier 26 juillet 2017 at 14 h 08 min #

        Ton témoignage montre bien le grand écart émotionnel auquel sont contraints nombre de pères soucieux de leur famille mais obligés de retourner bosser malgré les difficultés…

        • Evan Boissonnot 28 juillet 2017 at 12 h 51 min #

          Bonjour Olivier

          Tout à fait. C’est un réel problème, qui est trop souvent ignoré.

          On se cache derrière l’image de l’ancien père qui n’en a rien à faire ?

          A plus
          Evan

  6. Kid Friendly 25 juillet 2017 at 21 h 30 min #

    Elle accumule les bourdes ! Entre ça et le VAE très réducteur sur les compétences des mères au foyer, elle a une vision résolument moderne de la parité :-p Et pendant qu’on regarde ces bourdes on oublie les coupes sombres de son budget. D’ailleurs derrière ce refus d’allongement je pense qu’il y a sûrement une logique d’économies de bout de chandelles…

    • Olivier 26 juillet 2017 at 10 h 26 min #

      Je me dis effectivement ça aussi. Et ceux de mes amis qui frayent dans le courant En Marche me rétorquent la même chose. Je n’avais pas compris que l’autre façon de faire bouger les lignes en France prônée par Macron consistait à ne faire que des économies.

  7. Julien 26 juillet 2017 at 13 h 00 min #

    À la naissance de mon fils j’ai pris 3 semaines de vacances car j’ai la chance d’en avoir. Je ne pouvais imaginer rater ses premiers jours de vie et surtout laisser ma femme gérer seul, seulement 3 jours après une césarienne. Autour de moi, je ne vois que des papa investis totalement. Et cela profite à l’enfant. Quand je lis les réponses de schiappa, je me demande à quelle époque elle pense vivre.
    J’ajoute, qu’en Albanie, le pays le plus pauvre d’Europe, le congé maternité est de 52 semaines avec 50 à 80% du salaire maintenu. Donc les excuses économiques, pour moi c’est du vent.

    • Olivier 26 juillet 2017 at 14 h 10 min #

      Effectivement, de nombreux jeunes pères ont recours à leurs vacances pour pallier la faible durée du congé paternité. Tout en sachant qu’ils amputent leurs droits pour les mois à venir…

  8. Max 26 juillet 2017 at 14 h 49 min #

    La réponse de Schiappa est surinterepreté. C’est vrai que les hommes n’accouchent pas, donc c’est pas affirmant que les congés soient différents. Après, bien évidemment qu’en tant que père j’aimerais pouvoir rester plus longtemps auprès de mon bébé. Simplement, il y a actuellement des femmes qui n’ont même pas encore de congés corrects, et ce problème est donc prioritaire. Dire qu’elle s’en fout des pères, c’est abusé. Je l’ai rencontré une fois, ce n’était pas du tout le son de cloche ; au contraire, elle est favorable au fait de permettre au père de prendre un congé à la place de la mère pour s’occuper de l’enfant. Faut pas oublier que toutes ces mesures doivent être financées. C’est un peu facile je trouve de dire « c’est honteux, ça devrait être comme ça ». Il y en a des tas des choses qui devraient être différent, mais avant de faire ce qu’on veut, on fait d’abord ce qu’on peut.

    • Olivier 26 juillet 2017 at 15 h 00 min #

      Ce n’est pas tant sa première réponse qui est choquante, que la justification qui suit (pas d’uniformité). Depuis quand attends-on une majorité pour changer un système ?
      L’argument économique est intéressant pour le gouvernement d’autant plus qu’il s’applique à tous les sujets, toutes les demandes, toutes les aspirations.
      Problème : Macron a promis de réunir les français autour d’un nouveau projet visionnaire pour le pays. Il a aussi insisté sur la principale richesse de la France : ses enfants. Étonnant dès lors de squeezer tout débat avec un argument purement comptable.
      Si les propos de Marlène Schiappa sont surinterprétés, il lui revient de faire plus attention à ce qu’elle dit. A ce niveau, le moindre dérapage verbal, la moindre imprécision et c’est la sortie de route. Un cours de médiatraining peut-être ?
      Enfin, si Marlène Schiappa veut réellement replacer les pères au centre du jeu familial, comme vous le sous-entendez, qu’elle prenne la parole pour le dire. Clairement. Distinctement.

