Comment j’ai pris conscience de la place du père dans notre société

19 Fév 2018

la place du père en France

Il faut que je vous fasse un aveu : je suis un grand naïf. De ceux qui prennent pour argent comptant ce qu’on leur raconte, pour peu que l’histoire soit plausible.

Éduqué dans une vision égalitaire des rapports entre hommes et femmes, il a fallu que je sois directement confronté aux injustices auxquelles sont soumises ces dernières pour en prendre réellement conscience. Et il en va de même avec la question de la place du père.

C’est donc convaincu qu’hommes et femmes pouvaient pleinement et égalitairement épouser leur rôle de parent s’ils le souhaitaient, que j’ai abordé ma future paternité, il y a 7 ans. Avant d’être rattrapé, comme de nombreux autres couples, par une réalité plus décevante.

La place du père en 8 situations

Tout a commencé lorsque ma femme est tombée enceinte. On attendait tellement ce moment. Pour nous, les choses étaient claires. Je participerai à chaque étape de la grossesse avant de prendre ma place de père. Et ma femme mettrait tout en œuvre pour m’inclure dans son parcours. Ce qu’elle a évidemment fait, avec amour et prévenance.

1 | L’échographie : « installez-vous là-bas sur le tabouret pendant que j’examine madame »

Bien décidé à ne louper aucune occasion de voir bébé grandir, j’ai participé à toutes les échographies. Et tant pis pour les jours de congé qu’il fallait systématiquement poser. Je me souviens parfaitement de ce jour ou celle que j’imaginais être une interne m’invita à m’asseoir sur un tabouret, à l’autre bout de la pièce, à l’exact opposé de la table d’échographie. Estomaqué, je ne su quoi répondre. Il aura fallu toute la finesse de ma femme pour lui rappeler, avec courtoisie, que le type qui l’accompagnait n’était pas le chauffeur, mais bien le père de l’enfant. Et qu’à ce titre, il était tout à fait autorisé à participer à l’examen.

2 | Chez la sage-femme : « mais pourquoi ne répond-elle pas à mes questions ? »

Comme pour les échographies, pas question de laisser ma femme seule chez la sage-femme. Trop soucieux de comprendre, pas envie de perdre une seule miette de l’histoire que nous étions en train de construire, ensemble. Il se trouve que je suis de nature curieuse. Dès qu’une question me passe par la tête, je la pose. La sage-femme n’a donc pas échappé à mes salves d’interrogations, même les plus déconcertantes. Si son silence m’a d’abord poussé à l’imaginer trop perdue dans ses réflexions pour me répondre, j’ai finalement compris – expériences à l’appui – qu’il fallait que ma femme répète mes questions pour qu’elles soient entendues. Comme si je n’existais pas. Dur.

3 | Chez la sage-femme (bis) : « mettez-vous dans le petit coin pendant la séance ! »

Enfin, les travaux pratiques. J’étais tellement heureux de constater que les semaines qui nous séparaient de la naissance de notre fille fondaient comme neige au soleil que j’étais prêt à passer l’éponge sur les questions sans réponse pour profiter des moments à venir. C’est donc requinqué que j’ai abordé la première séance de sophrologie en groupe. 4 ou 5 futures mamans étaient présentes. Aucun papa. La sage-femme s’est tout de suite montrée ennuyée et finit par me proposer le coin de la pièce pour m’installer, prétextant un manque d’espace. Ce jour-là, je me suis senti humilié. Et si je ne lui ai pas renvoyé ce que je pensais de son accueil, c’est autant par stupéfaction que pour ne pas entacher la relation qu’elle entretenait avec ma femme. Bref, je n’ai pas assisté aux dernières séances.

