Deuil périnatal : comment faire face ?

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Quand le destin inverse le cours des choses et que la mort survient avant même que la vie n’ait commencé, c’est le monde qui s’écroule. Un bébé mort-né, ou qui décède après seulement quelques jours de vie, transforme de futurs parents en paranges.

Il est alors bien difficile pour eux de faire reconnaître leur douleur de parents et de l’exprimer alors qu’ils n’ont pu connaître leur enfant. C’est bien là tout l’enjeu de ce deuil si particulier qu’est le deuil périnatal. Comment y faire face ?

Qu’est-ce que le deuil périnatal exactement ?

Selon la définition de l’OMS, le deuil périnatal fait suite à la perte prématurée d’un enfant in utero dès 4 mois et demi de grossesse, à l’accouchement ou dans les 7ers jours de vie. Concrètement, ce drame concerne beaucoup plus de parents. Les grossesses interrompues pour raison médicale ou les fausses-couches tardives (après 15 semaines d’aménorrhée), n’entrent pas par exemple dans cette définition, alors que le retentissement psychologique pour les couples est souvent tout aussi traumatisant.

6 manières de surmonter le deuil périnatal

Il n’y a aucune bonne ou mauvaise réaction à avoir suite à la perte prématurée de son bébé. Chacun agit comme il le peut, afin d’apprendre à vivre avec cette douleur sans la nier.

1 | Gardez un souvenir du bébé disparu

Il est bien difficile de se dire qu’on n’aura jamais de souvenirs concrets de ce bébé que l’on n’a pas connu ou si peu. Pourtant, la future maman a porté cet enfant, a pu le sentir et l’a même mis au monde. Cette succession d’évènements constitue déjà des souvenirs en soi. Même décédé in utero, un bébé a bel et bien vécu pour ses parents.

S’ils ne souhaitent pas le voir après l’accouchement, sachez que la maternité propose généralement de prendre une photo, de faire éventuellement des empreintes de pieds ou de mains. Ces traces de vie concrètes peuvent aider tôt ou tard à dépasser ce désarroi indicible.

2 | Organisez une cérémonie pour son petit ange

Aujourd’hui, il est tout à fait possible d’organiser une cérémonie pour marquer le départ de l’enfant qui n’a pas vécu. Elle peut être organisée par la maternité ou par la famille. Il est également possible d’inhumer le bébé dans le caveau familial. C’est un très bon moyen de concrétiser l’existence de l’enfant aux yeux de l’entourage. Ce processus est également important pour la famille élargie qui est ainsi d’un meilleur soutien pour les parents.

3 | Déclarez l’enfant qui n’a pas vécu à l’état civil

Jusqu’en 2009, déclarer en mairie un bébé décédé in utero n’était pas toujours possible. L’enfant n’avait alors pas de reconnaissance juridique et administrative. Cela ajoutait encore plus d’incompréhension à l’épreuve que vivaient les parents. Aujourd’hui, dès lors que le délai légal d’IVG est dépassé (15 semaines d’aménorrhée), il est possible de déclarer l’enfant à l’état civil et de l’inscrire sur le livret de famille. Cela peut même se faire a posteriori quand les parents le décident.

4 | Entretenez le souvenir du bébé au fil du temps par des rituels

Terme de la grossesse, accouchement, décès… les parents qui ont perdu prématurément un bébé doivent apprendre à vivre avec le souvenir de dates malheureuses. Il ne sert à rien de taire la tristesse de ces jours. Planter un arbre, se recueillir dans un lieu privilégié, allumer une bougie sont autant de rituels qui permettent d’entretenir le souvenir au fil du temps, et de le partager avec le reste de la fratrie qui ne doit pas rester à l’écart.

5 | Faites-vous accompagner d’un professionnel

Un accompagnement psychologique peut être nécessaire pour déposer ses émotions, ses craintes ou sa culpabilité après la perte d’un bébé. Il est proposé par la maternité dès le début, mais il est bien sûr possible de consulter à tout moment quand on le juge bon pour soi.

6 | Entourez-vous d’autres paranges

Les paroles de parents qui partagent la même expérience ont souvent plus de retentissement que celles d’un psychologue. Il ne faut donc pas hésiter à se rapprocher de groupes de paroles ou d’associations. On sait combien il est difficile pour l’entourage d’aborder le sujet et d’apporter son soutien. Avec d’autres paranges, la parole est plus fluide et les émotions se libèrent pour mieux avancer.

Et vous ? Avez-vous vécu un deuil périnatal ? Comment avez-vous réagi ?

FAQ : Les questions les plus posées par les parents concernant le deuil périnatal

Comment se remettre d’un deuil périnatal ?

Il faut surtout apprendre à vivre avec cet évènement, l’idée étant de ne pas faire comme s’il n’avait pas existé. Pour lui donner un aspect plus concret, il est possible de formaliser la naissance et le décès par la déclaration à l’état civil, d’organiser une cérémonie, d’instaurer des rituels personnels. Le soutien peut également venir de groupes de parents ayant vécu le même drame, ou d’un psychologue.

C’est quoi un Parange ?

Le terme parange désigne un parent qui a perdu un bébé à naître ou un enfant. Ce mot qui représente les parents endeuillés n’est pas inscrit dans le dictionnaire.

C’est quoi un bébé ange ?

Un bébé ange est un enfant dont la vie s’est arrêtée bien trop tôt, qu’il soit décédé in utero, quelques jours après sa naissance ou plus âgé.

Article posté le 1 juillet 2022 et mis à jour le 4 juillet 2022 dans Questions de parents, Autres, Société

Par Magali

Depuis qu'elle est devenue maman, Magali s'inspire des différentes formes de parentalité pour accompagner au mieux ses deux filles. Malgré son désir de bien faire, elle reste une mère indigne et continue à partir en week-end sans elles ! Passionnée de photographie et ayant la chance de vivre à la campagne, elle essaye peu à peu de se recentrer sur l'essentiel. Son objectif : faire découvrir le beau à ses enfants.


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