Comment reconnaître une dépression post partum ?

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Pleurs, dévalorisation, sommeil agité, envie de rien, grande tristesse… vous venez d’accoucher et votre moral est à 0. Il se pourrait bien que vous fassiez une dépression post-partum.

La dépression post-partum survient généralement durant la première année après la naissance d’un enfant. 5 à 15 % des femmes seraient concernées, parfois suite à un baby blues.

La dépression post-partum se caractérise souvent par des pensées négatives sur le nouveau-né. Elle est souvent le résultat d’une accumulation de plusieurs facteurs.

 Avec l’arrivée d’un bébé, on peut se sentir dépassé, submergé par les nouvelles contraintes, la nouvelle organisation familiale. Beaucoup de mamans culpabilisent et n’osent pas en parler, souvent par peur du jugement. Elles s’enfoncent alors progressivement dans une spirale infernale qui mène à une dépression qu’il ne faut pas prendre à la légère.

Bien souvent, la dépression post-partum est diagnostiquée trop tard. Les mamans sont déjà en grande détresse. Elles ne comprennent pas pourquoi elles sont si malheureuses dans cette étape de leur vie, censée être belle et heureuse. Nuits entrecoupées, contrecoup de l’accouchement… accueillir un enfant fatigue. L’entourage ne s’aperçoit pas forcément que la maman ressent un mal pourtant beaucoup plus profond.

Dépression post partum : des causes multiples

Cette maladie est très complexe. Il convient de la comprendre et de ne surtout pas la prendre à la légère.

Les causes de la dépression post partum peuvent être multiples. Phénomène hormonal, impression de se sentir vide, problèmes de couple, difficultés dans la reprise de la sexualité, difficultés de voir son corps déformé, désintérêt du père envers sa femme…

Autre problème ? L’enfant devient le centre de toutes les préoccupations. La jeune maman peut alors se sentir délaissée par son entourage. Un changement brutal difficile à vivre si on le compare aux 9 mois de grossesse pendant laquelle elle est le centre d’attention.

La dépression post partum peut débuter par un baby-blues qui, en s’intensifiant, prend peu à peu la forme d’une dépression.

Comment déceler une dépression post partum ?

Plusieurs méthodes permettent de déceler un profil à risque. Le rendez-vous prénatal du 4e mois offre aux professionnels (sage-femme, gynéco…) l’occasion d’interroger la future maman sur son état d’esprit. L’enfant est-il désiré ? Comment cette grossesse est-elle vécue ?… Autant de questions qui suffisent souvent à mettre à jour d’éventuelles fragilités.

Une femme ayant déjà des antécédents dépressifs a par ailleurs statistiquement plus de risques de tomber dans une dépression post-partum. Dans ce cas, il est conseillé de suivre des cours de préparation à l’accouchement, tels que l’haptonomie ou la sophrologie. Ils permettent de se focaliser sur son enfant à naître. Cette préparation peut s’avérer d’une grande aide pour la maman et lui éviter une dépression trop forte.

Quelle prise en charge pour la dépression post partum ?

Il est préférable que la maman soit suivie par un psychothérapeute. En parler, chercher à comprendre, se soigner…. C’est la base d’une bonne prise en charge. Cela permettra ensuite de construire un lien avec bébé. Car une maman qui souffre de ce mal a souvent des difficultés à établir une communication avec son enfant.

Il existe également une vingtaine d’unités parents-enfants en France. Ces services hospitaliers permettent de prendre en charge de façon plus approfondie les parents en difficulté. Le manque de confiance ressentie par une maman en dépression ne lui permet pas de répondre aux attentes de son bébé. Pédopsychiatres, psychologues, puéricultrices, infirmiers…. toute une équipe soignante soutient quotidiennement ces parents pour les aider à construire un lien avec leur bébé. Il faut être vigilant, car un bébé, même tout petit, peut développer des troubles de l’alimentation, du sommeil ou du comportement.

