10 astuces pour éviter le burn out parental

26 Avr 2018

comment éviter le burn out parental ?

Si la naissance d’un enfant constitue l’aboutissement d’une aspiration profonde tout autant qu’un bonheur immense, les premières années de la vie de jeunes parents peuvent aussi s’avérer éprouvantes, déstabilisantes, voire destructrices si on n’y prend pas garde.

La fatigue – pour ne pas dire l’épuisement – en est bien souvent l’une des causes principales. Parce que bébé dort peu, parce qu’il pleure beaucoup, parce que ses demandes ne sont jamais claires et parce que devenir parents est loin d’être aussi simple qu’on veut bien nous le dire.

Pris en tenaille entre un modèle de parentalité ultra exigeant et une culpabilité dévorante, nombre de jeunes parents préfèrent se murer dans le silence plutôt que d’admettre leurs difficultés. Au risque de basculer vers l’irréparable.

7 ans après la naissance de ma fille, je me souviens encore distinctement de ces quelques mots d’un ami, par ailleurs médecin, alors que je me prenais les effets collatéraux de ma paternité naissante en pleine tronche : « Tu sais, être parent, c’est le métier le plus con du monde. Des millions de gens l’ont été avant toi, et des millions le seront après. Alors, prends du recul et arrête de te plaindre. » En termes d’écoute, on a connu mieux.

Le burn out parental, c’est quoi ?

Le burn out parental se caractérise par un épuisement important, une baisse d’investissement auprès de ses enfants, une perte d’énergie, d’envie et de courage couplée à une absence d’épanouissement dans son rôle de parent. Au bout du rouleau, les victimes du burn out parental n’ont souvent pas conscience des symptômes qui les envahissent : problèmes de sommeil, irritabilité, troubles de l’humeur, fragilité émotionnelle…

Le burn out parental touche de nombreux parents, souvent dans le silence et l’indifférence la plus complète. Il peut pourtant avoir des conséquences graves sur le parent touché, mais aussi sur le couple et la relation avec les enfants. En vrac, on peut citer la fuite vers des pratiques addictives et des comportements à risques, le développement d’angoisses, la déprime, l’absence de libido, l’isolement, la prise ou la perte de poids…

On distingue le burn out parental du baby-blues qui survient juste après la naissance et de la dépression post-partum qui se développe dans la première année de bébé.

10 astuces pour jeunes parents au bord du burn out parental

Comment surmonter les premiers mois voire les premières années avec un enfant ? Comment prendre la mesure de cette nouvelle condition de parents ? Vous trouverez ci-après quelques astuces pour mieux vivre votre parentalité pendant les premiers mois qui suivent la naissance. Objectif : éviter le burn out parental. Et n’hésitez pas à partager vos autres conseils en commentaires.

TOP 1 | Ne vous laissez pas déborder

La première erreur consiste probablement à se surestimer. À imaginer pouvoir vaincre la fatigue et les doutes sans aide. Pour passer le cap des premiers mois de la vie de jeunes parents, mieux vaut bien se connaitre, savoir identifier ses forces, ses faiblesses, ses failles et ses ressources et apprendre à reconnaître les moments de difficultés, sans se mentir. Plus vous serez au clair avec vous-même, plus vous aurez de facilité à tirer la sonnette d’alarme. Pour votre bien et celui de votre enfant.

TOP 2 | Ne cherchez pas la perfection

Demandez à un enfant qui sont les meilleurs parents du monde, sa réponse devrait vous réchauffer le cœur. Dans les yeux de votre môme, vous êtes parfait. Et vos aspérités ne font que renforcer la lumière qui émane de vous, tant que vous savez les questionner de manière nuancée. Le reste – et notamment le regard des autres -, on s’en contrefout.

TOP 3 | Combattez la culpabilité

La culpabilité est probablement l’un des sentiments les plus partagés par les jeunes parents. Une culpabilité silencieuse qui ronge l’estomac et broie les illusions. Oubliez les réflexions maladroites de l’entourage, les remarques désobligeantes de professionnels peu attentifs ou les récits d’une parentalité parfaite qui inondent les médias. Si le doute permet d’avancer, gardez aussi en tête qu’on ne nait pas parent, on le devient. Bref, ne vous infligez pas de pression inutile.

TOP 4 | Relayez-vous

Les jeunes parents adoptent souvent le réflexe de vivre chaque moment ensemble : les repas, les balades, les réveils nocturnes, les chagrins, les coliques… jusqu’à épuisement complet. Si vous avez la chance de vivre l’arrivée de bébé à deux, profitez-en pour alterner les efforts. Vous pourriez par exemple vous lever une nuit sur deux, pendant que votre partenaire dort à poings fermés, quitte à porter des boules quies pour récupérer. Vous pouvez aussi profiter d’un après-midi pour emmener bébé en balade pendant que votre moitié se repose. D’une manière générale, assurez-vous qu’une charge trop importante ne pèse pas sur les épaules de votre partenaire. Si c’est le cas, proposez votre aide sans attendre.