4 | À la maternité : « vous pourrez dormir dans le fauteuil ! »

À l’époque, la maternité du CHU de la ville dans laquelle j’habite ne donnait pas envie à grand monde d’y passer des vacances. Je le savais, mais j’imaginais quand même qu’une place pour le père était prévue, afin de permettre aux jeunes parents de vivre de précieux premiers instants en famille. Quand je suis entré dans la chambre réservée à l’intention de ma femme, j’ai compris que je n’y dormirai pas. Parce que l’espace libre n’offrait qu’à peine la possibilité de contourner le lit médicalisé, et qu’un fauteuil en skaï, digne revenant des années 70, m’était réservé en guise de lit. Bref, C’est comme ça que nous avons décidé qu’il était plus sage que je me repose à la maison, plutôt que de me fatiguer inutilement là-bas. Depuis la maternité a été rénovée. Les mentalités aussi. « Toutes les chambres sont individualisées et disposent d’un lit accompagnant afin de redonner toute sa place au conjoint », raconte la plaquette. Merci.

5 | Dans les toilettes des femmes : « mais, qu’est-ce que vous faites là ? »

Les toilettes publiques… personne ne s’en rend vraiment compte, mais y pénétrer pour changer son bébé relève du vrai moment de solitude, quand on est père. Parce que la plupart des tables à langer sont installées dans les espaces réservés aux femmes. Bref, à chaque couche sale, mieux vaut faire profil bas et agiter bébé bien distinctement comme un drapeau blanc pour éviter les regards menaçants de femmes visiblement outrées qu’un homme ose franchir la sainte ligne de démarcation. Aujourd’hui encore, il m’arrive de pénétrer dans les toilettes pour dames à la demande de ma fille, au cas où elle aurait besoin de moi. Mais j’avoue ne jamais m’éloigner de la porte de la sortie. Un coup d’escarpin est si vite arrivé !

6 | À l’école : « 16h, c’est l’heure des mamans ! »

Soyons clairs : j’adore l’école de ma fille et je respecte infiniment les professionnels qui y travaillent. Preuve que je ne suis pas rancunier. Car le premier rendez-vous auquel nous avons été invités pour découvrir les lieux en compagnie de la directrice a vite pris une trajectoire lunaire. C’est lorsqu’elle a évoqué l’heure des mamans que tout a dérapé. Souvenez-vous : je suis naïf et curieux. Mais que pouvait bien recouvrir un intitulé aussi étrange ? Je crois que c’est au moment où je lui ai très sincèrement demandé s’il s’agissait d’une activité spécifique qu’elle a pris conscience de sa bourde. « Non, l’heure des mamans, c’est l’heure de la sortie. » Depuis lors, j’observe la foule des parents devant la porte de l’école. Des mamans certes, mais aussi beaucoup de papas. Plus qu’elle ne l’imagine, a priori.

7 | À l’école (bis) : « mais pourquoi ils ne m’ont pas appelé ? »

Chaque année, nous remplissons un dossier scolaire long comme le bras, dans lequel les numéros de téléphone d’urgence doivent clairement être énoncés. D’un commun accord, nous avons décidé d’indiquer prioritairement le mien. Car mon activité professionnelle actuelle me permet de répondre aux appels personnels et de m’échapper si nécessaire. Celui de ma femme est donc mentionné en second. Puis vient celui des grands-parents. Alors, pourquoi le personnel s’évertue-t-il à appeler la maman, comme ce fût le cas il y a encore peu ? Nul ne peut le dire.

8 | Au boulot : « comment ça, tu n’es pas dispo ce soir ? »

J’occupais à l’époque un poste de consultant dans une agence de communication. Cadre et membre du comité de direction, je devais me montrer disponible – et je l’étais -, même si rien n’était officiellement exigé. Les choses ont commencé à se gâter à la naissance de ma fille, sans que j’en prenne totalement conscience. S’il m’arrivait fréquemment de m’organiser pour assurer des contraintes professionnelles en soirée ou le week-end, je n’avais plus la possibilité de me montrer disponible à la minute. Le principal objectif de mes journées consistait alors à optimiser mon planning pour finir le job dans les temps. Terminées les pauses clopes avec les cadres, finis les apéros au pied levé après le boulot, exit les réunions de dernière minute non programmées. Parce que la nounou n’attend pas et qu’il est important de respecter le rythme d’un enfant. Sans le savoir, je signais mon passeport pour une lente mais inéluctable exclusion des organes de décision (ce qui, reconnaissons-le, étaitprobablement la meilleure chose qu’il me soit arrivée professionnellement depuis longtemps).

