Dans 10 ans

On s’était dit rendez-vous dans 10 ans

Dans 10 ans, j’en aurai 50. Je me battrai toujours avec les mêmes démons, entre nostalgie d’une jeunesse perdue, plaisir de l’âge et angoisse du temps qui passe.

Toi, tu en auras 14. Tu mangeras des chamallow à la terrasse d’un café avec tes copines, pas peu fière d’avoir séché le cours d’histoire de cette vieille peau de prof qui t’emmerde à mourir. Bien sûr, en l’apprenant, j’afficherai la mine des mauvais jours. Tu me connais. Quand il veut ton père, il peut faire sa tête de con. Pas souvent, mais lorsque ça arrive, mieux vaut faire profil bas ou prendre la poudre d’escampette.

En silence, je me souviendrai de ce caractère qui se dessinait déjà lorsque tu étais petite. Responsable, attentive, fine, prévenante. Affirmée, rebelle, insoumise, tempétueuse. Il faut dire que tu as toujours détesté les injustices. Ou plutôt les situations que tu interprétais ainsi. Comme lorsque tu ne comprenais pas pourquoi je te refusais ce chocolat que tu estimais pourtant si mérité, puisque tu avais rangé tes chaussures ainsi que je te l’avais demandé. Nanmélol quoi !

N’empêche. Le regard que tu portes sur la vie me scie. Certains parleraient d’innocence, pour ne pas dire de naïveté. Mais ils se trompent. Il est juste, simple et évident. S’il te plait, n’écoute pas les adultes et continue à regarder la vie avec ton cœur. Nos constructions intellectuelles ne servent qu’à justifier nos lâchetés.

Tu me parles souvent de ce moment où tu seras enfin grande. Dans ces instants, je lis en toi autant d’impatience que de lucidité. Bien sûr, il faudra encore du temps et beaucoup d’efforts. Mais, tu l’acceptes sans trop rechigner, laissant ton regard tomber dans les profondeurs de ton âme comme pour mesurer, dans le silence de tes pensées, le chemin qui te sépare de ton Graal.

Ton futur t’appartient. Tu en feras ce que tu voudras. J’espère simplement que tu conserveras cette soif de vivre qui t’anime aujourd’hui. Après tout, je ne suis là que pour t’accompagner sur un chemin que tu finiras par tracer seule. Moi, ta maman, et tous ces proches qui te couv(r)ent d’amour à chaque instant.

Prends du plaisir. Ne grandis pas trop vite. On en reparle dans 10 ans ma belle.

J’te kiffe.

crédit photo : papa hipster et sa fille

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Article posté le 29 décembre 2015 dans Tranches de vie

Par Olivier

Papa d'une petite fille belle comme le jour, Olivier est aussi le fondateur de Je suis papa en 2011. Même si sa photo de profil ne le montre pas, sa paternité lui a fait perdre tous ses cheveux, mais pas le moral. C'est déjà ça ! Convaincu que les enfants sont l'avenir du monde, il milite pour faire entrer Peppa Pig à l'Elysée. Un poil lunatique, il retrouve en général le sourire autour d'un bon verre de vin. 


6 COMMENTAIRES

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  1. Keevin
    le

    En même temps les cours d’histoires c’est vraiment des cours chiants.. . Mais que fait l’éducation nationale??? ^_^

    En tout cas une sacrée lettre collègue papa.

    Allez courage, les années rendent les papas plus beaux et plus forts.

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  2. Sweetdaddy
    le

    Très joli texte ! Je dois avouer que pour ma part je ne vois pas aussi loin, plus dans le présent et l’éventuel futur proche. Tellement de choses changent en si peu de temps à cet âge, je tente de profiter au max de ce qu’ils m’offrent aujourd’hui, on ne sait pas de quoi sera fait demain…

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    • Olivier
      le

      Tu as raison, le présent est tellement plus important. N’empêche, quand je me noie dans ses yeux, je ne peux m’empêcher d’y lire un bout d’avenir.

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