    • Jenny Cz 6 août 2017 at 5 h 50 min #

      Pas convaincu du tout par votre argumentaire. Comme certains hommes l’ont fait remarquer… si les hommes étaient la pour soutenir leur femme il y aurait certainement moins de dépression post partum et donc probablement beaucoup moins de dépenses de santé. De plus ce que l’on demande ce n’est pas que le congé paternité remplace le congé maternité mais qu’il soit conjointement lié. Cet enfant on le fait à 2 et le père a également le droit de participer autant que la maman à ce congé. Cela permettrait certainement à de nombreux pères de se sentir encore plus impliqué. Et sachant que ce congé n’est aucunement obligatoire, dire qu’elle ne le fait pas car certains hommes ne sont pas d’accord c’est surréaliste. Alors « faire ce qu’on peu », ok, mais dans son discours ce n’est pas ce qu’elle laisse sous entendre…

    • Jenny Cz 6 août 2017 at 5 h 50 min #

      Pas convaincu du tout par votre argumentaire. Comme certains hommes l’ont fait remarquer… si les hommes étaient la pour soutenir leur femme il y aurait certainement moins de dépression post partum et donc probablement beaucoup moins de dépenses de santé. De plus ce que l’on demande ce n’est pas que le congé paternité remplace le congé maternité mais qu’il soit conjointement lié. Cet enfant on le fait à 2 et le père a également le droit de participer autant que la maman à ce congé. Cela permettrait certainement à de nombreux pères de se sentir encore plus impliqué. Et sachant que ce congé n’est aucunement obligatoire, dire qu’elle ne le fait pas car certains hommes ne sont pas d’accord c’est surréaliste. Alors « faire ce qu’on peu », ok, mais dans son discours ce n’est pas ce qu’elle laisse sous entendre…

  9. Rémi 26 juillet 2017 at 15 h 39 min #

    C’est marrant de voir un gouvernement qui n’est pas pour l’évolution des choses j’entends par là égalité des salaires égalité des sexes je prends pour exemple au travail une femme ne porte pas les 40 kg que je peux porter sur mon dos et dans le même rendement pourtant on est pour l’égalité des salaires n’est-ce pas pourquoi les droits ne vont pas dans les deux sens dans ce cas-là c’est très loin d’être macho j’aime trop les femmes pour ça mais bon la réponse du gouvernement est vraiment contradictoire.

    • Olivier 26 juillet 2017 at 16 h 13 min #

      Soit il s’agit d’une erreur de com’, soit la réponse de la secrétaire d’Etat cache autre chose…

  10. Benohit 26 juillet 2017 at 17 h 57 min #

    Je suis navré de le souligner, mais la « lutte pour l’égalité femme-homme » n’en est pas une. Je vous invite à vous rendre sur les sites d’associations féministes connues, du type « osons le féminisme » pour vous rendre compte que tous les points, et tous les axes de lutte sont tournés vers les femmes. Leur conseil d’administration est composé de 99% de femmes : belle leçon de parité. Ainsi, notre ère n’est pas une ère de « lutte pour l’égalité homme-femme », c’est une ère de « rééquilibration en faveur des femmes dès qu’on mesure leur désavantage dans un domaine ou sur un point ». Il n’y a aucune place ni aucune lutte pour l’homme dans ces assos : alors je ne suis pas choqué que, faisant la moitié du travail qu’elles prétendent, on les rabote de 25%. Je suis pourtant profondément d’accord avec la philosophie de l’auteur : « Je considère au contraire que la question de l’égalité n’avance que lorsque les femmes et les hommes se lient intimement pour la défendre. » Mais elle n’a pas cours. Ca ne pose de problème à personne qu’il y ait 90% de personnel féminin dans l’éducation nationale quand ce fut un problème sévère dans l’assemblée nationale. Lorsque j’avance l’argument à des féministes, elles font preuve du même sexisme qui avait cours chez les hommes dans les années 50 : « c’est parce-qu’ils ne veulent pas y aller, c’est tout ». Lorsque je dis que 75% des suicidés sont des hommes (je jure sur l’honneur que je n’invente pas la réponse) on m’a répondu, je cite : « ça prouve juste que les femmes endurent mieux la pression mentale ». Tout ça pour dire qu’il faut se méfier du label « égalité », car en effet, il cache assez fréquemment une idéologie de domination des femmes contre les hommes. Eh oui, les femmes aussi en sont capables. Les féministes n’en reviennent pas qu’on le leur dise, pensant fréquemment en sous-bassement de toute analyse que les femmes sont « pures », que les hommes sont, comme elles le disent parfois, des « mâles » qui ne comprennent rien ; ramenés au statut de bête, mis hors-humanité par le vocabulaire employé. Bref, je ne ferai pas la leçon, mais méfiez-vous dans cette belle lutte car sous l’étiquette saillante « égalité » se cache de plus en plus fréquemment un fascisme et un sexisme particulièrement violents.

