#DisMoiElliot : 10 préjugés sur l’autisme

31 Mar 2016

#DisMoiEliott : campagne contre les préjugés sur l'autisme

En France, 1 personne sur 100 est atteinte d’autisme. On parle d’ailleurs plutôt de troubles du spectre de l’autisme (TSA) car il existe plusieurs formes d’autisme. Une chose est sûre, ces troubles du développement neurologique débutent avant l’âge de 3 ans, souvent à cause de facteurs génétiques, et évoluent tout au long de la vie.

Heureusement, nous avons découvert qu’avec une prise en charge précoce, un soutien éducatif adapté et un suivi régulier, les personnes autistes peuvent accomplir des progrès formidables. De ceux qui rendent fiers leurs parents, leurs amis, leurs proches et qui leur donnent l’énergie d’aller de l’avant.

Si je vous parle d’autisme aujourd’hui, c’est que le ministère des Affaires sociales et de la Santé lance une campagne de sensibilisation à laquelle j’aimerais que nous participions tous. A notre échelle. Elle a pour objet de lutter contre les préjugés sur l’autisme. Ceux dans lesquels nous nous engluons par ignorance et qui font plus de mal que l’autisme lui-même.

#DisMoiElliot : non aux préjugés sur l’autisme

Intitulée #DisMoiElliot, cette campagne met en scène un enfant autiste au travers d’un spot cinéma et d’une expérience digitale immersive qui nous met à la place d’un môme touché par ces troubles.

Autant vous le dire, quelques images devraient suffire pour changer votre regard sur l’autisme. Parce que vous êtes parents, parce que vous savez à quel point la vie ne tient qu’à un fil et parce que pour vous, tous les enfants ont le droit à la même bienveillance.

Pour vivre dans la tête d’Elliot le temps de quelques minutes, c’est par ici.

10 préjugés sur l’autisme

Mais alors, quels sont ces préjugés sur l’autisme que nous véhiculons tous plus ou moins, et qui font un mal de chien aux enfants et à leurs proches, sans même que nous en prenions conscience ? La réponse en 10 gifs.

1 | « Ils sont capricieux et violents »

Les enfants autistes peuvent en effet mal réagir à un imprévu. Parce que les changements inopinés les déstabilisent profondément. Il faut donc leur proposer des repères. La mise en place d’un emploi du temps visuel ou la décomposition d’un programme étape par étape font partie des trucs qui contribuent à améliorer leur vie et à les faire progresser.

Préjugés sur l'autisme : les autistes sont capricieux

2 | « Ils ne veulent pas communiquer »

Comme Elliot, les enfants autistes ont du mal à regarder leurs interlocuteurs dans les yeux car ils ne perçoivent pas la nécessité d’établir un contact visuel, même s’ils accordent de l’attention aux autres. Pour communiquer avec eux, il suffit de commencer par accepter cette différence.

Préjugés sur l'autisme : les autistes ne veulent pas communiquer

3 | « Ils sont dans leur bulle »

Les personnes autistes se focalisent souvent sur un centre d’intérêt restreint, pour ne pas avoir à intégrer trop d’information et trouver un certain confort dans les situations qu’ils vivent. Mais un centre d’intérêt, quel qu’il soit, offre aussi de nombreuses possibilités pour ouvrir le dialogue avec eux, échanger, progresser ensemble.

Préjugés sur l'autisme : les autistes sont dans leur bulle

4 | « On ne peut pas les toucher »

Les personnes autistes sont hypersensibles, leurs perceptions sensorielles sont différentes des nôtres. Et du coup, la vie peut vite prendre des allures d’agressions tant les stimulations sont nombreuses. Pour leur permettre de se ressourcer, l’aménagement d’un espace apaisé est une excellente idée.

Préjugés sur l'autisme : on ne peut pas toucher les autistes

5 | « Ils sont des génies »

Toutes les personnes souffrant de TSA n’ont pas un QI élevé mais certaines peuvent développer des compétences particulières ou emmagasiner des connaissances importantes, notamment sur les centres d’intérêt restreint qui retiennent leur attention. Pour participer à leur intégration sociale, il est important de s’appuyer sur ces aptitudes.