Pour bien comprendre cet article

Ceux qui lisent régulièrement ce blog ou la page Facebook qui va avec savent que mon intention n’est pas de diviser. De placer les mamans contre les papas. Ou de pointer les errements de ceux qui ont du mal à s’extraire, souvent malgré eux, des représentations qu’on nous transmet insidieusement depuis des dizaines d’années. Et dont nous sommes tous, sans exception, les victimes et parfois même les relais.

Cet article a plutôt pour objet de faire réfléchir les uns et les autres. D’apporter un modeste témoignage qui contribuera, peut-être, à sa hauteur, à faire bouger les lignes de nos représentations.

Reste que, pour moi, on n’avancera pas sur la question de l’égalité entre hommes et femmes sans résoudre celle de la place du père. Non, les femmes n’ont pas à être plus sollicitées que les hommes. Non, elles n’ont pas à endosser le rôle de parent par défaut.

De là à croire que certains freinent des quatre fers en coulisse pour empêcher tout changement, il n’y a qu’un pas.

C’est en tout cas la raison pour laquelle je milite pour l’allongement du congé paternité, et que je me réjouis des récentes avancées sur le sujet, même si les conclusions des réflexions lancées n’ont pas encore été rendues publiques. Elles sont en tout cas attendues avec impatience.

Et vous ? Que pensez-vous de la place du père dans notre société ? Avez-vous vécu des situations similaires ?

D’autres articles ?

Crédit photo : Shutterstock

47 réponses to “Comment j’ai pris conscience de la place du père dans notre société”

  1. doublerose 19 février 2018 at 12 h 29 min #

    Merci pour cet article.
    On parle souvent de discrimination des femmes dans le milieu professionnel quand elles deviennent mère mais le pendant à cette discrimination est cette manière de considérer que devenir père ne changera rien à la vie professionnelle d’un homme. Paparose avait pris un 80% pour passer du temps avec ses enfants, il a eu droit à un « ta femme ne peut pas le prendre? » (alors que ses collègues masculins qui ont un 80% pour faire des activités sportives sont valorisés). Même combat quand il prend un congés enfant malade…on en a 6 chacun, c’est chacun son tour en fonction des agendas, mais ce n’est qu’à lui qu’on demande « ta femme ne pouvait pas? ».
    Si en tant que mère, je dis « je pars plus tôt ce soir, il y a le spectacle de l’école », je n’ai aucune remarque, ce qui n’est pas son cas.
    etc. etc.
    ce n’est qu’en considérant que l’un comme l’autre peut ET être professionnel ET être parent qu’on obtiendra une réelle égalité.

    • Olivier 19 février 2018 at 13 h 32 min #

      Ton com’ montre que les exemples ne manquent pas. Et je partage pleinement ta conclusion !

  2. Mellisse 19 février 2018 at 14 h 07 min #

    Oh oui je partage pleinement votre article quand ma petite puce est née j’ai eu le droit à la réflexion quoi mais ton mari ce lève aussi la nuit? Moi je n’ai jamais fait lever mon mari. et bien moi je considère qu’on a fait un enfant à 2 et que nous étions totalement d’accord tout les 2 les papas ont autant de responsabilité que les mamans. ou bien mais c’est ton mari qui la met en pyjama (je termine à 9h) et il la couche mais il y arrive? N’importe quoi enfin heureusement les blogs comme le votre font aussi évolué les mentalités. aujourd’hui la plupart des enfants sont réfléchis et désiré et les mamans travaille autant que les papas et il me semble que les papas prennent autant de plaisir que les mamans à s’impliquer dans la vie de famille

    • Olivier 19 février 2018 at 14 h 10 min #

      Oui, tu as raison. Et – si je n’aime pas trop en parler – ce blog existe en effet aussi pour contribuer à faire changer les mentalités, petit à petit, en abordant des sujets moins légers que les autres, comme celui-là par exemple.

