Mon prof d’histoire

20 Mar 2014

Mon prof d'histoire

On a tous en mémoire le souvenir d’un prof un peu différent. Un de ces types animés par je ne sais quelle étincelle. Un de ces hurluberlus susceptibles de nous faire penser à autre chose qu’à l’heure de la récré.

Moi, c’était au lycée. Il est arrivé, avec l’assurance d’un éléphant au milieu de la banquise, dans une classe qu’il ne connaissait pas, le temps d’un remplacement. De longues jambes de desperado, un look sobrement azimuté, une barbe de 3 jours et une passion pour l’histoire.

C’était un prof en apparence comme les autres, à la différence qu’il ne nous a jamais vraiment enseigné sa matière de prédilection. Enfin, pas comme j’avais l’habitude de l’appréhender alors que j’étais sagement assis dans le ventre mou de la classe, à compter les minutes.

Raconteur d’Histoire plus qu’enseignant, il avait pour habitude de détailler les grands événements de notre monde comme s’il les vivait, là maintenant, dans l’urgence d’un monde en pleine révolution. Comme si nous étions avec lui sur place, entre ces grands hommes dont il nous contait la grandeur, et parfois la décadence.

Mon prof d’histoire était lui aussi un grand homme, pour avoir réussi à donner de la saveur à une matière qui ne respirait jusque-là que le papier moisi. Pour être parvenu à teinter d’humanité la grande frise chronologique de notre société.

C’est par sa maitrise de l’art subtil de la digression que j’ai ainsi compris que la grande Histoire n’était pas enfermée à tout jamais dans les livres, mais qu’elle résonnait encore aujourd’hui dans notre quotidien, plus vivante que jamais.

Aujourd’hui, je formule le vœu que ma fille tombe un jour sur un prof comme celui-là. Pas un de ces enseignants programmés pour débiter ces savoirs encyclopédiques, méthodiquement indexés par Google. Non. Plutôt un de ces rares profs susceptibles de lui apprendre à jongler avec la malice du savoir, à apprécier le gout des autres et à aiguiser sa curiosité pour le monde.

Parce que l’avenir de notre civilisation repose sur l’école.

Et vous ? Gardez-vous le souvenir d’un prof pas comme les autres ? Qu’attendez-vous de l’école pour vos enfants ?

D’autres tranches de vie de papa ? Huit heures moins le quart avant bébé, Quand j’avais deux ans !, Bébé et les disputes des parents… toutes les tranches de vie sont ici

Photo Credit: katiew via Compfight cc

29 réponses to “Mon prof d’histoire”

  1. Emily 20 mars 2014 at 13 h 13 min #

    Souvenir d’un prof de maths au collège qui nous apprenait les formules en chansons. Ça marchait super bien comme méthodes.

    • Olivier 24 mars 2014 at 10 h 46 min #

      Ici, c’était mon prof de latin, qui nous apprenait les déclinaisons avec sa guitare !

  2. coralie de c'etaitcommentavant? 20 mars 2014 at 13 h 14 min #

    Oh oui mon prof de physique en première… Un peu perché parfois mais complètement disponible pour nous …la chance a voulu qu’il soit ensuite mon prof principal en terminale. Il m’a marqué par sa gentillesse et sa disponibilité en cette année du bac !

    • Olivier 24 mars 2014 at 10 h 47 min #

      Pour être prof, il faut être un peu perché 😉

  3. Clairou 20 mars 2014 at 13 h 17 min #

    Ah ça un prof exceptionnel j en ai eu 2!!!

    Un de math, super cool, il prenait des exemples de nos bêtises racontées en cours pour nous enseigner!!
    J ai adoré!! Et quand on parlait il nous balançait des craies!

    Et mon prof de philo, oui oui la philo cette matière si personnelle! J arrivais à suivre et participer aux cours en pleine partie de tarot!!

    Ces 2 profs ont été vraiment des piliers dans mes année lycée, j étais heureuse d aller en cours !! Ce n était pas mes matières préférées et pourtant j ai cartonné!!

    • Olivier 24 mars 2014 at 10 h 48 min #

      Quand un prof te rend heureux d’aller en cours, le boulot est déjà à moitié fait ! C’est ce que j’espère pour Mychoup’…

  4. Pomdepin 20 mars 2014 at 15 h 02 min #

    J’ai eu un prof de math en terminale, un vrai professeur Tournesol, il écrivait sans regarder, sur le mur, au lieu du tableau, s’est pris plusieurs fois les pieds dans la poubelle, il bégayait…et on adorait ses cours. Un vrai passionné.

