Surexposition aux écrans : des troubles qui ressemblent aux symptômes autistiques

18 Mai 2017

surexposition aux écrans

On a déjà parlé sur ce blog de l’exposition de nos enfants aux écrans, qu’il s’agisse de télévision, de tablette ou de smartphone.

Conscient du risque qu’ils peuvent représenter, j’ai néanmoins souvent minimisé le phénomène, avant qu’un papa lecteur ne m’interpelle sur le sujet : « Tu sais, ma femme est orthophoniste. Et dans son cabinet, elle voit passer de plus en plus de gamins présentant ce qui ressemblent à des troubles autistiques à cause des écrans. »

Il m’a alerté sur le sujet parce qu’hier, un médecin de PMI (protection maternelle et infantile) dans l’Essonne a tiré la sonnette d’alarme dans les colonnes du Figaro. Et honnêtement, son constat fout les jetons.

Surexposition aux écrans : les symptômes

La Docteur Anne-Lise Ducanda pointe ainsi des problèmes de langage, d’habileté ou de relations aux autres chez les enfants surexposés aux écrans. Elle observe même chez certains des stéréotypies (comportement répétitif comme les battements de bras, appelé flapping par les professionnels) ou des écholalies (répétition systématique des phrases d’un interlocuteur), comme elle le souligne ici. Autant de symptômes qui évoquent l’autisme chez les professionnels de santé.

La bonne nouvelle : ces comportements disparaissent souvent lorsque l’exposition des enfants aux écrans diminuent. Preuve qu’il est possible d’inverser le processus, en acceptant de changer les habitudes de la famille : celles des enfants qui trouvent trop souvent refuge derrière les écrans et celles des parents qui y font parfois appel pour s’aménager des temps de tranquillité, sans sollicitations.

Rassurons-nous, le problème ne concerne pas les enfants qui passent 1 heure par jour devant la télé. Sur le site de RTL, la Docteur Anne-Lise Ducanda raconte recevoir des mômes qui restent scotchés au moins 6 heures par jour. Mais, vous savez comme moi à quel point il est facile de basculer de l’autre côté, sans même s’en rendre compte.

Par ailleurs, il est important de rappeler qu’aucun enfant ne devient autiste suite à une surexposition aux écrans. Les facteurs environnementaux n’influe pas sur la survenue des troubles du spectre autistique. Sur ce point, le propos du Docteur Ducanda, tel qu’il est rapporté dans la presse, peut prêter à confusion. Son intervention vise d’abord à rappeler qu’un enfant  ne travaille pas les compétences fondamentales à son développement, tant qu’il est devant un écran. Résultat : les retards s’accumulent. En d’autres termes, il nous revient, à nous parents, d’accompagner nos enfants, de les guider, d’éveiller leur curiosité, de parler avec eux, de les stimuler chaque fois que possible pour les aider à… grandir et s’épanouir.

Ici, Mychoup’ passe parfois jusqu’à 2 ou 3 heures devant un écran, si nous n’y prenons pas garde. Et il nous arrive souvent de nous interroger sur son exposition, jusqu’à la réguler par principe, si elle n’accepte pas de modérer elle-même sa consommation. Cela dit, les nombreuses fois où elle préfère lâcher la tablette après 15 minutes pour aller jouer nous rassure.

Aujourd’hui, j’ai le sentiment que le signal d’alarme tiré par les médecins vient du cœur. Qu’il n’a pas pour objectif de nous faire culpabiliser, mais plutôt de nous réveiller, avant de le regretter amèrement. Car nous souhaitons tous le meilleur pour nos enfants.

bref, pour en finir avec la surexposition aux écrans, pas de secret : il faut passer davantage de temps avec nos enfants en les invitant à faire plutôt qu’à regarder.

Pour sensibiliser les parents à cette question, le psychiatre Serge Tisseron a créé un site simple et informatif : 3-6-9-12 a pour objectif d’aider les parents à mieux gérer les écrans. On y trouve notamment un document explicite sur les conduites à tenir en fonction de l’âge de nos enfants. Vous pouvez le consulter ici.

Quelques livres pour aller plus loin :

Et vous ? Comment gérez-vous l’exposition de vos enfants ? Vous sentez-vous concernés par la question de la surexposition aux écrans ?

D’autres articles ?

Crédit photo : enfant devant un smartphone

21 réponses to “Surexposition aux écrans : des troubles qui ressemblent aux symptômes autistiques”

  1. Fandaimy 19 mai 2017 at 2 h 05 min #

    Ma fille a bientôt 4 ans et elle passe entre 1h et 2h sur la tablette tous les jours. Elle regarde beaucoup les vidéos de youtube kids où elle apprend beaucoup de choses entre les comptines et les leçons de l’alphabet ou des chiffres voire les formes et couleurs, elle ne s’ennuie pas. A l’école, elle semble connaître certains choses qu’elle a déjà vu sur la tablette et j’ai plutôt peur qu’elle s’ennuie du coup. Je ne savais pas que l’exposition aux écrans pouvait provoquer certains troubles du comportement, je pensais qu’il n’y avait que des risques physiques, notamment la fatigue au niveau des yeux et qu’elle pouvait finir par porter des lunettes ou avoir mal au cou ou aux bras à force de rester dans la même position u_u