TOP 5 | Parlez

S’il n’y avait qu’un conseil à donner, ce serait celui-là. Parlez, parlez et parlez encore. Exprimez vos émotions les plus profondes, verbalisez vos douleurs et vos difficultés, mettez des mots sur vos aspirations, vos craintes et vos questionnements. Parlez avec votre partenaire, vos amis, vos parents ou d’autres jeunes parents comme vous. Parlez à ceux qui sont prêts à vous accorder une oreille bienveillante. C’est en acceptant d’ouvrir votre cœur que vous finirez par trouver votre chemin.

TOP 6 | Passez la main

La simple idée de laisser bébé à un tiers de confiance suffit à réveiller votre ulcère naissant. C’est pourtant votre plus riche idée depuis longtemps. Les quelques heures de semi-liberté que vous grappillerez vous permettront de remettre de l’ordre dans votre esprit, pour peu que vous vous l’autorisiez. Dites-vous bien que les premières fois sont les plus anxiogènes. Avec l’expérience, vous finirez par prendre du plaisir, même si vous ne pourrez pas vous empêcher de jeter un œil sur votre smartphone toutes les 18 minutes environ.

TOP 7 | Poussez la porte d’un professionnel

Soyons clairs : si vous ne trouverez pas chez tous les professionnels de santé l’oreille bienveillante dont vous avez besoin, certaines rencontres font l’effet d’un électro-choc pour peu que le courant passe. Et puis, qui ne tente rien n’a rien. Dans les PMI, vous rencontrerez par exemple des professionnels spécifiquement formés pour accompagner les jeunes parents. Mais vous pouvez aussi échanger avec votre pédiatre, votre médecin de famille ou un pédopsy en fonction de vos problématiques. Et non, pousser la porte d’un professionnel de santé n’a rien à voir avec la fin du monde.

TOP 8 | Prenez du temps pour vous

Devenir parents n’oblige pas à taire ses aspirations personnelles. Au contraire. C’est parce que l’accueil d’un jeune enfant est souvent vécu comme un tourbillon d’émotions contradictoires qu’il est nécessaire de se préserver des bulles de respiration, sans culpabiliser. Pour recharger les batteries, prendre du recul, se changer les idées, voir d’autres choses, bousculer la routine.

TOP 9 | Evacuez les mauvaises énergies

Qui pourrait imaginer qu’il suffit d’un bébé-tout-neuf pour mettre à terre un adulte fort et vaillant en seulement quelques semaines ? Pour éviter de balancer Chouchou par la fenêtre de rage, filez à la salle de sport taper dans un sac de sable, faites 3 fois le tour du centre-ville à cloche-pied, bref évacuez les tensions.

TOP 10 | Devenez vous-même

Ne cherchez pas à devenir le parent que vous aimeriez être ni celui que les autres voudraient que vous soyez. Concentrez-vous plutôt sur celui que vous êtes déjà profondément, sans le savoir encore.

Vous le savez si vous avez déjà eu un premier enfant, il faut parfois du temps pour prendre la pleine mesure de son nouveau rôle de papa ou de maman. C’est l’une des raisons pour lesquelles il est nécessaire d’allonger le congé paternité, actuellement de 11 jours (+3 jours de congé de naissance). Vous trouverez tous les arguments en faveur d’un allongement du congé paternité ici.

Pour aller plus loin, je vous conseille ces livres :

Devenir un super papa en 365 trucs et astuces

Et vous ? Comment avez-vous vécu les premières semaines de votre vie de jeunes parents ? Quels conseils donneriez-vous à de jeunes parents ?

Crédit photo : Shutterstock

16 réponses to “10 astuces pour éviter le burn out parental”

  1. Caro - WonderMumBreizh 26 avril 2018 at 12 h 09 min #

    Future Maman, j’avoue que le sujet me faire un peu peur. Après avoir tant espérer cet enfant, une fois qu’il est là … Aurais-je les capacités de lui apporter tout ce dont il a besoin !

    • Olivier 26 avril 2018 at 14 h 34 min #

      Les capacités, tu les trouveras. L’important, c’est de ne pas se laisser submerger, en restant à l’écoute de ses émotions et en réagissant avant que les symptômes ne s’enkystent

  2. Gaëlle 26 avril 2018 at 17 h 19 min #

    1 an et 2 ulcères à l’estomac plus tard ça va beaucoup mieux !!! Mais le premier hiver et la reprise du boulot rimant avec le début de la crèche et tous les microbes qu’on y trouve, a été très difficile, autant pour le Papa que pour moi… Tout ce que vous dites est VRAI, l’impression que tout est figé. Si votre bébé ne dort pas, il dormira à un moment donné, ne vous inquiétez pas, il ne vous réveillera pas toutes les 2h jusqu’à ses 18 ans 😉

    • Olivier 26 avril 2018 at 18 h 46 min #

      Plus facile à dire maintenant, hein 🙂 Et pourtant, c’est terriblement vrai.
      Je n’arrive pas encore à bien analyser comment on peut tomber dans cette spirale sans en prendre conscience. C’est assez hallucinant quand même…
      bref, je n’ai pas fait d’ulcère mais d’autres trucs tout aussi charmants. Et ça va mieux aussi 🙂
      Merci de ton témoignage plein d’espoir pour ceux qui liront ce billet

