L’égalité entre garçons et filles commence par les jouets

Non, l’égalité entre les femmes et les hommes ne s’apprend pas dans les livres, pas plus qu’elle ne s’impose à coups de lois dont l’unique objet serait de donner bonne conscience à leurs promoteurs.

Il y a quelques mois, nous évoquions l’égalité face au partage des tâches ménagères. Plusieurs articles plus tard, nous convenions que c’est en sensibilisant l’enfant d’aujourd’hui qu’on changera l’adulte de demain.

Et si l’égalité entre les femmes et les hommes passait aussi par les jouets que nous mettons entre les mains de nos enfants ?

Hyper U s’était déjà saisi de la question il y a quelques années en publiant des catalogues de Noël pour enfants, épurés des clichés sexistes.

Le jeu pour tous : quels modèles proposons-nous à nos enfants ?

Cette fois, c’est l’association « Le jeu pour tous » qui interpelle les parents sur les stéréotypes que les jouets qu’ils offrent à leurs mômes véhiculent, en lançant la campagne « jouer l’égalité ».

Jouer pour l'égalité : un garçon joue à la poupée
Jouer pour l'égalité : une fille joue aux voitures

Dans un imaginaire collectif qui peine à évoluer, les garçons jouent toujours à la voiture, aux gendarmes et aux voleurs ou aux bricoleurs, pendant que les filles soignent leurs poupées et se déguisent en princesses.

Autant de stéréotypes qui emprisonnent nos enfants plus qu’ils ne les ouvrent aux autres, en les empêchant d’exprimer leurs propres aspirations et de reconnaître celles de leurs pairs. Un peu comme si garçons et filles devaient au plus vite rentrer dans les cases que notre société a prévues à leur attention. Et tant pis s’ils n’en ont pas envie !

« Aux filles le devoir de beauté, aux garçons la science et la technicité ! Aux filles le dialogue et l’expression des émotions, aux garçons la compétition et la mise à l’écart des sentiments », constate ainsi l’association.

Sans tomber dans le travers inverse qui consisterait à contraindre nos garçons à jouer à la poupée et nos filles au football – comme les détracteurs d’une égalité entre les femmes et les hommes le répètent à corps et à cris pour attiser les peurs – l’association entend avant tout donner aux enfants la possibilité de choisir leurs jeux et d’exprimer leur personnalité sans qu’ils se fassent influencer.

Elle veut aussi nous faire prendre conscience, enfant comme adulte, des stéréotypes liés au sexe, pour garantir la liberté de chacun et le respect mutuel.

L’égalité commence par les jouets

Les affiches de la campagne « l’égalité commence par les jouets » ont le mérite de la clarté. On y voit sur la première un petit garçon donner à manger à un bébé, « comme un futur papa poule ». La seconde montre une jeune fille débrouillarde jouant à la mécanicienne avec sa petite voiture. La troisième pose directement la question aux parents – quels modèles proposons-nous à nos enfants -, dans un visuel mêlant une fashionista ressemblant à Barbie et son mec Ken, après une cure de stéroïdes.

Plus fines que certains ne l’imaginent, ces affiches jouent sur les nuances en montrant notamment une grue en arrière-plan du visuel consacré aux garçons et une maison de poupée sur celui de la petite fille. Comme pour signifier que les enfants ne genrent pas les jeux. Ils s’amusent et prennent du plaisir en passant d’un jouet à un autre, c’est tout.

Et si la punchline du visuel consacré aux garçons surfe elle aussi sans le vouloir sur un stéréotype (n’y a-t-il qu’un papa poule pour nourrir son enfant ?), les messages paraîtront limpides à tous ceux qui sont encore capables de se placer à hauteur d’enfants.

Jouer pour l'égalité : quel modèle proposons-nous à nos enfants ?

Vous trouverez les différents éléments de la campagne « l’égalité commence par les jouets » ici. N’hésitez pas à les partager et à les faire circuler.

Si la campagne interroge nos habitudes face à des images solidement ancrées dans notre imaginaire collectif, elle s’interdit de juger les uns et les autres. L’idée n’étant pas de stigmatiser, mais bien de faire réfléchir.

