7 situations de violence éducative ordinaire (dans lesquelles on peut tous se reconnaitre)

3 Fév 2016

Violence éducative ordinaire : c'est quoi ?

Violence éducative ordinaire. Si le concept fait naître des tensions chez les parents, c’est souvent par peur d’être jugés, pour ne pas dire stigmatisés, dans leur façon d’accompagner leurs enfants.

Soyons clairs : nous souhaitons tous le meilleur pour nos mômes. Pourtant, ils nous arrivent de déraper dans notre manière de les éduquer, parfois même sans en prendre conscience. Pour de multiples raisons, qui tiennent aussi bien de l’énervement passager que de la reproduction de modèles éducatifs dans lesquels nous avons-nous même été bercés.

Violence éducative ordinaire : c’est quoi ?

La violence éducative ordinaire désigne les violences physiques, psychologiques et verbales, souvent admises et tolérées, que nous faisons subir à nos enfants à titre éducatif. De la fessée que nous serions encore 65% à pratiquer, à la tape sur les mains en passant par l’humiliation ou le chantage. On parle alors de maltraitance, même si le mot peut paraitre fort.

Plusieurs études ont démontré les conséquences néfastes de ces violences, même légères, sur le devenir des enfants. Oui mais voilà, perdus entre un excès d’autorité que nous savons nauséabonds et un laxisme totalement inefficaces, nombre d’entre nous avouent ne plus savoir comment s’y prendre.

Il faut dire que le risque de basculer dans un comportement de violence éducative ordinaire est important. Chaque jour, les occasions ne manquent pas. Et je suis prêt à parier que la plupart d’entre nous tombe dans le panneau de temps en temps. La preuve en 7 situations de la vie de tous les jours.

1 | VEO : la menace

Depuis ce matin, votre môme n’arrête pas de chouiner. Tout est prétexte à piquer une colère. Et bien sûr, vous n’arrivez ni à le calmer ni à obtenir une explication. Bref, la moutarde commence à vous monter au nez quand vous lui répondez du tac au tac : « Arrête de chialer ou tu vas finir par comprendre pourquoi tu pleures » ! Mais vous auriez aussi pu lui dire : « Tais-toi ou tu vas prendre une gifle », « Y’a des baffes qui se perdent », « La ferme ou je t’en colle une ».

2 | VEO : l’amour sous condition

Si vous êtes globalement fier de votre Choupinet, vous vous demandez des fois s’il n’a pas le diable au corps. Comme la semaine dernière, lorsqu’il a eu la bonne idée de dessiner au feutre indélébile sur le visage de son frère. Ce jour-là, c’était la goutte d’eau de trop et le vase a débordé quand vous lui avez affirmé qu’il aura droit à un câlin de sa maman quand il aura réparé les dégâts. Mais vous auriez aussi pu lui dire : « Si tu veux que tes parents soient gentils avec toi, il va falloir être plus sage » ou encore « je ne t’aime pas quand tu fais ça ».

3 | VEO : le rejet

Cette fois, il a dépassé les bornes. Non seulement, il tape sa sœur mais en plus il casse ses jouets. Pour vous, il n’y a pas d’autres solutions que de l’isoler : « Au coin, dans ta chambre. Tu reviendras quand tu seras calmé ». Mais vous auriez aussi pu lui dire : « Monte dans ta chambre et que je ne t’entende plus », « tu vas au coin, et tu ne bouges plus avant que je ne te le dise ».

4 | VEO : l’insulte

Ce soir, vous demandez à votre lardon de faire la table. D’ordinaire plutôt serviable, il est aujourd’hui un peu excité. Et patatras, il fait tomber le service de grand-mère, vieux de 70 ans. Du coup, votre réaction n’attend pas : « t’es vraiment un bon à rien ». Mais vous auriez aussi pu lui dire : « Mais c’est pas vrai, t’es qu’un bébé à qui on ne peut rien confier » ou encore « mais quel benêt celui-là ».