  3. Cycy 19 février 2018 at 14 h 55 min #

    Idem à la maternité. Un accouchement qui a duré 19h, il a fallu batailler pour que le papa puisse avoir un coussin pour se reposer en attendant bébé. Et une fois arrivés dans la chambre avec bébé, rien n’était prévu pour que le papa reste. Une énorme déception…

    • Olivier 19 février 2018 at 15 h 04 min #

      Je trouve ça dingue que personne au sein des maternités ne se mobilise pour faire avancer les choses… c’est pourtant tellement important.

    • Olivier 28 février 2018 at 15 h 25 min #

      Il n’y a plus qu’à espérer qu’une prise de conscience fasse peu à peu changer les choses

  4. Hélène 19 février 2018 at 15 h 35 min #

    L’histoire de la sage-femme me choque.
    Pour nous ça à été l’inverse avec elle.
    Elle programmait même des séances de préparation le samedi pour permettre aux papas d’être présents. Ces séances étaient destinés à leur expliquer comment soutenir leur femmes lors de l’accouchement et l’occasion de rassurer les papa sur leur place de papa.
    À la maternité au moment de la naissance on lui a proposer de récupérer la petite, il a été le premier à la tenir dans ses bras !
    Même si en effet il ne pouvait pas dormir avec nous dans la chambre…

    • Olivier 19 février 2018 at 15 h 37 min #

      Comme quoi, tout est affaire de personne avant tout !

  5. Elo 19 février 2018 at 18 h 00 min #

    Bonjour,
    Nous le gyneco ça a été limite le contraire à féliciter constamment le papa car j’etais enceinte… par contre à la maternité il a pu être présent à chaque moment, il a pu pratiquer l’accouchement à quatre mains car notre sage femme (un homme adorable) a été au top : du coup il a été le premier à tenir notre petit homme dans ses mains 🙂 et il a pu rester dormir avec moi. La crèche est top, comme papa bosse de nuit ils savent qu’il est plus dispo que moi la journée et l’appellent en priorité. Par contre c’est vrai qu’on a encore des remarques de certains mecs quand je suis pas dispo et que papa va chez le rdv chez la pédiatre du genre « ben ta femme elle pouvait pas l’emmener » ou quand je bosse plus tard et que papa gère le’ bain le repas et le coucher sans problème bien sûr et qu’on nous dit « mais ça va aller ? » Ou à lui qu’on lui demande « ça va tu tiens le coup tu y arrives? » euh oui c’est un grand garçon. Là bébé 2 est en route et il y a encore des remarques au papa du genre « ben tu vas encore devoir prendre du temps sur ton temps perso… » ou « dans quoi tu très embourbé » euh oui ça prend du temps et oui je rassure tout le monde papa aussi voulait de bébé 2… et il adore passer du temps avec son premier fils 🙂

    • Elo 19 février 2018 at 18 h 02 min #

      Ah et j’oubliais ! Sans compter les remarques parce qu’en plus de s’occuper de bébé mon mari aide aux tâches ménagères !

      • Olivier 19 février 2018 at 18 h 46 min #

        Manquerait plus qu’il trouve le temps de s’occuper de toi, ce serait le bouquet 🙂

        • Elo 20 février 2018 at 16 h 57 min #

          exactement lol et en plus il le fait ! c’est dingue malgré ce qu’on veut nous faire croire il existe encore des maris et papa attentionnés et gentils 🙂

          • Olivier 20 février 2018 at 17 h 00 min #

            Jolie déclaration d’amour en tout cas 🙂

    • Hélène 7 mars 2018 at 12 h 08 min #

      Ah mais oui ! Je me souviens que 3 jours après la naissance de ma fille je suis aller chez l’esthéticienne pour me détendre et après m’avoir féliciter, quand elle a compris que la petite était toute seule avec son père ça l’a choqué! Comme s’il n’était pas capable de s’occuper d’elle…
      Elle m’a dit : Vous n’avez pas peur ?!
      Je lui ai répondu que si je n’avais pas confiance en mon conjoint pour s’occuper de notre enfant nous n’aurions pas fonder de famille !!