    • Olivier 24 mars 2014 at 10 h 49 min #

      Excellent, de grands moments j’imagine !

  5. Netaddicta 20 mars 2014 at 16 h 28 min #

    Un prof d’allemand en seconde. Et pour l’anecdote, je garde encore des liens avec lui de loin en loin (un mail par an). Je lui ai meme envoyé le faire part de naissance de pucinette et il lui a offert un cadeau. J’aime l’idee de garder un lien avec lui mais au-dela avec l’ado que j’étais.

    • Olivier 24 mars 2014 at 10 h 49 min #

      Rhooo c’est chouette de garder un petit lien comme ça. 🙂

    • LucileMajors 9 septembre 2014 at 12 h 41 min #

      Bonjour,

      Dans le cadre d’une émission de radio dirigée par Flavie Flament, j’aurais aimé savoir si vous accepteriez de faire partager votre témoignage avec nos auditeurs.

      A très bientôt,
      Lucile

  6. maman est occupée 20 mars 2014 at 16 h 46 min #

    J’ai connu un prof comme ça au lycée : il nous racontait plein d’anecdotes historiques en cours et il les racontait très bien, du coup, nous adorions son cours… d’autant plus qu’il était beau gosse 🙂

    • Olivier 24 mars 2014 at 10 h 50 min #

      Ce qui ne gâche rien évidemment 🙂

  7. Marie 21 mars 2014 at 9 h 32 min #

    Pareil, j’ai eu un prof qui était très bon pédagogue et qui savait nous influer le savoir. Une véritable bouffée d’air dans le système scolaire.

    • Olivier 24 mars 2014 at 10 h 50 min #

      Parfois je me dis qu’on en manque, même si je sais que l’enseignement est sans doute l’un des métiers les plus difficiles !

  8. Anne-Estelle 21 mars 2014 at 16 h 00 min #

    Mon prof de bio en première et terminale ! Un charme fou (bon d’accord, ça fait pas tout), et une passion pour nous apprendre son savoir… je n’ai jamais autant apprécié mes cours de bio, et grâce à lui, j’ai eu 20 à l’épreuve pratique sur la photosynthèse (oui je sais, je me la pète, mais quand même j’étais fière de l’avoir rendu fier) :-p

    • Olivier 24 mars 2014 at 10 h 51 min #

      Quand un prof arrive à établir la bonne connexion avec ses élèves, c’est toujours plus facile après…

  9. mode314 23 mars 2014 at 0 h 15 min #

    Bonsoir. En seconde, j’avais des 3 ou 4 en histoire-géo. J’ai toujours aimé l’histoire, lu des livres, mais je détestais la prof. En 1ère je « tombe » sur Mr C dont je ne mettrai pas le nom mais je m’en souviens encore + de 40 ans plus tard.Il nous racontait l’histoire, nous étions passionnés; Même les cours de géographie étaient passionnants. J’ai très vite eu plus de 18 de moyenne. Je me souviens avoir appris par coeur la liste des barrages sur la Durance juste pour lui faire plaisir, suite au cours où nous les avions notés. J’ai eu la chance d’avoir ce même professeur en terminale.

    • Olivier 24 mars 2014 at 10 h 52 min #

      Belle histoire. Comme quoi, la matière est aussi importante que la personne qui l’incarne !

  10. castorsimone 23 mars 2014 at 8 h 58 min #

    Ma prof de Philo, en terminale.
    Une femme extraordinaire qui m’a tellement transmis le virus de sa discipline que j’en ai fait mes études.
    Aujourd’hui, je la pratique différemment, teintée de réflexions sur l’éducation et le féminisme, mais ca reste toujours un grand moment de bonheur quand 10 apres je retourne la voir dans mon ancien lycée.

    • Olivier 24 mars 2014 at 10 h 53 min #

      Certains profs laissent des traces indélébiles dans nos esprits, même des années plus tard. J’espère qu’ils le savent et qu’ils en sont fiers !

