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Egalité hommes-femmes : 10 propositions pour valoriser la paternité

Par Olivier - Mis à jour le 2 février 2024
Une femme et un homme se tiennent les mains pour souligner leur égalité, ils sourient et l'homme se sent enfin avoir une place dans sa paternité

Si la question de l’égalité entre hommes et femmes -à la maison comme au travail- alimente régulièrement le débat médiatique et les dîners familiaux, reconnaissons qu’elle est loin d’être tranchée. Et qu’elle engendre souvent davantage de gesticulations verbales que d’actions concrètes.

Sommaire

Papa au travail, maman à la maison. Papa pour jouer, maman pour prendre soin. Maman toujours sur le pont, papa a mieux à faire. Les clichés sur la parentalité ont la vie dure et les schémas sociaux éculés dans lesquels nos grands-parents ont évolués perdurent. Malheureusement.

Non, les hommes ne sont pas aujourd’hui en mesure de prendre pleinement en main leur rôle de père. Parce qu’on ne leur en donne pas les moyens. Parce que la pression est trop forte. Parce que notre société ne le souhaite pas vraiment.

Et du coup, la question de l’égalité entre hommes et femmes n’est pas prête d’avancer. Au moins à la maison. Et par ricochet, au travail.

A moins que.

A moins qu’ensemble, nous décidions d’accompagner les changements organisationnels et culturels qui s’imposent. D’initier des idées. De leur donner vie. De les faire grandir.

Pour qu’un jour, la question de l’égalité entre hommes et femmes ne soit plus qu’un vieux souvenir, dont nos arrières petits-enfants se moqueront allégrement, en songeant à l’archaïsme de notre façon d’envisager les rapports humains à l’aube du 21e siècle.

Paternité : 10 propositions en faveur de l’égalité entre hommes et femmes

Vous découvrirez ci-dessous 10 propositions pour offrir aux hommes l’occasion de devenir père. Et aux mamans l’occasion de redevenir femme. A enrichir, à débattre, à abonder.

Proposition 1 | Allonger le congé paternité

Pour tout vous dire, je garde un souvenir amer de ce congé. 11 jours pour comprendre ce qui venait de m’arriver, pour assumer pleinement mon rôle de père, soutenir une maman blessée par un accouchement difficile, accueillir un enfant pour la première fois. 11 jours pour les hommes, contre 16 semaines pour les femmes. Et on s’étonne encore que certains pères perdent les pédales. Et finissent par fuir en courant leurs responsabilités. Dans ce contexte, l’allongement du congé paternité apparaît comme une solution intéressante, pour permettre aux pères de prendre pleinement la mesure de leur rôle, et mettre hommes et femmes au même niveau. Plus d’infos sur l’allongement du congé paternité ici.

Proposition 2 | Rendre le congé paternité obligatoire

Si le congé paternité est un droit pour tous, nombreux sont les hommes à ne pas le prendre. Car la pression sociale, principalement professionnelle, est forte. On ne compte ainsi plus depuis longtemps les témoignages de pères qui y renoncent sur les « conseils » de leur patron, et ceux de salariés remisés au placard, pour avoir accepté ces 11 jours au détriment de l’entreprise. Et le pire : (presque) personne ne s’en offusque. Le congé paternité ne devrait pas être qu’un droit. Mais aussi un devoir. Vis-à-vis de cette femme qui a accouché, de ce bébé qui a vu le jour, de notre société qui compte sur nos enfants pour se construire un avenir. Le rendre obligatoire aurait un mérite : réduire à néant la pression qui pèse sur les épaules des jeunes pères, et éviter de faire de la maternité un facteur discriminant.

Proposition 3 | Créer un parcours de paternité

Non, en tout homme ne sommeille pas un père en puissance. La paternité est un bouleversement extraordinaire. Un véritable tsunami pour certains. Un tremblement de terre auquel les futurs papas n’ont pas été préparés. Si les mères sont accompagnées, si elles peuvent bénéficier de conseils réguliers, d’un suivi adéquat et performant, les hommes sont souvent laissés seuls face à des angoisses qu’ils ont parfois du mal à verbaliser, pour plein de raisons. Alors pourquoi ne pas créer un parcours de paternité pour les futurs pères ? L’occasion pour eux de bénéficier de quelques rendez-vous avec des professionnels qualifiés pour obtenir des réponses à leurs questions, mieux appréhender les éventuelles difficultés, et comprendre le rôle qu’ils vont être amenés à tenir dans le futur scénario familial. Bref, de quoi les rassurer, les valoriser et les considérer pour ce qu’ils sont : un pilier fondamental à l’équilibre de leur enfant et de leur famille.