      • Olivier 7 mars 2018 at 15 h 06 min #

        Holala… du grand n’importe quoi. Mais la réponse est aussi simple que bien trouvée 🙂

  6. Vinz 20 février 2018 at 12 h 59 min #

    Merci pour cet article
    A l’heure de « balance ton porc » et autre « me too » (bien nécessaires evidemment). Il est (tristement) plaisant de faire la lumière sur ce genre de situation…
    Trop souvent le papa est considéré comme tout à fait secondaire.
    L’accouchement de ma dernière a duré 24h00: salle de pré travail, un fauteuil articulé qui ne se dépliait que de moitié (impossible de s’allonger sans glisser et finir par terre), salle d’accouchement (7h00 passées à l’intérieur)… une chaise digne d’une salle de classe… rien à manger, rien à boire, pas un oreiller… rien.
    Examens gynécologiques divers: trop souvent laissé derrière au bureau du médecin à 2m du fauteuil d’examen.
    On a même changé mon epouse de salle sans me le dire à mon retour (j’étais allé chercher des documents medicaux), il a fallut que je demande au bout de 20min ou était passé ma femme.
    On m’a également laissé dehors pour une simple prise de tension!
    Il y a visiblement encore beaucoup de chemin à parcourir pour que nous fassions partie intégrante du processus de la grossesse…

    • Olivier 20 février 2018 at 17 h 02 min #

      Comment inclure les pères dans le processus de la grossesse, voilà un bon module de formation pour les futurs professionnels

  7. Netaddicta 21 février 2018 at 21 h 07 min #

    Alors de notre côté, aucun soucis de sage femme que ce soit celle de la préparation à l’accouchement (les séances étaient en couple) ou celle du chu qui nous ont souhaité un bel accouchement à tous les 2 (j’avoue que ça a fait sourire mon mari mais preuve que les mentalités évoluent).

    Je me suis retrouvée dans l’anecdote de l’école, c’est Mr le numéro à prévenir car tout le temps joignable et il y a eu quelques loupes mais globalement cela s’est bien amélioré.

    Je trouve quand même que les mentalités évoluent. Nous avons une organisation familiale qui implique que c’est lui qui emmene les filles à l’école les jeudis et vendredis et va les chercher le soir (je ne travaille pas le lundi et je gère les mardis/mercredis) et hormis la remarque d’un seul de ses collègues, tous les autres trouvent cela parfaitement normal qu’il ne soit pas disponible pour des réunions de fins de journée ces jours-là.

    • Olivier 26 février 2018 at 9 h 15 min #

      Oui les mentalités évoluent petit à petit, raison de plus pour s’engouffrer dans la brèche en s’assurant de faire basculer durablement le modèle.

  8. Carmt 23 février 2018 at 19 h 59 min #

    Pour faire avancer l’égalité h/f, il y a besoin de tout le monde : hommes et femmes. Donc oui il faut des pères qui acceptent de prendre leurs jours enfant malade.
    Et mille fois oui il faut un congé paternité d’une durée nettement plus importante (sinon, la mère devient parent référent « par défaut » pendant qu’elle est en congé mais pas le père, à passer la journée avec le bébé pendant que le père travail).

    On m’a déjà dit que j’exagérais de laisser changer la couche à monsieur la nuit après avoir allaité parce que « après tout, j’étais déjà réveillée, alors bon je pourrais le faire et le laisser dormir »… (personne n’a demandé à monsieur son avis, d’ailleurs).