5 | VEO : l’humiliation

A table, votre enfant n’en fait qu’à sa tête. Excité comme un gardon, il multiplie les pitreries et les bêtises. Oui mais voilà, son attitude vous exaspère et vous lui faites remarquer : « tu manges comme un gros cochon ». Mais vous auriez aussi pu lui dire : « Ohlala, regardez-moi ce vilain garçon incapable de tenir sa fourchette correctement », « Je vais te remettre un bavoir en plastique, comme ta sœur de 8 mois ».

6 | VEO : l’affirmation de votre autorité

Bientôt 8h30. Vous devriez être parti à l’école depuis déjà 10 minutes mais votre rejeton n’en fait qu’à sa tête. Du coup, il n’est toujours pas habillé alors que vous lui avez demandé 10 fois, ce qui ne l’empêche pas de jouer au Playmobil. Votre réaction ne se fait pas attendre : « Tu m’obéis tout de suite, ou je t’emmène à l’école en pyjama ». Mais vous auriez aussi pu lui dire : « C’est moi qui commande. Si tu n’es pas content, tu t’en va ».

7 | VEO : l’absence d’attention

A force de grimper aux arbres, ça devait finir par arriver. Et badaboum, voilà votre Choupinet les quatre fers en l’air en train de hurler à la mort. Après quelques minutes d’hésitation, vous vous dirigez vers lui : « Tu l’as bien cherché, maintenant ne viens pas te plaindre ». Mais vous auriez aussi pu lui dire : « T’es pas beau quand tu pleures, on dirait une gonzesse », « les grands garçons ne pleurent pas ».

Violence éducative ordinaire : qu’est-ce qu’on fait ?

L’objectif de cet article n’est pas de pointer du doigt des coupables. Après tout, on apprend tous à devenir parents avec plus ou moins de réussite. Mais c’est en nous interrogeant sur nos propres pratiques, en nous remettant profondément en question et en nous transcendant que nous deviendrons meilleurs, non ?

Reste donc une grande question : comment sortir de la spirale infernale de la violence éducative ordinaire quand on a mis le doigt dedans ? il n’y a rien de pire pour un papa ou une maman que de se sentir démuni dans son rapport à son enfant. Il convient donc de s’interroger certes, mais aussi de décider de changer, et de s’ouvrir aux autres : à des amis pourquoi pas, mais plus sûrement encore à un professionnel qui saura guider un questionnement pour faire jaillir des perspectives éclairantes.

Entre autoritarisme exacerbé et laxisme effréné, il y a un monde. Celui dans lequel nombre de parents et d’enfants vivent heureux et épanouis.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire :

Et vous ? Avez-vous le sentiment de parfois adopter des attitudes de violence éducative ordinaire ? Dans quel cadre ? D’où viennent ces comportements selon vous ? Comment en finir avec la VEO ?

D’autres articles ?

Crédit photo : enfant en pleurs, papa fatigué

42 réponses to “7 situations de violence éducative ordinaire (dans lesquelles on peut tous se reconnaitre)”

  1. Sandra 3 février 2016 at 13 h 58 min #

    Aie  » c’est moi qui commande  » une de mes phrases en ce moment à ma fille de 6 ans qui est en pleine crise de mini-ados .