Pour pallier au manque de lits dans ces services, certains hôpitaux mettent en place un système de soins à domicile. Des infirmiers libéraux travaillent en étroite collaboration avec les services parents-enfants. Ils réalisent en moyenne deux visites quotidiennes. Ils aident les parents à reprendre confiance en eux lors de soins quotidiens donnés au bébé (bain, repas…) et exercent un travail psychologique avec la maman.

En fonction de la dépression, une maman peut être aidée par des antidépresseurs. Il convient néanmoins de faire attention si elle allaite son bébé. 

10 symptômes qui permettent de reconnaître une dépression post partum

Vous découvrirez ci-dessous les principaux symptômes caractéristiques d’une dépression post partum. Montrez-vous néanmoins vigilant avec cette liste non exhaustive. Ce n’est pas parce que vous reconnaissez 2 ou 3 symptômes que vous faites une dépression post partum. En revanche, cet article peut vous permettre de vous questionner. Si vous avez le moindre, doute consultez votre médecin généraliste.

1| Pleurs permanents et absence de joie de vivre

Les pleurs incessants font partie des premiers symptômes. Suite à la naissance, les hormones sont en ébullition, les mamans peuvent parfois se sentir tristes et avoir la larme facile.

2| Culpabilité excessive

Une maman qui vit une dépression post-partum nourrit un sentiment très important de culpabilité et d’inutilité. Elle a l’impression de ne pas être un bon parent et que son expérience de maternité ne colle pas à ses attentes (allaitement, nutrition…).

3| Envie de ne rien faire

En pleine dépression post partum, une maman ne ressent plus aucun sentiment envers ses passe-temps et ses activités. La dépression peut être responsable d’une fatigue psychologique l’empêchant de faire la moindre chose. Il est alors urgent de reprendre goût à la vie et de se remettre à l’exercice pour retrouver la forme. Yoga, gymnastique douce, piscine, marche, vélo… Elle doit progressivement reprendre soin d’elle.

4| Trouble du sommeil

Le manque de sommeil est normal à la naissance d’un enfant. Nuits entrecoupées, journées compliquées… il est difficile pour les jeunes parents d’atteindre leur quota de sommeil. Ce déficit peut conduire à une dépression post partum. Même si cela est compliqué, la maman a besoin de se reposer. Dormir suffisamment et prendre du temps pour soi est nécessaire pour se sentir mieux.

5| Désespoir

Le sentiment d’être prise au piège et de n’avoir aucune issue fait partie des symptômes de la dépression post partum. Ces impressions peuvent de temps en temps être accompagnées de pensées noires et d’envie de suicide. Dans ces cas-là, une prise en charge urgente est nécessaire.

6| Ralentissement intellectuel

Dans ces moments, la maman marche un peu au ralenti. Elle peut connaitre des troubles de la mémoire. Elle oublie régulièrement des choses.

7| Manque d’intérêt pour son enfant

Comme évoqué précédemment, la dépression post partum entraine régulièrement un manque d’intérêt envers son enfant. La maman éprouve des difficultés à créer un lien avec lui. Le souci dans ce cas-là, pour l’entourage, est de les déceler. La maman peut parfois s’occuper de son enfant comme si de rien n’était. Une façon de se donner bonne conscience ou de se convaincre que tout va bien.

8 | Troubles alimentaires

La dépression post partum peut entrainer des troubles alimentaires (boulimie ou anorexie). Il est alors important de consulter pour bénéficier d’un accompagnement rapide.

Et vous ? Avez-vous vécu une dépression post partum ? Comment en avez-vous pris conscience ? Comment avez-vous dépassé cette épreuve ?

Crédit photo : Shutterstock

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Article posté le 17 juillet 2019 dans Questions de parents

Par Elodie

Maman de deux enfants, Elodie a rejoint l'équipe dernièrement pour partager sa vision d'une parentalité aussi bienveillante que souriante. Discrète, sensible et à l'écoute, elle accorde beaucoup d'attention aux autres, et notamment aux enfants. Soucieuse de vous offrir des articles précis, elle consacre du temps et de l'énergie à trouver les mots justes, ceux qui vous parleront naturellement. 


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