    Par contre, ici j’ai accouché en maison de naissance et l’équipe insistait beaucoup sur la présence du conjoint tout au long de la grossesse, pendant l’accouchement et après.
    Monsieur est venu à presque tous les rendez-vous, les sf répondait aux questions de monsieur comme aux miennes, il était plus qu’invité aux cours de prépa accouchement, et on a pu dormir sur place tous les 2 dans un lit de place avant de rentrer chez nous.
    Que ce soit sur place ou pour le retour à la maison, tous les gestes étaient expliqués à nous deux.
    On n’avait même pas remarqué tant ça nous semblait normal : on a fait ce bébé à deux, on s’en occupe tous les deux !

    • Carmt 23 février 2018 at 20 h 00 min #

      Et j’ai oublié le plus important : merci pour cet article ! C’est triste qu’il y ait encore besoin de dire ça aujourd’hui, mais ça fait toujours plaisir de voir des pères se bouger dans le bon sens 🙂

      • Olivier 26 février 2018 at 8 h 58 min #

        je préfère voir le verre à moitié plein. Ce n’est pas triste, c’est au contraire formidable de voir tous ces gens qui se mobilisent enfin pour donner vie à leur aspiration d’égalité entre hommes et femmes. C’est une vraie guerre, que l’on mène ensemble, pour offrir la victoire à nos enfants !

  9. Cece 25 février 2018 at 8 h 16 min #

    Voilà un article très actuel et pointant du doigt les mauvaises mentalités qui persistent encore de nos jours.

    Je voudrais tout de même revenir sur tes premiers points relatifs au corps médical et enseignant.

    Ma femme et moi avons eu l’immense chance d’etre Parents en 2000, 2007 et 2008 (oui, le rythme est atypique mais cela résulte d’ennuis médicaux). Et bien à chaque fois j’ai su trouver ma place dans toutes les étapes de la vie de nos enfants, de la prise en charge obstretique de ma femme jusqu’au suivi scolaire. Je n’ai jamais ressenti une quelconque exclusion. Même lorsque j’etais un peu perdu il y a 18 ans quand ma femme ne pouvait pas assister aux rendez-vous chez le pédiatre, je recevais de l’aide du corps médical (couche transpercée, galère avec le cosy)… bref, aucune frustration de ce côté.

    En revanche, la où je te rejoins concerne le monde professionnel. Plus le papa a des responsabilités et moins la hiérarchie se montre tolérant sur la vie familiales. Je le constate encore aujourd’hui et même plus depuis que j’occupe un poste en lien avec les hautes organes de décision de mon institution. Malheureusement les relations humaines évoluent peu et encore de nos jours, le presenteisme, l’oligarchie et la leche permettent d’acceder au pouvoir et à la reconnaissance. Combien de fois j’ai également entendu « il demande une journée enfant malade? Vérifiez que sa femme a bien éclusé l’ensemble de ses droits »

    Je te comprends lorsque tu expliques ta lente descente dans l’estime de tes chefs à partir du moment où tu ne participais plus aux apéros et autres réunions « deblateratoires » ou l’absent a toujours tort.

    Je milite aussi pour la fin de ces pratiques professionnelles archaïques et pour un rapprochement du modèle scandinave de la gestion familiale.

    • Cece 25 février 2018 at 8 h 21 min #

      Ps : Désolé pour les fautes et encore bravo pour ce blog très bien fait. A l’epoque Nous avions le magasine « Parents » pour nous informer et nous aurions fortement apprécié un blog comme le tien pour nous lancer dans la vie de parents.

    • Olivier 26 février 2018 at 8 h 51 min #

      Merci ! Même si ce blog n’a pas la prétention de remplacer un magazine comme l’était Parents 🙂
      Ton com’ montre que tout cela n’est qu’une question de personne. J’imagine que même dans les hautes sphères décisionnelles, on trouve des hommes et des femmes conscients de ces enjeux qui touchent aussi bien au bien être qu’à la performance de leurs collaborateurs, d’ailleurs

      • Cece 28 février 2018 at 23 h 19 min #

        Oui, les jeunes entreprises type start up fonctionnent ainsi, mais les vielles institutions ont la dent dure

        Le magasine parents était bien fichu, mais à mon avis ce blog est quand même plus informel

  10. Samuel 28 février 2018 at 9 h 11 min #

    Bonjour,

    Je ne suis pas encore papa mais c’est pour bientôt. Cet article m’est précieux dans la préparation à devenir papa. Merci beaucoup pour ce témoignage.