    • Olivier 3 février 2016 at 14 h 12 min #

      L’important, c’est d’en être conscient et de trouver une parade 🙂

  2. Clairette 3 février 2016 at 14 h 18 min #

    A la maison c’est plutôt la 3 et la 6.
    On est très branché éducation bienveillante mais c’est très conceptuel pour nous, ça donne une ligne directrice et générale mais aucune solution aux crises de nerfs impromptues, aux caprices féroces et aux demandes parfois complètement loufoques.
    Ces écrits sur la violence ordinaire sont un constat et partent de données scientifiques qui sont un peu détournées je crois. C’est un des exemples de vulgarisation scientifique raté à mon avis.
    En lisant différents auteurs, on ne sait plus trop quoi en penser.
    Est-ce informatif sur le développement cognitif de l’enfant ? Est-ce une recette en plusieurs points comme le suggère les présentations et différentes formations ?
    Ces gens ont-ils permis réellement à leurs enfants d’être plus épanouis avec ces préceptes suivis à la lettre ? Et a-t-on des points de comparaison comparables ?
    On attend toujours une solution miracle pour que tout se passe bien pour nos enfants sauf que non. (Et en plus, on réalise que supernanny est super violente.. WTF)
    On évitera pas l’amour, les câlins, les frictions, les désaccords, les colères, les joies, les folies, les bêtises drôles et moins drôles, le stress, la fatigue, la peur, l’excitation, l’impatience, le calme et la tempête ; parce que c’est quand même ça la vie de famille.
    Et si on veut être tranquille, on prend un hamster.

    • Olivier 3 février 2016 at 17 h 27 min #

      Vous vous doutez bien qu’en matière de parentalité comme pour n’importe quel autre aspect de la vie, il n’existe pas de recette miracle. Tout se fait par tâtonnement. Le but de cet article est de faire réfléchir chacun sur ses propres pratiques. pour moi, c’est la première étape indispensable vers le changement… pour le reste, « que sera sera » !

  3. Magrande 3 février 2016 at 15 h 08 min #

    OMG la 7!!!!!!!!!!!

    L’article est plus tot bien fait, mais je suis obligé de réagir sur la remarque sur l’absence d’attention, pour moi la phrase proposé est pire que notre réaction primaire.
    « T’es pas beau quand tu pleures, on dirait une gonzesse »
    WTF le préjugé, je rappel que les enfants non aucun préjugé au départ, la société va naturellement faire son travail pas besoin que d’en ajouter.

    • Jen 3 février 2016 at 16 h 37 min #

      Euh je crois que les « vous auriez aussi pu dire » ça ne donne pas une phrase à dire à la place, mais ce que ça véhicule comme idée 🙂

      • Olivier 3 février 2016 at 17 h 29 min #

        Oui voilà exactement. Il ne s’agit pas de contre-proposition (à chacun de trouver les siennes en fonction de sa nature et de ses enfants), mais bien d’exemples complémentaires illustrant des moments de violence éducative ordinaire.

  4. Mamandanslezef 3 février 2016 at 18 h 02 min #

    Merci Olivier pour ton article. Comme tu le soulignes bien il y a derrière tout cela des notions de communication et de perception. On a chacun notre propre éducation et on n’est parfois très loin de voir que l’on parle mal à nos enfants. Ensuite je trouve les discussions sur la parentalité positive un peu sensibles. Nous parents, nous n’avons pas tous une BAC + 5 en psychologie. On nous présente le fait d’être parent comme un métier qui sous-entendrait qu’on ait acquis des compétences pour élever un enfant. Pour ma part, je n’ai aucun certificat ni diplôme 😉 Et que cette manière de procéder avec les enfants est un peu le reflet de notre incapacité aussi entre adultes à d’adopter des modes de communication bienveillants. Je serai pour que ces aspects ne soient pas uniquement abordés dans le cadre familiale mais plus largement. Sans être négative, la violence verbale est malheureusement banalisée.

    • Olivier 4 février 2016 at 9 h 01 min #

      Tu as raison, nous n’avons pas tous les mêmes connaissances et accompagner un enfant est plus compliqué qu’il n’y parait, pour peu que l’on se penche sur les mécanismes complexes qui se jouent à cette période charnière de leur existence.
      Pour être honnête, j’ai très vite ressenti ce manque de compétences. Dès la naissance de Mychoup’. Et alors que je me pensais prêt à devenir père, j’ai compris en la berçant contre moi pour la première fois que les choses allaient être plus compliquées que je l’avais imaginé.
      Je regrette pour ma part que l’accompagnement à l’accouchement soit trop médicalisée et n’accorde pas une place plus importante à l’apprentissage de la parentalité dans tous ces aspects, en incluant davantage les pères par la même occasion, de sorte à les impliquer davantage.
      Néanmoins, les parents qui souhaitent poursuivre leur réflexion trouveront une écoute bienveillante et de nombreuses clés de compréhension dans des associations, des cafés parents, des conférences, des livres… Mais il faut faire la démarche. Et dans une société qui banalise de plus en plus la violence (comme tu l’évoques), difficile de prendre conscience du glissement lent qui s’opère et auquel nous contribuons malgré nous en perpétuant des méthodes éducatives dont les conséquences nous échappent.