    • Benoit 26 juillet 2017 at 22 h 31 min #

      Bonsoir Benohit,
      Il me semble que vous tombez ici dans ce que vous dénoncer.
      Alors que l’article milite pour une égalité homme/femme, vous venez opposer les hommes et les femmes qui plus est avec des arguments faux.
      – L’éducation nationale n’emploie pas 90% de femmes, c’est plutôt moins de 70% et dans l’enseignement supérieur qui ne dépend pas de l’éducation nationale c’est les hommes qui sont majoritaires.
      … et il me semble que personne demande que 50% des déménageurs soient des femmes ni que 50% des assistantes maternelles soient des hommes, juste que écrire des lois déjà c’est pas vraiment un métier et c’est l’enjeu d’avoir une parité n’est pas vraiment le même.
      – Il y a plus de suicide chez les hommes c’est un fait, mais par exemple il y a plus de femmes qui finissent à l’hôpital après une tentative de suicide que d’hommes.
      – je suis pas sur d’avoir compris mais vous sous entendez qu’elles font 50% du travail d’un homme et que donc c’est pas choquant qu’elle gagne 25% de moins qu’un homme ?
      (si par hasard j’ai bien compris je sais même pas quoi répondre …)

      Tout ça pour dire que ça m’est également arrivé d’entendre ou de lire exceptionnellement des dérives de féministes qui effectivement se retrouvait dans une guerre des sexes plutôt que dans la promotion de l’égalité.
      Et bien j’ai aussi rencontré plusieurs personnes comme vous qui défendent sans fondement la lutte pour l’égalité homme/femme en allant jusqu’à dire « qu’elle n’a pas cours » et que seul existe une lutte des femmes contre les hommes, ramenant la discussion dans le travers que vous dénoncez c’est à dire la lutte entre les hommes et les femmes.

      • Olivier 27 juillet 2017 at 14 h 53 min #

        Si je ne partage nécessairement les exemples de Benohit, je crois comprendre ce qu’il essaye de souligner. Et il faut reconnaître que j’ai déjà entendu ce genre de remarques aussi dégradantes qu’humiliantes. il n’y a qu’à lire les commentaires sur FB à propos de ce post pour en trouver quelques-uns. Ce qui justifie pleinement, pour moi, la nécessité d’oeuvrer ensemble, femmes et hommes côte à côte, pour davantage de reconnaissance mutuelle.

  11. Daddy Gamer Chief 26 juillet 2017 at 22 h 40 min #

    J’applaudi cet article de mes 12 mains et 12 pieds !
    Pour mes deux premiers le congé paternité nous semblait trop court, j’avais dont pris deux semaines de congés en plus pour pouvoir épauler ma femme.
    J’ai ensuite pris un congé parental pour le troisième et y était encore lors de la naissance de la quatrième… Non seulement je suis heureux d’avoir vécu ces moments forts du début de vie de mes enfants, mais ma femme ayant subi 4 césariennes, mon aide lui a été précieuse.
    J’estime que l’allongement du congé paternité à trois semaines n’est pas un luxe pour ceux qui souhaitent le prendre. Il ne faut pas le rendre obligatoire pour laisser le choix à chacun.

    • Olivier 27 juillet 2017 at 14 h 55 min #

      Ta proposition me parait raisonnable. Et je suis convaincu que les dépenses engendrées seront largement compensées par ailleurs.