On n’aurait pu imaginer que le sujet – exclusivement tourné vers l’enfance – remporte l’adhésion d’une majorité de Français – pourtant éduqués dans le respect de l’autre – et notamment de parents. Il n’en est rien. Il suffit de jeter un œil aux commentaires d’internautes visiblement fermement opposés au moindre débat – comme le montrent ces quelques extraits tirés du site fdesouche.com – pour s’en convaincre. Entre insultes, fautes d’orthographe, raccourcis grossiers et inculture manifeste, vous y apprécierez le chemin qu’il reste à parcourir avant d’envisager ne serait-ce qu’un échange serein et respectueux sur la question de l’égalité entre femmes et hommes.

commentaires-fdesouche

Et vous ? Que vous inspire cette campagne ? Partagez-vous son message ? Pensez-vous qu’elle puisse faire avancer la question de l’égalité entre les femmes et les hommes ?

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Article posté le 7 novembre 2017 dans Questions de parents

Par Olivier

Papa d'une petite fille belle comme le jour, Olivier est aussi le fondateur de Je suis papa en 2011. Même si sa photo de profil ne le montre pas, sa paternité lui a fait perdre tous ses cheveux, mais pas le moral. C'est déjà ça ! Convaincu que les enfants sont l'avenir du monde, il milite pour faire entrer Peppa Pig à l'Elysée. Un poil lunatique, il retrouve en général le sourire autour d'un bon verre de vin. 


9 COMMENTAIRES

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  1. Picou
    le

    L’intention est forcément louable, après, malheureusement ça reste une goutte d’eau dans un océan, car à l’heure actuelle il est impossible de ne pas être confrontés à cette pression là. Même ces affiches, certes bien intentionnées, n’évitent pas les clichés (ne peut on pas jouer à la poupée sans être « maman poule », et pourquoi la petite fille a un costume de princesse? un peu dommage). Evidemement c’est aux parents d’essayer de contrebalancer par un discours ouvert, mais toutes ces initiatives ont au moins le mérite d’essayer de changer les choses…

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    • Olivier
      le

      Comme je l’explique dans l’article, je crois que si la petite fille a un costume de princesse (et si le garçon est devant une grue), c’est pour montrer que les enfants sont libres de jouer à ce qu’ils veulent et qu’ils ne se posent pas la question du « genre » des jouets, comme nous le faisons systématiquement. La conclusion est donc limpide : laissons les choisir sans les influencer.
      On pourra toujours reprocher aux initiatives de ce genre de ne représenter qu’une goutte dans l’océan. Cela dit, l’océan n’est fait que de gouttes…

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  2. Evan un papa patron
    le

    Bonjour

    Malgré les clichés : le garçon en bleu, la fille en princesse (que je refuse et combat tant que je peux), l’action est louable et ça fait du bien d’en parler.

    Mais pourquoi donc laisser son enfant jouer à ce qu’il aime et non ce qu’il « devrait » aimer (comme les adultes ont décidé) serait un mal !

    Mais attention aussi à ne pas tomber dans le système inverse : tous les garçons doivent jouer à la poupée, toutes les petites filles doivent jouer à la mécanique.

    Laissons nos enfants jouer à ce qu’ils veulent … (bon, j’avoue en théorie ça fonctionne, dans la réalité … l’inconscient collectif n’aide pas du tout à laisser un libre arbitre à nos enfants).

    Merci pour votre article !
    Un autre combat est celui du message caché dans les livres. Je vous invite à lire mon article la-dessus : https://www.papa-et-patron.fr/et-si-un-livre-pouvait-tout-changer-exemple-de-victor-et-tim/

    Au plaisir
    Evan, un papa patron très impliqué !

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    • Olivier
      le

      Le bleu du garçon et le déguisement de la petite fille sont justement là pour rappeler que les enfants jouent aussi bien à des jeux dits de « filles » ou de « garçons » sans distinction. Il n’y a que les adultes que ça choque…

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      • farah
        le

        Moi je suis une une fille de 12 ans j’ais lu votre article est je suis totalement pour, je veux que tout le monde soient égaux et on la liberté de faire ce qu il veulent moi par exemple je veux être aventurière

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