Congé parental : les pères veulent changer les couches de bébé !

Congé parental : Valérie Pécresse dérape

Mais qu’arrive-t-il donc à Valérie Pécresse ? Comment une femme aussi intelligente peut-elle s’enliser dans des propos aussi sexistes ? Comment la députée qu’elle est a-t-elle pu décrocher ainsi de la réalité du terrain ?

C’est sur le thème de la réforme du congé parental que les mots ont probablement dépassé la pensée de cette femme politique pourtant aussi aguerrie que lucide. Enfin, on espère !

Congé parental : Valérie Pécresse dérape

Dans une interview donnée au Journal des femmes, l’ancienne ministre s’en prend au projet de réforme du congé parental présenté par le gouvernement. Elle dénonce notamment un projet de loi manquant de pragmatisme.

Pour elle, les papas ne trouveront pas nécessaire de prendre les 6 mois de congé parental envisagés, après la naissance de leur premier enfant.

Pourquoi ? « Pensez-vous que le plus grand nombre sont les pères qui ont envie de changer des couches ? », répond la députée tout de go. C’est là que je manque de m’étouffer !

Nan mais c’est vrai quoi ! Les mecs ont autre chose à foutre que de changer les couches de leurs mômes et d’ailleurs, ils n’ont aucune envie de mettre les mains dans le caca. Pour ça, il y a bobonne maman.

Non contente de ce premier éclair de génie, Valérie Pécresse enchaîne, perpétuant par la même occasion ces schémas sociaux éculés et cette vision archaïque de la paternité dont notre société peine à sortir.

« Il faut certes inciter les pères à prendre un congé mais ils le prendront d’autant plus volontiers avec un enfant un peu plus âgé, et cela sera socialement mieux vécu par les entreprises de voir les pères s’impliquer dans des problèmes un peu plus compliqués. »

Ben oui, un papa c’est fait pour jouer au foot avec bébé, pas pour s’occuper du quotidien. Et que dira le patron de papa s’il apprend que son salarié passe du temps à changer son enfant, à lui donner le bain et à soigner ses érythèmes. Beurk !

Comment dire ? Les bras m’en tombent.

Congé parental : et si on débattait avec lucidité

Le texte modifiant le congé parental n’est certes pas parfait. Comme tous les projets de société, il mérite d’être discuté. Faut-il pour autant accepter de tout entendre ? Vous connaissez ma réponse.

Visiblement, trop affairée à parcourir les couloirs de l’Assemblée Nationale, Valérie Pécresse a oublié de rencontrer ces millions de jeunes papas, curieux de leurs enfants, avides de passer du temps avec eux, mais malheureusement contraints à y renoncer pour de multiples raisons, qui n’ont rien à voir avec celles avancées par la députée UMP.

Valérie, je ne te salue pas, j’ai les mains pleines de caca.

Edit 09/07/2013, 17h : réponse immédiate de Valérie Précresse sur Twitter. La députée botte en touche !

twitter congé parental

Edit du 09/07/2013, 19h : la députée Catherine Coutelle, par ailleurs Présidente de la Délégation de l’Assemblée Nationale aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes, réagit aux propos de Valérie Pécresse dans un communiqué à lire ici.

Et vous ? Que pensez-vous des propos tenus par Valérie Pécresse ? Votre avis sur le projet de réforme du congé parental ?

Photo Credit: lucianvenutian via Compfight cc

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Article posté le 9 juillet 2013 et mis à jour le 16 mai 2019 dans Questions de parents

Par Olivier

Papa d'une petite fille belle comme le jour, Olivier est aussi le fondateur de Je suis papa en 2011. Même si sa photo de profil ne le montre pas, sa paternité lui a fait perdre tous ses cheveux, mais pas le moral. C'est déjà ça ! Convaincu que les enfants sont l'avenir du monde, il milite pour faire entrer Peppa Pig à l'Elysée. Un poil lunatique, il retrouve en général le sourire autour d'un bon verre de vin. 


46 COMMENTAIRES

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  1. celine
    le

    Oui propos hors sujet et pas au goût du jour, pour autant je suis contre ce projet de loi pour la simple et bonne raison qu’on nous impose encore quelque chose où on devrait avoir le droit de choisir !!!

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  2. Anaïs
    le

    je suis un peu sidérée par ces propos. Elle devrait effectivement interroger les papas actuels qui s’occupent avec plaisir de leur bébé dès la naissance et qui s’impliquent, beaucoup plus qu’avant, dans la vie de famille.