  5. sotpapa 3 février 2016 at 20 h 28 min #

    Je pense malheureusement que ce genre de réactions est inévitable. Nous avons tous des journées plus dire et c’est souvent celles choisies par « boutchou » pour tester les limites.

    Une des premières réactions est à mon sens d’admettre l’erreur et de l’expliquer à notre raison de vivre sans pour autant verser dans les excuses dégoulinantes.
    C’est vrai que c’est frustrant de se reconnaitre dans certaines réactions sans avoir d’alternatives mais il n’y à, en effet, pas de solution unique.

    Merci pour la confrontation, c’est souvent bon d’être remis à sa place.

    • Olivier 4 février 2016 at 9 h 03 min #

      Exactement. Nous sommes tous confrontés à ces situations (moi le premier). Et si je n’ai pas insisté sur les solutions, c’est aussi parce la première et la plus importante d’entre elles consiste pour moi à s’interroger.

  6. netaddicta 3 février 2016 at 22 h 56 min #

    Comme l’a exprimé un lecteur plus haut, la VEO3 me laisse perplexe même si elle dite sur le ton de la punition. Tout comme la VEO6 « c’est moi qui commande » (en enlevant évidemment la partie, si tu n’es pas content tu t’en vas). Pour moi, ce sont plutôt des limites à poser aux fantasmes de toute-puissance de l’enfant : non, il ne peut pas tout faire (ni hurler de colère sans aller se calmer ni décider d’aller en pyjama à l’école) et notre rôle est de lui fixer un cadre sécurisant tout en l’assurant bien évidemment de notre amour et si cela doit passer par « tu vas te calmer dans ta chambre, ton comportement est intolérable » je n’en vois pas le côté « violent ». Je trouve que ce sont les limites de la « parentalité positive », bien sûr certaines idées sont très intéressantes, mais j’ai l’impression que l’on oublie que l’enfant est un être en devenir, au cerveau encore immature et qu’il ne peut être « au même niveau » que l’adulte.
    Pour le reste, il m’arrive bien évidemment de regretter certains comportements ou certaines phrases dites à ma fille, qui sont plus en lien avec mon état de fatigue qu’avec la bêtise faite et ton article nous rappelle d’y rester vigilant.

    • Olivier 4 février 2016 at 9 h 11 min #

      Ton commentaire le montre bien : un mot, une intonation et la portée de la réponse apportée au comportement d’un enfant peut être éprouvée de manière très différente : violente dans un cas, apaisante dans l’autre. Et dans les deux cas, il est possible de faire usage de fermeté (pour replacer le cadre et rassurer), sans pour autant verser dans l’autorité (et donc la soumission pour celui qui la subit), voire l’autoritarisme.
      Pour tout te dire, cet article est né d’une expérience vécue. Je me suis rendu compte que dans certaines situations, ma fille se braquait à la moindre remarque de ma part. J’ai d’abord cherché ce qui n’allait pas chez elle (provocation…), puis j’ai réfléchi au sens et à la perception des mots que j’utilisais. Pour en avoir le coeur net, à l’occasion d’un moment de friction similaire aux précédentes fois, j’ai choisi de changé de ton, de posture et de lexique pour dire au final exactement la même chose. Le résultat m’a laissé sans voix. Le jour et la nuit.
      Cela dit, ça ne marche pas à chaque fois. Quant à moi, je continue encore parfois à perdre mon sang froid…