  12. Jerome 27 juillet 2017 at 8 h 56 min #

    Jeune papa depuis 8 jours, je me suis bien rendu compte de la difference de traitement. Certes c’est la femme qui met le bébé au monde mais au cours de la préparation à l’accouchement le rôle de l’homme est complètement mis de côté.
    Malheureusement je comprends mieux les hommes qui ne s’impliquent pas dans l’éducation de son enfant. A aucun moment les divers intervenants n’ont essayé de m’impliquer ou même de me dire que mon rôle est important.
    Ma présence ici montre que je m implique dans l’éducation de ma fille mais les pères peu motivé ou qui ne désiraient pas forcément un enfant ne feraient pas cet effort.
    Pour revenir à Mme Schiappa, c’est une féministe de 3ème vague, ce qui implique que son combat n’a rien à voir avec l’égalité. Pour avoir compulsé nombre de sites féministes ils n’y parlent que de domination et de vengeance pour la patriarcat. Par conséquent son intervention ne m’étonne absolument pas.

    • Olivier 27 juillet 2017 at 14 h 57 min #

      Je partage pleinement ton témoignage. J’ai moi aussi eu la désagréable surprise de me retrouver ignoré (pour ne pas dire nié) pendant une bonne partie du parcours que ma femme et moi avons suivi avant la naissance de ma fille.
      J’en ai gardé un souvenir désagréable. Et souvent lorsque j’en parle, on minimise, on justifie maladroitement ou pire, on élude.

  13. jean-michel 27 juillet 2017 at 11 h 01 min #

    Franchement, lire ça, au 21ième siècle, d’une secrétaire d’état a l’égalité homme/femme… c’est a vomir.
    Donc tenez le vous pour dit les mamans, les couches et les biberons c’est pour vous, pendant que papa vas au boulot ramener le pognon.

    Alors les filles, si vous pensiez pouvoir avoir une carrière malgré la contrainte physiologique de l’accouchement, bin c’est mort.

    Si d’aventure le poupouning c’est pas votre truc, mais plus celui du papa, bah non, vas falloir vous y mettre.

    Et puis les papas, vous voyez déjà votre enfant en rentrant le soir du taf… ça vas quoi. Quel besoin vous pourriez avoir de vous charger de vous occupez de votre enfant… vous accouchez pas hein ?

    Pfff, je suis tellement dégoutté de lire ce genre de réplique débile. Elle se rend compte la madame là de ce qu’elle dis ?

    • Olivier 27 juillet 2017 at 14 h 58 min #

      En tirant un peu le trait, c’est en effet ce qui nous pend au nez !

  14. Julie 27 juillet 2017 at 11 h 07 min #

    Bonjour,
    Mais si vous voulez plus de temps prenez un congé parental où est le problème?
    C’est juste une question de budget il y a des priorités. Et actuellement il y a encore des femmes en France qui n ont que 44 jours de congé maternité. Et ça, le gouvernement actuel veut le changer. Alors renseignez vous au lieu de cracher dans la soupe en permanence. C est tellement puéril de critiquer l’ensemble des mesures prises juste sur une phrase que vous fantasmez complètement. On dirait des enfants gâtés a qui on a pas acheté tous les jouets du magasin.

    • Olivier 27 juillet 2017 at 11 h 48 min #

      Ah, enfin un commentaire contradictoire ! Il en faut toujours dans un débat. Dommage qu’il soit aussi creux et suffisant que le message qu’il défend.
      Contrairement à ce que vous imaginez, ceux sont les femmes qui réclament majoritairement l’allongement du congé paternité. Mais cette donnée vous échappe probablement parce que, pris par la grandeur de votre nombril, vous en oubliez de regarder au-delà.
      Congé parental et congé paternité/maternité n’ont rien à voir. C’est pour cela qu’ils portent des noms différents. Mais vous l’apprendrez quand vous aurez des enfants.
      Et je ne ne vous parle même pas de la condescendance de vos propos qui fleurent bon le féminisme 70’s.