    • Olivier 19 mai 2017 at 13 h 44 min #

      En soi, la surexposition aux écrans ne provoquent pas de troubles, mais elle nuit à l’apprentissage d’autres compétences (langage, relations aux autres, motricité fine…), qui peuvent aboutir à de véritables retards. En gros, pendant qu’un enfant regarde la télé, il n’empile pas les cubes qui lui permettront de gagner en habileté. Du coup, il faut modérer l’usage des écrans, pour laisser de la place au reste

    • pasquier 21 mai 2017 at 11 h 10 min #

      Bonjour, je suis enseignante en ms de maternelle et je peux vous affirmer que votre fille ne doit pas s’ennuyer à l’école. En effet, outre les compétences « scolaires », nous développons énormément d’autres choses tels que la sociabilisation, le langage, la motricité fine, le repérage dans l’espace.. choses que votre fille ne fait pas devant une tablette. D’accord la tablette lui apprend des choses mais si vous jouiez aux petits chevaux avec elle, aux cartes, etc, elle apprendrait les mêmes choses et lors d’un moment de communication et d’échanges avec sa maman.

      • fandaimy 21 mai 2017 at 12 h 24 min #

        Merci, ça me rassure. Comme ma fille me dit parfois le matin qu’elle ne voulait pas aller à l’école, j’avais vraiment peur qu’elle ne se plaise plus là bas. J’ai même regardé de près ce qu’il y avait dans sa classe pour ne pas acheter les mêmes types de jouets à la maison comme le tableau magnétique, ou certains types de « lego » pour être certaine qu’elle ne peut trouver ce plaisir qu’à l’école.

  2. Christine 19 mai 2017 at 20 h 31 min #

    C’est vrai que la surexposition aux écrans comporte bien des points négatifs, mais de là à parler d’autisme. C’est pas un peu gros ? Néanmoins, je vais me renseigner, car avec les enfants, on n’est jamais trop prudents.
    Je te rejoins toutefois sur le fait que cela peut provoquer des troubles.

    • Olivier 22 mai 2017 at 8 h 48 min #

      La surexposition aux écrans ne provoquent pas d’autisme évidemment. Elle génère des symptômes qui pourraient ressembler à ceux de l’autisme.

  3. Syhdaal 20 mai 2017 at 14 h 39 min #

    Hello,

    Je me permets de réagir et de vous raconter ma petite expérience sur ce sujet qui mériterait d’être un peu plus abordé auprès des jeunes parents.
    Tous les gosses sont obnubilés par les écrans et les images qui bougent (et nous aussi, un peu…oh presque pas).

    Comme c’est bien dit dans l’article, la surexposition ne provoque évidemment pas l’autisme (avec lequel on nait et on meurt) mais elle peut provoquer des troubles du comportements qui ressemblent à des TSA, retard de langage et de motricité notamment.

    Pour avoir un petit garçon de 2 ans et demi qui est autiste, je peux vous assurer que la télévision lui attaque les neurones : quand elle est allumée, on n’en tire rien. Mais rien du tout !

    Sa première nounou le laissait beaucoup devant la tv ce qui a aggravé ses stéréotypies au point qu’il ne faisait rien d’autre que flapper de sa journée. Un changement de nounou plus tard chez qui la tv n’est pas autorisée à part 10 minutes en fin de journée pour les plus grands, je peux vous assurer que son comportement a changé drastiquement. Ce n’est évidemment pas le seul facteur de son évolution, mais ne pas végéter toute la journée devant un écran ne peut qu’être bénéfique aux tous petits 😉

    A bientôt !

    • Olivier 22 mai 2017 at 8 h 49 min #

      Merci de ton témoignage plein de bon sens. D’où l’importance d’encadrer de près l’utilisation de l’écran !

  4. Nicoline 28 mai 2017 at 14 h 48 min #

    Un article riche de sens avec notre société actuelle. L’ennuie doit faire partie intégrante de la vie d’un enfant, pour développer ses apprentissages, son imagination. Les jeunes enfants ont seulement besoins de  » vrais jeux ».
    Les écrans dont l’usage doit être limités et contrôlés à partir de 4 ans et si possible inexistante avant cet âge.

    Vous avez un super site à partager à beaucoup de personnes.