Proposition 4 | Créer un droit individuel à la parentalité

Attention, ne nous y trompons pas. La question de la responsabilité parentale ne s’arrête pas à l’entrée à l’école de votre chérubin. A chaque âge de la vie ses problématiques et ses difficultés. Et un parent doit être capable d’accorder à son enfant l’attention dont il a besoin, au moment où il en a besoin. Soumise en 2011 par Brigitte Grésy, membre de l’Inspection générale des affaires sociales, l’idée du droit individuel à la parentalité mérite d’être (re)débattue. Il pourrait prendre la forme d’un congé de trois mois, rémunéré en fonction du salaire et utilisable tout au long de la vie.

Proposition 5 | Valoriser la paternité en entreprise

Épanoui, un père peut aussi s’avérer un salarié performant. N’importe quel manager vous le dira : le moral des troupes est un levier de productivité. En clair, pour qu’une entreprise reste conquérante, elle doit s’assurer du bien-être de ses collaborateurs. Dans ce contexte, les chefs d’entreprise ont un rôle citoyen déterminant à jouer. Pour valoriser ceux de leurs salariés qui deviennent pères, les aider à conjuguer de manière optimisée leur vie familiale et leur engagement professionnel, les écouter, les orienter… Ils pourraient ainsi leur proposer du temps partiel, du télétravail ou davantage de flexibilité. Mais aussi valoriser la parentalité, en travaillant sur la mixité, ou en s’assurant que la discrimination n’a pas lieu d’être dans leurs services. Autant d’éléments qui peuvent devenir de véritables atouts en matière de performance économique. Sur ce point, je reste convaincu que les forces vives de l’entreprise sauront trouver des déclinaisons concrètes à cette idée, en cohérence avec leurs intérêts.

Proposition 6 | Récompenser les entreprises qui s’engagent

Si les entreprises ont un rôle capital à jouer dans cette meilleure reconnaissance de la paternité, elles n’ont assurément pas à régler seules la facture, comme c’est souvent la coutume en France. Oui, les mesures en faveur des pères salariés coûteront forcément chers aux employeurs. Il convient donc de les aider, en commençant par les PME. Par une incitation fiscale, une aide financière versée à chaque congé paternité, où un allègement de charges ponctuel par exemple.

Proposition 7 | Sensibiliser les personnels de santé

A l’hôpital, chez le médecin ou la sage-femme… force est de constater que les stéréotypes ont la vie dure. Si tout le monde s’accorde pour affirmer l’importance du père, nombre de professionnels oublient trop rapidement ces belles paroles, une fois leur blouse enfilée. Sans rentrer dans le détail de mon parcours de père en devenir, je garde un souvenir mitigé de mes rencontres avec les professionnels qui ont accompagné ma femme pendant sa grossesse. Et l’impression désagréable d’avoir été quasi-invisible pendant 9 mois. Probablement faut-il revoir la sensibilisation des personnels de santé pour qu’ils n’accueillent plus seulement des femmes enceintes, mais bien des couples en attente d’un enfant. Une maman et un papa.

Proposition 8 | Améliorer l’accueil dans les maternités

Si les professionnels ont des efforts à faire individuellement, les structures -hospitalières notamment- doivent aussi s’interroger sur les conditions d’accueil qu’elles offrent aux futurs parents. Le pauvre tabouret posé dans un coin de la salle d’échographie, ou le vieux siège en skaï en guise de lit d’appoint en disent long sur la manière dont on considère les pères. Accueillir convenablement un papa, c’est aussi le considérer. Et lui donner confiance.

Proposition 9 | Généraliser les 6 jours enfant malade

Quand bébé est malade, c’est souvent les mamans qui s’y collent. Déjà dans des situations professionnelles bancales après leur accouchement, elles s’enfoncent ainsi un peu plus. Relevée par Maman travaille, la proposition de généraliser les 6 jours « enfant malade » mérite au moins de replacer l’égalité dans les foyers. L’idée serait de faire rémunérer cette période par la sécurité sociale, et de la diviser en deux : trois jours pour le père, et autant pour la mère. Ainsi, ces jours d’absence ne pèseraient plus uniquement sur les employeurs des mères, mais également – et à part égale – sur ceux des pères.

Proposition 10 | Augmenter le nombre de places en crèche

Combien de mères sont contraintes de garder leurs enfants parce qu’elles n’ont pas trouvé de places en crèches ? Combien d’entre elles préfèrent rester à la maison car leur salaire ne permettraient pas de couvrir le coût engendrée par une garde. Il y a quelques mois, le collectif Crèche qui se passe a évalué à 300 000 le nombre de places en crèches manquantes en France. L’effort à accomplir est énorme, certes, mais essentiel. Pour permettre aux femmes de reprendre le chemin du travail rapidement, si elles le souhaitent. Quel rapport avec la question de la paternité me direz-vous ? En permettant aux femmes de s’exprimer au-delà de leur simple rôle de mère, on valorise indirectement celui du père.

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