      • netaddicta 4 février 2016 at 19 h 43 min #

        Oui, tu as raison l’intonation est importante et moi aussi je perd malheureusement facilement mon sang froid alors que la même chose dite calmement est tout aussi voire plus efficace.
        J’essaie également de penser à dire à ma fille lorsqu’elle fait quelque chose de « bien » car je trouve que j’ai trouvent souvent tendance à lui pointer les bêtises et à oublier les compliments.
        Depuis quelques jours, nous avons mis en place un système de bâtons et de ronds, un bâton pour une bêtise, un rond pour un service rendu (elle débarrasse par exemple très volontiers son assiette) ou un « bon » comportement. Cela m’est venu un jour où justement je me sentais à bout. Cela fonctionne plutôt bien et elle est ravie de voir que les ronds commencent à rattraper les bâtons.

        • Olivier 5 février 2016 at 9 h 10 min #

          On a tenté ce type de principe. Mais Mychoup’ accorde tellement d’importance au regard que nous portons sur elle que les croix et les ronds devenaient une obsession et une véritable angoisse. On a donc laissé tomber. Cela dit, ce système marche parfaitement avec certains enfants… ce qui montre bien qu’il n’existe pas de solution unique !

  7. Nanou 4 février 2016 at 14 h 33 min #

    Merci pour cet article, je suis très sensibilisé à la violence educative ordinaire, les livres d’Alice Miller et d’Olivier Maurel ont trouvé écho avec ma propre pensée sur la façon de traiter les enfants: en mettant un cadre certes mais également en leur donnant le respect que l’on donnerait à un adulte.
    A ce propos, Alice Miller explique très bien comment on peut en arriver à banaliser la violence dont on a fait l’objet et qui nous pousse dès lors à la reproduire.
    Bien sur, suite à de la VEO nous ne finissons pas tous en ayant des problèmes mais c’est un débat plus vaste car la VEO banalise l’aggressivité ambiante dans notre société.
    Quand je parle de ce sujet à mon entourage, je ne reçois que moquerie ou mépris, je suis vraiment ravie de voir que d’autres personnes ouvre le débat et le diffuse sur le net. Encore une fois merci pour nos enfants.
    Notre devoir de parent est entre autre d’avoir un esprit critique et une remise en question perpétuelle.

    • Olivier 4 février 2016 at 14 h 45 min #

      Ce sujet suscite moquerie et mépris parce qu’il renvoie les autres à leurs propres défaillances, ce qui n’est jamais agréable à entendre. Qu’importe, il faut parfois accepter ce genre de désagréments quand on veut faire passer les messages les plus importants.

  8. dodo 5 février 2016 at 0 h 01 min #

    eh bien, en lisant les commentaires, je suis effrayée… les croyances et l’éducation reçue laissent encore tant de sales traces… malgré toutes les découvertes sur le fonctionnement du cerveau des touts-petits, on s’entête encore à ne pas accepter que « notre enfant est une personne » (pour reprendre les mots de Dolto) et que son cerveau n’est pas assez mature pour comprendre et intégrer toutes ces violences éducatives ordinaires…
    Nous faisons tous de notre mieux, évidemment, mais serait-ce trop demander aux parents de savoir remettre un tant soit peu en question l’éducation reçue?
    Le monde actuel est si rempli de violence, d’égoïsme, d’égocentrisme, de fausses valeurs, pratiquer la bienveillance afin que les enfants puis les futurs adultes se respectent et prônent la non-violence, est-ce si irréaliste que cela ?

    • Olivier 5 février 2016 at 9 h 13 min #

      Tu trouveras également beaucoup de livres sur les théories du changement (et notamment les résistances au changement). Malheureusement, ce n’est facile pour personne d’accepter de se défaire de ce qui nous constitue pour reconstruire autre chose.

  9. l0uanne 10 février 2016 at 9 h 01 min #

    Envoyez un enfant au coin ou le punir dans sa chambre ne lui a jamais fait de mal, bien au contraire.