Préjugés sur l'autisme : les autistes sont des génies

6 | « Ils ne ressentent pas la douleur »

Si les personnes autistes n’expriment pas la douleur de la même façon que les autres, elles la ressentent aussi vivement. Il faut donc rester en alerte et apprendre à décrypter leurs changements d’attitudes pour leur venir en aide s’ils en ont besoin.

Préjugés sur l'autisme : les autistes ne ressentent pas la douleur

7 | « Ils ne ressentent pas d’émotions »

Mais bien sûr que si ! Seulement, ils n’expriment pas facilement ce qu’ils éprouvent. Pour améliorer leurs conditions de vie, on peut les aider à exprimer leurs propres sentiments en utilisant des outils de communication visuelle (images, pictos…) et les amener progressivement à comprendre et décrypter les émotions chez les autres.

Préjugés sur l'autisme : les autistes ne ressentent pas d'émotion

8 | « Il faut attendre que les parents soient prêts pour poser un diagnostic »

Non ! Plus on attend, plus la prise en charge risque d’être difficile. Le diagnostic peut être envisagé dès 18 mois. De quoi mettre en place un accompagnement au plus tôt pour voir les premiers progrès apparaître rapidement.

Préjugés sur l'autisme : il faut que les parents soient prêts pour poser un diagnostic

9 | « L’école, ça ne sert à rien ! »

Faux ! Non seulement l’école va permettre aux enfants autistes de faire des progrès rapides mais aussi de bénéficier d’une vie sociale et culturelle riche et intense aux côtés d’autres enfants de leur âge. Grâce à l’accompagnement mis en place, une personne autiste peut aujourd’hui atteindre une autonomie suffisante.

Préjugés sur l'autisme : l'école ne sert à rien pour les autistes

10 | « Ils sont ingérables »

Les autistes seraient tellement ingérables que même leurs parents ne sauraient pas s’en occuper, d’après les idées reçues ! Faux ! Au contact de leurs enfants, les parents développent une expérience et des connaissances bien souvent plus pointues que n’importe quel professionnel. Leur point de vue est essentiel dans la mise en place des mesures de suivi des enfants autistes. Et il convient de les accompagner pour les aider à surmonter les moments les plus difficiles car ils sont en première ligne.

Préjugés sur l'autisme : les autistes sont ingérables

#DisMoiElliot, ensemble contre les préjugés

Soyons clairs. Nous véhiculons tous, parfois sans même en prendre conscience, ce type d’idées reçues. Et nos attitudes face à ce handicap que nous connaissons si peu mais que nous redoutons tant font probablement encore plus de mal que les troubles eux-mêmes à ces enfants et à leurs parents.

En luttant contre ces préjugés, en ouvrant notre cœur à la différence, en changeant notre regard, en apprenant, nous participerons à offrir un monde plus juste à ces familles qui le méritent autant que nous.

C’est la raison pour laquelle je vous invite à partager cette campagne autant que vous le pouvez, en relayant la vidéo #DisMoiElliot, l’expérience immersive qui l’accompagne et cet article, avec le hashtag #DisMoiElliot.

Et vous ? Comment réagissez-vous face à l’autisme ? Connaissez-vous des personnes autistes ? Que pensez-vous de cette campagne ?

Article réalisé en collaboration avec le ministère
des Affaires sociales et de la Santé

18 réponses to “#DisMoiElliot : 10 préjugés sur l’autisme”

  1. Allychachoo - Famille en chantier 31 mars 2016 at 19 h 08 min #

    J’espère de tout cœur que les choses progresseront en France sur la question du handicap. Surtout quand tu parles d’autisme, 1 sur 100, ça n’a rien de rare ! Il est vraiment urgent de se poser les vraies questions, notamment sur l’approche comportementale et la scolarisation…

    • Olivier 1 avril 2016 at 9 h 40 min #

      C’est vrai qu’au delà de la question des préjugés, les enjeux sont nombreux et la tâche s’annonce ardue… pourtant, il va falloir avancer !

  2. Cendra 31 mars 2016 at 20 h 36 min #

    J’ai espoir que les choses changent (vite?), en France notamment, nous sommes extrêmement en retard sur la prise en charge des enfants autistes.
    Je suis touchée de prêt puisque mon frère est lui même atteint d’autisme et je sais comme ça a été dur pour mon père et sa compagne de trouver du soutien et des structures (malheureusement les enfants autistes finissent souvent dans des centres psychiatriques où ils sont mélangés à des enfants ayant des troubles totalement différents). Le cas par cas serait LA solution!