  15. Benohit 27 juillet 2017 at 11 h 26 min #

    Bonjour Benoit,

    Merci pour cette réponse ! J’entends votre position. J’apporte quelques précisions comme vous me l’avez demandé et vais tout de même continuer à défendre le point de vue que j’ai proposé et qui soulignait les nouvelles inégalités latentes qui sont en train de se creuser. Je ne crois pas tomber dans ce que je dénonce ; j’essayais seulement de donner un peu de visibilité au revers car je trouve qu’il est négligé (au sens où pour moi, agir pour l’égalité d’un seul sexe par rapport à l’autre, c’est nécessairement creuser celles qui ont cours chez le second).

    – Pour les 90% de personnel féminin à l’école, je tiens ce chiffre de l’Insee qui est accessible publiquement, tout personnel confondu, ainsi que public et privé confondu. Et je vous donne raison ! Elle est importante à établir pour ceux qui font les lois, peut-être un peu moins pour le déménagement. Mais l’école, de mon point de vue, est « une vaste politique de l’avenir » ; ainsi je la réaffilie directement à la dimension politique et pense que la parité y est aussi nécessaire et urgente qu’à l’assemblée. Ca se discute, bien évidemment.

    En effet, dans l’enseignement supérieur, la domination masculine est encore visible, mais interrompue : avec une égalité homme/femme du nombre de maître de conférences et de doctorants, on peut supposer avec probabilité que demain, une fois les « anciens » à la retraite, elle sera de règle.
    – Je ne sais pas trop quoi vous répondre pour le suicide ; les hommes ont l’avantage « de mieux réussir leur coup » plus que les femmes me dites-vous ! Si cela nous ramène à égalité devant le suicide… C’est une question philosophique trop haute pour mon niveau. (Rires). Passé la taquinerie, notez que j’insistais plus sur la réponse ignoble que je redonnais à lire dans mon premier commentaire, même si ces chiffres sont dérangeants.
    – Non, non, je me suis mal exprimé sur la coupure de budget des asso’ : je n’ai pas dit que les femmes font 50% du travail des hommes (ce qui serait ahurissant de ma part quand on sait qu’elles prennent encore en charge 75% des tâches domestiques). Je disais que comme l’égalité des hommes n’est qu’à peine prise en considération dans les luttes associatives féministes alors qu’elles s’estampillent « égalité femmes-hommes », il est normal que, ne luttant que pour les droits des femmes (50% de la mission), les budgets soient rabotés. Je comprends néanmoins tous les arguments qui font qu’on en fait une priorité, mais alors, j’aimerais qu’on soit plus précis et que l’on dise « lutte pour l’égalité des femmes, puis pour les hommes ».
    – En effet, cette guerre des sexes, pour ma part (ou peut-être suis-je engagé auprès des mauvaises personnes) je la vois très (trop) souvent, c’est pourquoi je préviens. Mais dans un même temps, je souligne qu’elle n’a pas lieu sur ce blog, qui est un cran au dessus : que votre commentaire est argumenté tout en étant mesuré, et je ne peux que vous en féliciter avec force.

    Merci, à vous, à l’auteur ainsi qu’aux commentateurs. Sur ce point je me ravise, j’ai été un peu caricatural : vous êtes la démonstration même que cette lutte pour l’égalité existe et est en action. Seulement, de mon expérience de grand lecteur, elle est de plus en plus récupérée par des groupes qui la détournent pour en faire une arme de conquête, d’où mon avertissement. Hitler faisait valoir Nietzsche et Wagner comme fondateurs de sa pensée (oui, c’est un peu abrupte comme comparaison, je la tiens du documentaire que je regardais hier soir, c’est juste pour imager) : méfiance à ce qu’une aussi noble cause (qui doit commencer à n’en pas douter par les femmes mais ne doit pas oublier les hommes en route comme le dénonce effectivement l’auteur envers la ministre) ne soit pas détourné par un fascisme désormais bel et bien visible, et ce jusqu’au sommet de l’Etat.