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  3. So
    le

    Que répondre face à une telle bêtise? Ah oui, ici c’est mon mari qui se met à 80% pour s occuper de notre bébé toute une journée et faire les allers retours à l école pour éviter à la grande de manger à la cantine!!!! Il doit aimer avoir les mains dans le caca 😉

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  4. marjorie
    le

    perso ici heureusement que le papa a été impliqué des la naissance, ne pouvant pas bouger il n’a pas eu le choix que de les mettre ses mains dans le caca. les tout 1ers de notre bébé ont été pour son papa, et encore aujourd’hui a presque 6 mois, pour rien au monde mon chéri ne voudrait donner sa place à l’heure du bain ou des couches, euh le coucher si là y’a plus de papa 😉
    bref de toute façon je crois que question congé mat ou parental y’a beaucoup de choses a revoir chez nous …

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  5. lili
    le

    encore une qui aurait du se taire! autant je suis contre le congé parental, autant je me bats pour que la loi ne passe pas dans ses conditions, autant, je la trouve complètement ignorante du quotidien des familles!

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    • Olivier
      le

      Elle a manqué une sacré occasion de se taire pour le coup. D’autant que ces propos décrédibilisent complètement la parole des détracteurs de ce projet de loi !

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  6. mauvais père
    le

    Je trouve qu’on fait un mauvais procès aux propos de Pécresse.
    Y a rien d’épanouissant a changer une couche. Je m’excuse.
    Être parent ne s’arrête pas aux trois ans de l’enfant.l’idée d’ouvrir le cp est intéressante mais ce qui m’intéresse dans ses propos c’est quand elle souligne que ce n’est pas socialement acceptable en entreprise de s’arrêter pour s’occuper de son môme, je prendre le congés enfant malade…
    Et ça rien n’est évoqué dans le projet du gvt.
    Après qu’elle pense que le père est plus a même de s’occuper de problème d’Ado, je m’en fous. Tant qu’elle ne m’empêche pas de m’impliquer comme je le veux

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    • Olivier
      le

      Sur le fond de la question, je suis d’accord avec toi. Ce projet est bancal sur plusieurs aspects. Sur la forme, Valérie Pécresse s’est vautrée. On ne dit pas que les pères pourront « s’impliquer dans des problèmes plus compliqués » sans prendre le risque de passer pour quelqu’un qui n’a rien compris à la question du congé parental et de l’évolution du schéma familial.
      J’ai honte pour elle…

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      • mauvais père
        le

        Plus compliqué dans l’éducation des enfants oui. Le reproche qu’on peut lui faire c’est de ne pas vouloir bousculer le consensus social qui fait qu’un père n’est pas légitime pour s’occuper de son gamin avant 3 ans.
        C’est pragmatique mais pas très courageux.

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        • Olivier
          le

          Pour moi, les mamans comme les papas sont légitimes pour changer les couches et s’impliquer dans des problèmes plus compliqués. De nombreux papas réclament d’ailleurs plus de temps pour prendre cette place qu’on leur refuse. Dommage que Valérie Pécresse n’entende pas l’appel de ces nouveaux pères.
          Et le pire dans ces propos, c’est l’image de la mère/femme qu’ils véhiculent en filigrane.

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          • mauvais père
            le

            Parce que tu crois que faire une proposition de loi sans tenir compte des freins sociologiques et vraiment une écoute des aspiration des pères ?
            Je ne sais pas par qui je me sens le plus méprisé

          • Olivier
            le

            Bien sur qu’il faut tenir compte des freins sociologiques… Mais pas les subir. Un projet de loi sert à intégrer des évolutions voire à les impulser, pas à (ré)affirmer une vision archaïque.
            Et encore une fois, je dénonce des propos sexistes, pas la nécessité d’un débat autour de ce projet de loi.

          • Mauvais Père
            le

            C’est étrange, je ne lis pas du tout ca dans l’interview. A moins de virer Umpiste refoulé, elle dit qu’il ne faut pas réduire le congé parental à des pères qui changent les couches

    • Agnès
      le

      Pour les mamans non plus il n’y a rien d’épanouissant à changer les couches ! Alors je ne vois pas pourquoi on devrait systématiquement l’épargner aux papas. Le fait d’obliger les deux parents à partager le congé parental, sur l’idée de l’égalité ce serait une bonne chose parce que, quoi qu’on en dise, c’est parfois aussi en changeant les lois qu’on fait bouger les mentalités.

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        • Agnès
          le

          Cela dit, j’ai lu l’interview complète et il y a des points sur lesquels je pense qu’elle a raison. Dommage que les politiciens ne réfléchissent pas un peu plus à la forme avant d’ouvrir la bouche (et encore, ça reste pas mal dans le ton de son parti, il y en a qui arriveraient à couler leur parti rien qu’avec un tweet…)

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          • Olivier
            le

            Tout à fait, tout son discours n’est pas à jeter. Certains arguments pourraient même enrichir le débat. Mais voilà, le fond n’excuse pas la forme, et la forme laisse planer le doute sur les valeurs qui sous-tendent le fond.

    • Olivier
      le

      Ces propos montrent une nouvelle fois à quel point le combat que vous menez avec obstination va être long. Mais il est indispensable !