    Pitiez ne me dit pas que tu fais partie de ces gens qui adopte l’éducation positive…

    • Olivier 11 février 2016 at 14 h 14 min #

      Est-il vraiment nécessaire de mettre les gens dans des cases ? Est-ce parce que je m’interroge sur une pratique qui ne réponds visiblement pas à mes attentes que je dois nécessairement épouser les dogmes d’une théorie particulière ? Du blanc au noir, il y a toute une nuance de gris dans laquelle il est aussi possible de s’épanouir…

  10. amelie 16 août 2016 at 20 h 48 min #

    Bonjour, je suis d’accord avec le fait qu’il faut peser ses mots avec un enfant (tout comme avec un adulte d’ailleurs)
    Et oui, il faut trouver le juste milieu. Je comprend par exemple qu’il ne faut pas rabaisser un enfant ou l’humilier, notamment concernant ces capacités.

    Par contre, je trouve que certains points de cet article sont un peu poussés… Comme par exemple la punition dans la chambre ou encore le discours « c’est moi qui commande » je ne vois pas vraiment en quoi c’est « mal »
    Ce n’est pas pour les « formater » mais il faut quand meme
    qu’ils ai des « interdits ».
    D’après moi ce qui est important c’est la communication.
    Expliquer pourquoi c’est interdit, pourquoi nous serions mécontents s’ils ne les respectent pas.
    Et je pense que lorsque l’explication ne suffit pas, il n’est pas dramatique de les « punir » dans leur chambre.

    (drôle de comparaison mais après tout, même une fois adulte nous sommes punis par la loi lorsque nous faisons une « bêtise »… ) et à mon sens, c’est nécessaire pour éviter le chaos. enfin la je pars peut-être dans un autre débat^^)

    • Olivier 17 août 2016 at 8 h 48 min #

      Chacun son point de vue, ses limites, ses méthodes.
      Je ne suis pas certain que le discours « c’est moi qui commande » apporte quoique ce soit à l’enfant (à part lui faire comprendre qu’il devra faire certains coups en cachette s’il veut éviter une punition). On peut facilement poser des interdits sans faire preuve d’autoritarisme.

      • Amelie 22 août 2016 at 1 h 14 min #

        Je comprend votre point de vue et moi même je n’utilise pas se terme.(par contre je les punis donc au final ça revient un peu au meme).
        Mais j’ai quand meme l’impression que dans tout ces points il y a differents degres.(l’intonation untilisé, les explications données a l’enfant ,ect…)
        Et qualifier un acte de « maltraitance » en se basant sur une simple phrase qu’un parents peu prononcer, le mots est vraiment « fort » pour vous reprendre.
        il est vrai que l’on à tous des points de vue différents mais il faut vraiment être sûr de soie pour affirmer que notre méthode est meilleur que celle des autres…
        enfin pour conclure: Je comprends vos idées et le but de cet article mais je pense qu’il ne faut pas généraliser.

        • Olivier 22 août 2016 at 9 h 41 min #

          La définition de la maltraitance est bien plus large que vous ne l’imaginez. Nous sommes tous maltraitants et nous sommes tous, un jour ou l’autre, victimes de maltraitance. La plupart du temps sans en prendre conscience. Il n’y a rien de gravissime. Il faut juste le savoir, pour essayer d’améliorer son comportement. L’attitude d’un enfant peut incroyablement changer en fonction des mots que vous choisissez ou du ton que vous prenez, ce serait dommage de s’en priver.