    En tant que directeur d’accueil de loisirs, j’ai toujours sollicité le père autant que la mère même si la majorité reste féminine. De même dans mes activités lors des fêtes de fin de centre, et ces moments sont précieux entre un père et son fils 😉

    • Olivier 28 février 2018 at 9 h 59 min #

      Merci de ton retour, c’est important que tous les professionnels de l’enfance se mobilisent sur cette question !

  11. Phi 28 février 2018 at 14 h 56 min #

    Pour tout ce qui concernait la prépa à la naissance, les examens divers et variés et l’accouchement, M. Papa a toujours été très étroitement concerné : « Surtout Monsieur, si vous avez des questions, n’hésitez pas ! ».

    En salle de naissance, un bon gros faueuil était dispo et lorsque mon cher et tendre hésitait à me/nous laisser pour aller se restaurer, l’équipe l’a presque forcé à partir au grand cri de « prenez votre portable, on vous bippe s’il y a du nouveau ».

    Et pareil à la maternité, tout le monde l’associait.

    Coté crèche, école et centre de loisirs, c’est moi que l’on appelle en premier, quoi que l’on fasse ou dise :/

    Par contre coté pro, c’est totalement outrant : parcequ’il est un papa présent, concerné et impliqué, mon cher et tendre se retrouve régulièrement sur la touche.

    Entre les « vous n’êtes pas très impliqué » (je serai absent le xyz pour cause de kermesse), les « ça va les horaires ? » (il récupère les puces à la fermeture de la garderie), »vraiment pas motivé » (pour cause de rdv pédiatre), etc.

    Et oui, c’est rageant de le voir sur la touche parcequ’il consacre du temps à sa famille !

    • Olivier 28 février 2018 at 15 h 27 min #

      D’autant qu’à bien y réfléchir, les entreprises auraient tout à gagner à aménager les horaires de leurs collaborateurs parents, ne serait-ce que pour optimiser leur « temps de cerveau disponible » et décupler ainsi leurs performances… mais bon…

    • Cece 28 février 2018 at 23 h 28 min #

      Exactement. Les entreprises scandinaves cultivent le bien être de ses employés en favorisant, entre autre, la famille de l’employé. Par exemple, une boîte impose 6 heures de travail journalier afin que les horaires collent avec les entrées et sorties d’ecole (Source : http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1063582/bonheur-travail-recettes-scandinaves-suede-danemark-entreprises-employes )

      Notre pays, champion du burn out en est bien loin… :-/

  12. Papadunestar 7 mars 2018 at 8 h 27 min #

    Beaucoup de points communs, en particulier le 5 qui m’est arrivé encore il y a 2 semaines.
    J’ai eu la chance d’avoir un « vrai lit » à la maternité, et je recommande vivement à tous les papas de « passer la nuit » à la maternité, je ne dis pas qu’ils vont dormir hein 😉 !
    Mais c’est vrai que la place dans l’entreprise a été bousculé, car il n’est pas acceptable de partir en pleine réunion avant 17h, alors que j’ai 1h de trajet avant de récupérer ma puce à la fermeture de la crèche à 18h…
    De même, la crèche « communique » avec la maman, alors que je viens la chercher le soir…
    Il y a encore du chemin avant d’obtenir l’égalité « Papa-Maman »…

    • Olivier 7 mars 2018 at 10 h 50 min #

      Des petits exemples du quotidien montrent bien le chemin qu’il reste à parcourir… et si ces petits désagréments ne sont à priori pas « grave », leurs conséquences sont plus importantes qu’on ne l’imagine sur le positionnement du papa et le rapport entre hommes et femmes !