  16. Antianeira 30 juillet 2017 at 16 h 29 min #

    Les hommes n’accouchent pas ? Tiens, c’est marrant, je connais quelques hommes transgenres qui ne sont pas très d’accord avec cette phrase. C’est beau, une ministre supposément féministe (j’attends encore d’en avoir une preuve concrète) et dédiée à la lutte contre les inégalités entre les genres, qui ignore visiblement que le genre ne correspond pas aux organes génitaux avec lesquels on est né.e… On va bien avancer, pendant ce quinquennat…

  17. Sophia 31 juillet 2017 at 14 h 57 min #

    Qu’elle argumente en disant que les hommes n’accouchent pas signifie qu’elle considère le congé maternité uniquement comme un congé de récupération physique, comme un « arrêt maladie » après une opération en fait. Or, beaucoup sont d’accord pour dire qu’il s’agit bien plus que ça ! Nous avons eu la chance mon mari et moi qu’il puisse rester à la maison avec moi depuis la naissance, jusqu’à ma reprise. Et bien en observant des amies pour qui la reprise a été bien plus difficile, je peux dire avec certitude que la présence de mon mari m’a permis de retourner bosser en pleine forme, en ayant fait toutes mes séances de rééducation et en me sentant vraiment bien moralement pour reprendre le boulot ! Par ailleurs, nous étions « à égalité » quant à notre capacité à gérer notre fille au quotidien. Nous avons eu vraiment l’impression que ce temps ensemble consacré à l’accueil de notre enfant nous a été très bénéfique pour repartir sereinement ensuite dans le tourbillon du quotidien. Je vois l’énorme frustration de mes amis jeunes papas à devoir retourner bosser très vite, et l’incapacité de mes collègues jeunes papas à être efficaces au travail alors que leur femme a accouché 10 jours avant !

    Je me permets une petite précision pour Julie : le congé parental du père ne peut se prendre qu’après le congé maternité de la mère : donc actuellement, aucun dispositif ne permet au père ET à la mère d’être présent en même temps à la maison (à part, O joie, le chômage ou un congé sans solde…).

    • Olivier 1 août 2017 at 10 h 42 min #

      Effectivement, c’est sans doute l’aspect « médical » du congé maternité qui a du prendre le dessus dans sa réflexion. Et pourtant… Je pense comme toi qu’on sous-estime l’intérêt d’avoir un homme à côté de soi après un accouchement, comme tu le soulignes. Dommage, ça aidera pourtant beaucoup de jeunes mamans. Merci de ton témoignage

  18. Melissa 2 août 2017 at 17 h 50 min #

    Nous sommes parents d’une petite puce de 3 ans et demi et si tout va bien d’un petit deuxième courant 2018. En tout cas notre expérience avec notre première m’invite à penser que les peres méritent d’être mieux connus et reconnus dans leur rôle et qu’un congé paternité égal à celui de leur épouse leur permettrait de se faire une place et de prendre ses repères. Justement parce que nous portons notre enfant et que la fusion intervient aussi pendant l’allaitement, certains papas manquent de temps avec leur enfant et le relationnel met d’autant plus de temps à se faire que certaines situations qui en découlent peuvent être difficile à vivre. Je suis sûre que cela pourrait être évité si d’office papa se voyait bénéficier d’un congé egal à celui de maman afin de pouvoir également porter et accoucher de son rôle de papa ce qui est loin d’être facile. Et non, être papa ce n’est pas si facile… Quand bébé naît et tandis que le lien enfant bébé est souvent déjà fait avant la naissance, papa arrive après tout le monde. Papa aussi a le droit d’être acclamé pour sa naissance !

    • Melissa 2 août 2017 at 17 h 53 min #

      L’idéal serait même que le congé de papa arrive à la suite du congé de maman. Cela éviterait bien des problematiques de garde d’enfant et bien des boules au ventre… et c’est normal que papa et moi soient privilégiés sur la garde de leur enfant plutôt que de tierses personnes.

    • Olivier 3 août 2017 at 14 h 12 min #

      Acclamé, je ne sais pas. Pris en considération, ça me parait le minimum !

  19. LuciledeGuinzan 7 août 2017 at 16 h 32 min #

    Je suis ATTERRÉE ! C’est vraiment effrayant et déprimant de voir qu’une personne de son intelligence, dont le travail est de se pencher sur cette question, donne une réponse aussi idiote. J’étais effectivement totalement passée à côté de cette interview moi-même, je m’empresse de partager, oui ! (merci !)

    • Olivier 8 août 2017 at 17 h 51 min #

      J’espère qu’il s’agit d’une maladresse, même si, dans ce cas, on attend toujours une explication…

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