      • CastorSimone 5 avril 2014 at 23 h 16 min #

        (tiens, je viens de voir ta réponse, et je vais même pas sortir de connerie pour une fois !)
        (enfin je crois)
        (ca dépend de comment fini mon commentaire)

        Je ne sais pas si c’est à cause des profs que j’ai eu ou de mon périple de vie que j’ai voulu bosser dans l’éducation.
        Mais maintenant que je bosse dans ce domaine depuis plusieurs années, et que je commence à en voir des élèves passer, je peux te dire que non, on ne sait pas forcément les traces qu’on laisse.

        Je crois qu’à partir du moment ou tu fais ce taff avec tes tripes, avec un véritable idéal, tout en faisant en sorte de pouvoir toujours te regarder en face dans un miroir, tu peux déja être fier de toi.
        Apres, les élèves te marquent. Je sais qu’ils m’ont tous beaucoup marqués, que je continue de m’inquiéter pour certains d’entre eux et d’y penser souvent, alors même qu’ils m’ont déja oublié pour beaucoup.

        C’est le plus frustrant et le plus merveilleux en fait dans ce boulot. Ne pas savoir si ce que tu dis/fais marque les élèves, si tu as réussis à les aider à grandir correctement, en apportant ta pierre à leur construction. Tu sèmes des graines sans savoir si ca va marcher.

        Mais le temps de l’éducation est toujours un temps très long, et j’espère toujours que ce que j’ai pu dire ou faire finira un jour ou l’autre par raisonner/résonner (oui mon bon monsieur, dans les 2 sens ! j’suis trop forte) dans leur tête.

        Peut être que je le saurais, peut être pas.
        C’est le deal.

        (tu vois, si je dis pas de conneries, je suis longue !!! ^^)

        • Olivier 7 avril 2014 at 9 h 58 min #

          J’ai bien peur que tous les enseignants n’aient pas/plus la même conscience de leur métier que toi. En même temps, peut-on raisonnablement demander à quelqu’un de bosser toute sa vie avec ses tripes, sans lui en donner réellement les moyens ?

          • CastorSimone 8 avril 2014 at 11 h 05 min #

            Je crois vraiment que pour bosser en éducation, tout comme pour être parents, il faut avoir la foi. Le feu sacré même, carrément.

            Etre pionne toute ma vie me dérangerait absolument pas, parce que ce que j’aime dans ce boulot, c’est les gosses. Et ce qui m’emmerde le plus au final, c’est le rapport aux collègues, aux chefs etc (bref ce qui est péri éducatif ^^)

            Par rapport à la conscience du métier, le problème c’est qu’il y en a finalement assez peu qui s’engagent dans cette voie en ayant vraiment ce feu sacré. (je parle pour la jeune génération hein). Ou alors ils l’ont mais le système fait qu’ils sont brisés, rejettés des concours et donc ne peuvent pas entrer parce qu’ils rentrent pas dans le moule.

            Bref.
            tu vois, vaut mieux que je me contente de dire des conneries ici, sinon je suis trop longue ! ^^

            • Olivier 9 avril 2014 at 9 h 44 min #

              Tu as raison, le feu sacré, c’est la clé. Pas facile cependant de l’entretenir pendant 40 ans. Je reste convaincu que c’est probablement un tres beau métier, mais aussi un des plus dure si on veut le faire correctement…
              Donc, non seulement tu es longue, mais en plus t’es sérieuse… une vraie prof quoi 😉

              • CastorSimone 9 avril 2014 at 10 h 53 min #

                Oh lalala, non surtout pas prof ! j’aime l’éducation, mais prof… JAMAIS !!
                Je n’ai pas assez confiance en mes connaissances pour emmener les élèves sur ce terrain.

                Je te dis, pionne je suis, pionne je resterai ! pour moi ce n’est pas seulement de la surveillance des élèves, y’a tout un tas de choses invisibles que tu arrives quand même à transmettre.

                Mais effectivement, pas facile de garder le feu sacré pendant 40 ans, surtout quand le système te détruit. Ca fait seulement 6 ans que je bosse en éducation et je veux que les choses changent ! notre système n’est plus adapté.

              • CastorSimone 9 avril 2014 at 10 h 53 min #

                ps : je suis longue et sérieuse.. Tu sous entends que je suis chiante ???? 😉

              • Olivier 9 avril 2014 at 13 h 26 min #

                Oups, autant pour moi pour ton job 🙂
                Quand à ton interprétation de « longue et sérieuse », je te laisse libre mais sache que je n’oserai pas 😉

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