  3. Caroline 27 avril 2018 at 10 h 34 min #

    Bonjour à tous . j’ai fais l’expérience du burn out parental l’année dernière c’était vers l’été , j’ai 4 enfants à ce moment là ils avaient 8ans.6ans.4anset 2ans . je n’avais pu envie de m’occuper des enfants , mon mari pouvait à peine me toucher , j’avais une humeur de me…casiment tout les jours , envie de pleurer aussi souvent ….au bout dun moment je me suis mise a fouiller un peu sur interner et c’est la que je suis tomber sur un article parlant du burn out parental et je me suis reconnue de suite . j’en avais parler à mes amies elles me disaient de prendre plus soins de moi , de laisser les enfants a garder pour me reposer etc. Sa faisait 7ans que j’étais à la maison . une fois lu l’article entièrement sa ma fait un petit choc quand même et j’ai essayer de faire un peu plus attention envers les enfants , de moins m’ennerver sur eux , d’être un peu plus calme etc , envers mon mari aussi et j’ai enfin repris une activité professionnel et la sa me fait le plus grand bien . maintenant ils sont tous 1ans de plus , mon dernier est à l’école la journée et moi au boulot 4 matins par semaine mais je commence à chercher un temps pleins maintenant ( même si les frais de garde me ruineront lol ) .si plusieurs parents se reconnaisse dans ce post je vous conseil d’en parler auprès de vos amis , votre mari et de prendre un peu de recul et d’essayer de repartir de zéro . après même peut-être aller parler à un spécialiste moi des fois j’y pense encore ……. Vous souhaitant bon courage pour la suite . à bientôt peut-être 🙂 😉

    • Olivier 27 avril 2018 at 10 h 36 min #

      Merci mille fois de ton témoignage, j’espère qu’il rassurera les autres parents : pas de fatalité !

  4. Maman Poule et Cie 30 avril 2018 at 10 h 59 min #

    Maman de deux enfants de 4 et 6 ans, je trouve tes conseils très justes. J’aurais aimé les lire dans mes premiers mois de maman.
    Je rajouterais bien deux choses :
    – faites-vous confiance : il n’y a pas de mode d’emploi et personne ne connait mieux votre enfant que vous alors faites comme vous le sentez
    – tous les parents craquent à un moment : alors ne culpabilisez pas d’en avoir ras le bol ou d’avoir hausser le ton (par contre veillez toujours à ce votre craquage ne soit pas dangereux pour bébé)

    • Olivier 30 avril 2018 at 15 h 48 min #

      Deux ajouts de bon sens ! Merci de ce complément 🙂

  5. Maman Pavlova 2 mai 2018 at 16 h 17 min #

    Pas simple l’arrivée d’un enfant c’est sur, encore plus dans mon cas quand on a tout imaginé apres 3 ans d’attente en PMA.
    J’ai faillit perdre mon pere a la naissance de ma fille, un brutal traumatisme auquel je n’etais pas preparé… 23 mois apres on respire le bonheur, mais les premiers mois etait tinté d’inquietude de bien faire …

    • Olivier 3 mai 2018 at 10 h 58 min #

      Comme nombre de parents (moi, y compris). Cette découverte de la vie de parents est vraiment difficile, et je regrette qu’on ne soit pas vraiment accompagné…

  6. Lucie 3 mai 2018 at 23 h 03 min #

    Merci mille fois pour cet article!

    Mon fils à deux ans et je sors à peine de cette période noire avec encore des périodes fragiles.
    Mais parler avec mon mari, mes amis, ma nounou et ma sage femme m’a énormément aidé!

    On vit dans une société où on est constamment jugé, épié et où le dictat de la mère parfaite (et du parent parfait en règle général) est omniprésent.
    Parler est la clé, vraiment!!

    • Olivier 4 mai 2018 at 11 h 18 min #

      Ben voilà, rien à ajouter. Et je suis convaincu qu’on est des milliers à vivre avec ce que tu décris, et parfois même à en souffrir profondément.
      Je te souhaite plein de bonheur 🙂

  7. Ellemar 7 mai 2018 at 17 h 32 min #

    Mon bébé a 3.5mois et les débuts one été tellement tellement difficiles. J’ai rêvé de ce bébé pendant des années et quand finalement il est arrivé tout à été tellement Compliqué. Un gros problème de reflux interne, unbebe qui a pleuré 24h/24, qui ne voulait dormir que dans les bras joués et nuits… et c’est vrai que sur le moment impossible d’imaginer que les choses s’amélioreront. Heureusement oui, petit à petit. Mais c’est vrai que l’on idéalise complètement l’arrivée d’un bébé et la réalité peut parfois être très brutale.

    • Olivier 9 mai 2018 at 9 h 39 min #

      Oui, le grand écart entre le fantasme et la réalité peut parfois freiner les ardeurs de jeunes parents. Sans parler de cette fatigue qui brouille nos perceptions et nous empêche de voir les choses aussi positivement qu’elles le sont réellement. Bref, on idéalise avant la naissance, jusqu’à ce prendre une belle claque le moment venu. Et personne ne nous prévient !

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