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  7. Simon Dor
    le

    Trois ans de congé parental, ça me semblait quelque chose d’intéressant. Mais il fallait être une femme pour l’avoir, c’est ça? Ici, au Québec, on est plus égaux (le père peut prendre le congé parental à peu près en entier) mais moins généraux (1 an seulement).

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    • Olivier
      le

      Non, les hommes y avaient le droit aussi, mais ne le prenaient pas pour diverses raisons. Du coup, les femmes y avaient recours, prenant du même coup un risque important en terme de retour à l’emploi 3 ans après.
      Raison pour laquelle le gouvernement propose un congé de 3 ans réparti entre hommes et femmes, avec 6 mois dévolus aux hommes uniquement. S’ils ne le prennent pas, cette partie du congé est perdue.

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    • Agnès
      le

      Si ce sont le plus souvent les femmes qui le prenaient c’est en grande partie parce qu’elles sont moins payées, et que par conséquent la perte de salaire est plus acceptable si c’est la mère qui le prend que si c’est le père. Un autre frein est l’absence de soutien à l’allaitement après la reprise du travail : les pause pour tirer son lait (ou allaiter quand c’est possible) ne sont pas rémunérées, et on n’a pas toujours un lieu pour le faire.
      Et bien sûr, on demandera beaucoup plus à un homme si son travail ne lui manque pas. Alors qu’à une femme, non seulement on ne demandera pas mais beaucoup seront même scandalisés si elle affirme son envie de reprendre le travail plutôt que son regret de devoir confier son enfant à quelqu’un d’autre…

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  8. Guillaume C.
    le

    Bonjour,
    J’ai moi aussi été choqué par la sortie de V. Pécresse (suffisamment en tout cas pour oser poster un message pour la première fois sur ce blog que je parcours depuis maintenant un bon moment). Pour autant, je trouve qu’elle reflète parfaitement les différentes pensées que l’ont peut actuellement trouver dans les livres, sur internet ou à la tv.

    Je suis papa d’une petite fille de 4 mois et demi, je m’occupe d’elle tout autant que ma compagne (couches, bains, biberons, …) et je suis régulièrement ulcéré de voir que lorsqu’on parle dans les médias de bébés de mois de 3 ans, on parle uniquement aux mamans. Comme si les pères n’étaient pas concernés par leur jeune enfant.

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    • Olivier
      le

      Exactement. J’en parlais d’ailleurs dans un précédent billet : c’est Acrimed qui a dernièrement dénoncé les propos tenus dans le magazine Famili.
      Bref, pas facile de sortir de ces stéréotypes qui nous étouffent !
      Et tu es le bienvenu sur ce blog pour commenter tant que tu veux 😉

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  9. Agnès
    le

    La réforme du congé parental telle qu’elle est envisagée n’est pas bonne : entre la durée d’un an et l’obligation du chercher du travail ou suivre des formations, alors que les congés parentaux sont souvent pris à cause d’un problème de mode de garde qui ne se résoudra pas tout seul, c’est aberrant. Obliger l’autre parent à en prendre la moitié alors que les salaires sont loin d’être égaux entre hommes et femmes, c’est aussi une erreur.
    Pour autant, changer les congés liés à la parentalité me semble une bonne façon de faire changer les mentalités. Mais alors il vaudrait mieux rendre le congé paternité obligatoire, et plus long, pour que la jeune maman puisse se reposer vraiment les premières semaines (ça devrait être contrôlé, comme pour les arrêts maladie…). Il faudrait aussi que la préparation à l’accouchement soit une préparation à la parentalité, avec des séances obligatoires pour les futurs pères (qu’ils pourraient prendre sur leur temps de travail comme les futures mères), sur des thèmes comme le changement des couches, la berceuse, le portage (pour qu’ils appréhendent moins), l’allaitement sans l’opposer avec la place du père (avec des témoignages plutôt que des arguments), les pics de croissance, des pistes sur l’évolution du « monde vu par bébé », bref, tout ce à quoi on ne pense pas tant qu’on n’a pas un bébé qui pleure en face de soi. Mais bon, là, je rêve complètement, je le sais bien…

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    • Olivier
      le

      La création d’un congé paternité plus long et obligatoire aurait aussi un autre mérite : celui de donner le goût de la parentalité aux pères, en leur permettant de s’impliquer totalement.
      Aujourd’hui, ce congé est tellement court que les pères ne voient que le plus difficile de cette belle période : les premiers jours déstabilisants. Du coup, ils n’ont aucune envie de remettre ça pendant plusieurs mois…
      Mais veut-on réellement que les pères prennent pleinement la mesure de leur rôle ?

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  10. couches bébé
    le

    les papas ont aussi le droit de changer le couche de bébé, de vivre l’arrivée de bébé à plein temps, pas seulement lui donner un bizou quand il est déjà endormi.

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