    • Olivier 1 avril 2016 at 9 h 54 min #

      Il reste effectivement un travail considérable à accomplir… Et j’imagine tout à fait le désarroi des parents face au manque de soutien, d’accompagnement et de prise en charge adaptée. Il n’y a qu’ensemble que nous pourrons faire avancer cette question essentielle.

  3. photographegrossesse 1 avril 2016 at 6 h 20 min #

    Merci pour cet article très intéressant. Il faut vraiment que les gens aient des infos sur l’autisme.

    • Olivier 1 avril 2016 at 9 h 54 min #

      Cette campagne constitue déjà une bonne étape.

  4. Claire 1 avril 2016 at 9 h 08 min #

    Merci pour cet article… J’espère que cette campagne changera un peu le regard des gens. La France a beaucoup de retard sur l’autisme! Mon petit garçon de 5 ans a des troubles autistiques. Un combat au quotidien pour lui comme pour nous. Il faut faire avec le regard des autres, les préjugés et les remarques blessantes. Comment peut-on demander ça à un enfant de 5ans? Peut-être que cette campagne permettra aussi à tous les parents comme nous de déculpabiliser…
    Non, mon fils n’est pas « bizarre », il est autiste.

    • Olivier 1 avril 2016 at 9 h 58 min #

      Voilà, tu mets dans le mille. J’espère sincèrement que cette campagne permettra de changer notre regard sur ces troubles et aux parents d’enfants autistes de s’extirper de cette culpabilité qui les ronge. Tout ça pour le bien de nos enfants ! On leur doit bien ça.
      Merci de ton témoignage 🙂

  5. Valérie PASCAL 2 avril 2016 at 7 h 25 min #

    Bonjour !
    Je suis personnellement touchée par la question, mais nous devrions l’être tous…
    Je partage avec bonheur ton article.
    Bien cordialement.

  6. l0uanne 2 avril 2016 at 21 h 26 min #

    Je trouve ça bien comme campagne car moi par exemple, j’ai pas de préjugés, mais j’ai jamais rencontré de personne autistes, donc je sais pas du tout a quoi m’attendre

    • Olivier 4 avril 2016 at 9 h 00 min #

      1 sur 100… si tu n’en as encore jamais rencontré, ça ne devrait pas tarder.

  7. Nanou 26 avril 2016 at 12 h 47 min #

    Merci pour cet article car effectivement les TSA sont peu connus du monde enseignant (et du monde en général :-).
    Personnellement, je cumule TSA, HP et TDAH, l’un compensant l’autre ou en tout cas permettant de le réduire (et donc de passer inaperçu).
    Il y a 30 ans, on ne parlait pas de tout ça et les profs et les condisciples me traitait de « bizarre ».
    Il n’y a que 7 ans que je me suis « découverte » grâce à l’aide d’un psy.
    Je pense que mon petit bout de 3 ans cumule aussi mais les pédopsy préfère attendre avant de faire des tests.
    J’essaie « d’expliquer » mon fils à son enseignante et aux éducateurs qui sont en contact avec lui mais sans nommer les troubles car j’ai peur qu’on le catalogue par méconnaissance.

    • Olivier 26 avril 2016 at 13 h 54 min #

      C’est chouette pour lui de pouvoir compter sur vous pour défricher le terrain lorsque nécessaire. Vous pouvez être fière de vous. Les difficultés que vous avez connues lui permettront probablement d’avancer plus vite, grâce à ce regard bienveillant, conscient et informé que vous portez sur lui. Ne lâchez pas l’affaire !

      • Nanou 27 avril 2016 at 11 h 18 min #

        Merci 🙂
        effectivement, j’espère qu’il avancera plus vite que moi et qu’il sautera au-dessus des barrières pour se réaliser pleinement

        Merci aussi de rédiger ces articles qui informent sur des sujets peu connus et de les diffuser au plus grand nombre

        Bonne continuation

        • Olivier 28 avril 2016 at 8 h 47 min #

          C’est le minimum que je puisse faire 🙂

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