    • Olivier 29 mai 2017 at 9 h 34 min #

      Les écrans ont aussi leur utilité éducative, c’est d’ailleurs ce qui brouille un peu les cartes. C’est un peu comme le chocolat : un ou deux carrés, c’est bon pour la santé. La tablette entière et c’est la crise de foie 🙂

  5. sabine 28 mai 2017 at 17 h 47 min #

    Un article intéressant qui me conforte dans notre choix. En effet, nous ne souhaitons pas d’écran avant minimum 3 ans. Notre puce a 2 ans et demi et seul ecran c’est pour faire « Skype » avec les grands-parents, etc. C’est limité et c’est suffisant.
    Pour l’instant on s’y tiens et notre puce n’a pas l’air malheureuse lol

    • Olivier 29 mai 2017 at 9 h 35 min #

      Tant que tu tiens et que cette règle ne génère pas de frustration trop envahissante, continue ! c’est le chemin le plus sûr…

  6. Blaise 9 juin 2017 at 12 h 15 min #

    Bonjour Olivier,
    Tout d’abord bravo pour ce bel article. Je travaille dans l’optique et je suis très étonné du nombre d’heures que les enfants peuvent passer devant toutes sortes d’écran. Au delà de toutes les complications que tu as parfaitement énuméré dans ton article, il y a également le vrai problème de l’exposition à la fameuse lumière bleu des tablettes et smartphone qui est un vrai préoccupation pour la santé de nos yeux.
    Quant aux troubles, j’ai moi même remarqué chez mes enfants ( qui ne regardent pourtant pas la tv plus d’une heure par jour ) qu’ils ont l’air complètement hypnotisés par l’écran et gèrent de ce fait très mal le moment d’arrêter. La tv et les écrans ont un pouvoir visiblement puissant et surtout néfaste pour nos enfants !

    • Olivier 9 juin 2017 at 12 h 16 min #

      Effectivement, la question de la lumière bleu est aussi importante à traiter. Et souvent sous-estimée ! Merci de le rappeler !
      Et bienvenue dans la blogo papa !

  7. Alice 23 juin 2017 at 19 h 58 min #

    Bonsoir,
    Maman de 2 garçons, nous n’avons pas de télé à la maison. Je ne suis pourtant pas contre leur faire regarder un dessin animé de temps à autre. Mais c’est plus le fait d’en faire une activité quotidienne qui me gêne.
    Par ailleurs, ayant travaillé comme monitrice de ski, j’ai eu l’occasion de voir de nombreux enfants en grande difficulté sur le plan psychomoteur et je ne peux m’empêcher de faire un lien avec le développement dans notre société du monde numérique et la place grandissante qu’il tient dans la vie de nos enfants. À nous de trouver le juste équilibre pour nos enfants!
    Bonne soirée à vous

    • Olivier 26 juin 2017 at 10 h 18 min #

      Voilà, tout est question d’équilibre. Et ce n’est pas le plus facile à maintenir !

  8. Greg 11 juillet 2017 at 17 h 57 min #

    J’ai 3 enfants (2, 7 & 11) et c’est assez amusant car lorsque l’on permet aux enfants de passer un peu de temps devant la tablette, on les appelle amicalement « les autistes ».
    Quand on voit le comportement, on observe tout de suite, que plus rien ne compte pour les enfants, ils sont comme aspirés.
    Le petit dernier a commencé à montrer des signes d’addiction en fixant les images de la playlist Spotify et en tournant frénétiquement les images des albums. Zapping frénétique de chanson… Maintenant il n’a plus le droit de changer les chansons tout seul et on continue a chanter et danser autour de la table du salon (il court il court le furet… 🙂 )

    Sinon, j’ai pris des mesures radicales à ce sujet il a 2 ans, les écrans sont utilisés pour deux occasions (ou trois):
    1 – les longs voyages en voitures
    2 – visionner un film soigneusement sélectionné quand ils sont cools 😉
    3 – j’en rajoute un 3 eme, pour le grand, apprendre un tuto sur Youtube

    On privilégie les jeux de sociétés, cartes, légo, jeux participatifs et créatifs. Les enfants ne pensent même plus aux écrans 😉

    • Olivier 12 juillet 2017 at 9 h 57 min #

      J’ai aussi remarqué, comme beaucoup de parents, cet espèce d’apathie générale qui les emporte dès qu’un écran est allumé. S’il n’y a pas de rapport avec l’autisme, ça fait bizarre et ça interroge sur « ce temps de cerveau disponible » que nous offrons aux annonceurs, pour reprendre une citation célèbre.

  9. Gaillard 6 octobre 2017 at 19 h 34 min #

    N’hésitez pas à consulter le site du Collectif surexposition écrans COSE
    http://www.surexpositionecrans.org

  10. Aysetou 17 octobre 2017 at 7 h 54 min #

    Bonjour, je suis maman d’un petit garçon de 3ans et demi. Dès l’âge de 18mois j’ai observer des comportements particulier chez mon fils. A l’âge de 3ans il ne parlait toujours mais répétait tous ce qu’il entendait. J’ai donc lancé plusieurs démarche pour comprendre. On a commencer a me parler de TSA.
    Or mon fils regarde énormément la TV depuis sa naissance.
    La vidéo de prévention publiée par la médecin de PMI a été un vrai de clique. Suite a l’arrêt des écran mon fils a bcp évolué. Aujourd’hui je tire également la sonnette d’alarme auprès des parents pour qu’ils ne commettent pas les mêmes erreur que moi. Je laisse mon adresse mails aydy@hotmail.fr si vs vs sentez concernés et voulaient échanger d’avantage sur le sujet.

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