  11. Nanou 17 août 2016 at 11 h 56 min #

    LE « c’est moi qui commande » lui exprime qu’il n’a rien à dire, qu’il ne peut rien y changer, qu’il y a une autorité supérieure qui décide.
    Alors si c’est vrai dans des situations où il se met en danger ou met en danger les autres. Il y a des tas de situations où c’est pour notre confort personnel que nous ne voulons pas qu’il fasse certaines choses.
    Nous exerçons à sa place la responsabilité sociétale en attendant qu’il soit assez grand pour l’exercer seul.
    Nous devons certes lui apprendre les interdits et qu’il y a des rêgles, qu’il ne peut pas tout avoir … mais nous devons lui expliquer pourquoi. Son rôle a lui est de contester nos rêgles car comme ça il apprend leurs limites. soi-dit en passant cela permet aussi de remettre en question certaines rêgles qui ne sont plus d’actualité ou qui n’ont pas de fondement réel (si ce n’est la tradition). Nous aussi nous pouvons changer les choses au niveau de l’état et de ses rêgles: à une certaine époque l’avortement était interdit, les femmes n’avait ni le droit de vote ni même celui de posséder un compte en banque, heureusement que certains « enfants » devenus grands se sont rebellés contre cela et ont fait changer les rêgles.
    Dans un livre d’Alice Miller que je viens de finir, elle m’a rappelé l’histoire « Les vêtements du roi », celui-ci se fait avoir par deux filous qui lui font croire qu’ils ont tissé des vêtement somptueux mais qui ne peut être vus que par les gens compétent, les ignares ne peuvent les voir, forcément personne ne veut reconnaitre qu’ils ne voient rien, seul un enfant est assez spontané pour dire que le roi est nu.
    Croire que les adultes sont mieux que les enfants est là le problème. Car les adultes sont « punis » quand il font une bétise mais combien d’adultes ne suivent pas les rêgles et apprennent à les contourner pour pas se faire prendre (ex: diminuer sa vitesse quand on sait où se trouve le radar).

    je vais m’arrêter car effectivement c’est un vaste débat et ça touche plusieurs aspects de la vie.
    Personne ne détient LA vérité mais la remise en question est essentielle pour avancer.
    Nous avons toujours à apprendre et même des enfants.

    • Olivier 17 août 2016 at 12 h 02 min #

      Merci d’avoir compris le fond de ce billet !

  12. Bertrand 21 octobre 2016 at 17 h 56 min #

    « Votre réaction ne se fait pas attendre : « Tu m’obéis tout de suite, ou je t’emmène à l’école en pyjama »

    Vous analysez cette réaction comme « L’affirmation de l’autorité de l’adulte ».
    C’est un point de vue, mais c’est également une façon d’expliquer à l’enfant les conséquences de ses actes.
    « L’école ferme ses portes à 8h30. Tu dois aller à l’école. Si tu ne t’habilles pas, tu devras donc aller à l’école en pyjama. »
    Je dis que c’est une façon de lui expliquer les conséquences de ses actes parce qu’en lui disant cela, l’adulte se retire de l’équation : si l’enfant ne veut pas s’habiller le matin, c’est sa décision et le parent lui signifie que lui, parent, n’est pas là pour le forcer à s’habiller. Il lui explique simplement qu’il devra aller à l’école en pyjama.
    J’ai du mal a y voir de la violence éducative.

    • Olivier 21 octobre 2016 at 18 h 49 min #

      J’imagine que tu mesures la différence entre la phrase issue du billet que tu mets en exergue et celle que tu proposes. En terme d’énoncé et d’intonation. La nuance est fine, mais ces deux phrases ne résonnent pas de la même manière pour moi…

  13. Raymond SAMUEL 5 juillet 2017 at 13 h 59 min #

    Bonjour,
    Simplement, mais c’est important) pour dire que je me questionne sur le moyen qui aurait le plus de chances de faire avancer la connaissance :
    – l’accompagnement en douceur?
    – mettre les pieds dans le plat ?
    Dire que chacun fait comme il veut, que les parents et les enfants sont tous différents, que c’est pas possible de faire autrement à cause des contraintes, qu’on voudrais bien vous y voir…etc. à mon avis ça n’a pas beaucoup de chances de faire avancer le schmilblic.
    J’aurais tendance à expliquer (ou plutot faire expliquer par des personnes reconnues pour leur humanité) que démontrer à son enfant qu’il doit s’habiller avant telle heure parce qu’il doit etre à l’école à l’heure X, c’est lui apprendre la dépendance et non l’habitude de comprendre la vie et son environnement. C’est lui apprendre la soumission à tout ce qu’il n’a pas le pouvoir de changer, c’est à dire à tout…Apprendre l’obéissance à un enfant c’est l’amputer de ses compétences. C’est l’engager sur la voie qui fait les moutons, ou bien les révoltés, selon le bagage génique reçu et l’environnement procuré par les parents et autres.