  13. Anne 7 mars 2018 at 12 h 00 min #

    Je suis bien d’accord avec l’article mais j’ai un exemple un peu différent :
    dans l’ancienne boîte où je travaillais, deux de mes collègues sont devenus parents et bien sûr, à un moment, leur enfant a été malade et ils ont pris un congés enfant malade. Ils ont eu le droit chacun à un « Il a un père cet enfant, il n’aurait pas pu prendre le congés » ; « Il a une mère cet enfant, elle n’aurait pas pu prendre le congés ». Bref, les logiques économiques sont éminemment égoïstes autant que sociétales

    • Olivier 7 mars 2018 at 15 h 05 min #

      Rien à dire. C’est juste. Complètement irresponsable et contre-performant mais réel

  14. Ella 12 mars 2018 at 16 h 43 min #

    Cela fait du bien de lire un article comme ça. De voir que des papas veulent s’impliquer ainsi. Je suis en congé mat depuis quelques semaines, et je passe de nombreuses heures sur les forums et groupes de discussions. Et je suis choquée de voir que la parentalité (ma tablette ne connaît même pas ce mot et veut me corriger) est encore considérée comme une affaire de femmes presque exclusivement. Heureusement il y a quelques papas comme vous qui ne sont pas d’accord et le font savoir. Les choses changent, trop lentement, mais ne changeront que si les parents continuent le « combat ».
    Juste une petite remarque sur l’article: le point 8 est également valable pour les femmes. C’est d’ailleurs une des causes majeures de l’inégalité hommes-femmmes au travail. Car une maman ne pourra plus prendre de responsabilités…il paraît…

    • Olivier 12 mars 2018 at 18 h 49 min #

      Exact, c’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle le repositionnement du père est nécessaire pour œuvrer en faveur d’une plus stricte égalité h/f. Si les pères montrent la même aspiration à équilibrer vie familiale à vie pro, les employeurs finiront par ses résoudre à accepter cet état de fait, pour les hommes comme pour les femmes. Mais pour cela, il faut éclater le vieux modèle dans lequel nous sommes enracinés.

  15. Johanne 4 avril 2018 at 9 h 29 min #

    Bonjour,
    Je pense aussi que les papas devraient avoir un congé de paternité. Lors de mon premier accouchement, mon mari s’est donné à 100 % même lorsqu’on est rentré à la maison le bébé et moi. Il se réveillait pendant la nuit pour nourrir notre fils et se levait tôt le matin pour aller bosser. Ils méritent ce congé tout comme les mamans !

    • Olivier 4 avril 2018 at 9 h 32 min #

      Pour ça, il va falloir lutter, femmes et hommes main dans la main

      • Johanne 6 avril 2018 at 10 h 17 min #

        Exactement ! Néanmoins, dans mon entourage, il n’y a pas beaucoup de personnes qui cautionnent cela 🙁

Trackbacks and Pingbacks

  1. Devenir papa en 10 leçons - Blog Je suis papa ! - 7 mars 2018

    […] Comment j’ai pris conscience de la place des pères dans notre société […]

  2. TOP 10 tee-shirt pour papa - Blog Je suis papa ! - 7 mars 2018

    […] Comment j’ai pris conscience de la place du père dans notre société […]

  3. 10 astuces pour éviter le burn out parental - Blog Je suis papa ! - 30 avril 2018

    […] Comment j’ai pris conscience de la place du père dans notre société […]

  4. 5 coffrets cadeaux pour la fête des pères - Blog Je suis papa ! - 31 mai 2018

    […] Comment j’ai pris conscience de la place du père dans notre société […]

  5. Egalité des sexes : et si nous avions le pouvoir de changer ? #DoItTogether - Blog Je suis papa ! - 5 juin 2018

    […] Comment j’ai pris conscience de la place du père dans notre société […]

Envoyez une réponse