    • Olivier 5 juillet 2017 at 15 h 03 min #

      Merci de votre commentaire. Il me semble que vous confondez éducation et soumission, non ? Pour moi, le premier permet d’accompagner sur le chemin escarpé de la vie pour aboutir à l’autonomie quand le second n’a que pour objectif d’asservir.

  14. Ron 15 octobre 2018 at 13 h 25 min #

    Bonjour
    il y a bien des éléments avec lesquels je suis d’accord mais alors mettre ces 2 phrases dans la violence volontaire:
    « je ne t’aime pas quand tu fais ça »
    « Tu l’as bien cherché, maintenant ne viens pas te plaindre »
    c’est vraiment exagérer la parentalité positive, voilà comment on en arrive à des extrêmes.
    N’est-ce pas normal de faire comprendre à son enfant que ce qu’il a fait n’est pas bien, n’est-ce pas le responsabiliser ?
    Aimez-vous votre enfant lorsqu’il tape sa soeur ?
    Allez-vous rassurer et câliner votre enfant lorsqu’il est tombé du mur sur lequel il était en équilibre et où vous lui aviez dit de ne pas aller ?
    Moi perso je n’en suis pas capable…

    • Olivier 15 octobre 2018 at 17 h 42 min #

      Je ne pense pas que l’amour qu’un parent porte à son enfant soit conditionnel. On aime son enfant, même s’il fait des erreurs. Remettre en question l’amour qu’un parent porte à son enfant fragilise plus qu’il ne responsabilise à mon sens

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  2. 10 astuces pour gérer les crises des enfants - Blog Je suis papa ! - 4 février 2016

    […] Pour aller plus loin, vous pouvez aussi lire : 7 situations de violence éducative ordinaire (dans lesquelles on peut tous se reconnaître) […]

  3. Parents : quelles punitions pour nos enfants ? - Blog Je suis papa ! - 4 février 2016

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  4. Education - williwawalba | Pearltrees - 9 février 2016

    […] L'introduction des tablettes dans les classes a déjà permis d'ouvrir le champ des possibles et surtout de pousser les limites usuelles des apprentissages en apportant sens, complexité et inédits[1] dans le quotidien des classes. L'évaluation ô combien décriée, stigmatisée et remise en question dans les systèmes éducatif français et internationaux, pourrait peut-être tirer parti de ce complexe inédit apporté par les tablettes. 7 situations de violence éducative ordinaire. […]

  5. Non, c'est non ! - Blog Je suis papa ! - 10 mars 2016

    […] 7 situations de violence éducative ordinaire (dans lesquelles on peut tous se reconnaître) […]

  6. 7 situations de violence éducative ordin... - 29 avril 2016

    […] Soyons clairs : nous souhaitons tous le meilleur pour nos mômes. Pourtant, ils nous arrivent de déraper dans notre manière de les éduquer, parfois même sans en prendre conscience. Pour de multiples raisons, qui tiennent aussi bien de l’énervement passager que de la reproduction de modèles éducatifs dans lesquels nous avons-nous même été bercés.  […]

  7. Quand Canal+ fait passer les pères pour des tocards ! - Blog Je suis papa ! - 4 mai 2016

    […] 7 situations de violence éducative ordinaire (dans lesquelles on peut tous se reconnaître) […]

  8. 10 trucs que les enfants adoptés n’ont pas envie d’entendre (mais alors, pas du tout) - Blog Je suis papa ! - 24 août 2016

    […] 7 situations de violence éducative ordinaire (dans lesquelles on peut tous se reconnaitre) […]

  9. Ressources & associations pour l'éducation | Pearltrees - 8 décembre 2017

    […] ne s'accompagne d'aucune sanction pénale. . ● Des conséquences parfois dramatiques. 7 situations de violence éducative ordinaire. Violence éducative ordinaire. Si le concept fait naître des tensions chez les parents, c’est […]

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