Prématurité : vers un plan de santé publique, vite !

14 Nov 2012

Prématurité : vers un plan de santé publique

60 à 65 000 bébés viennent au monde prématurément en France chaque année. En perpétuelle augmentation, les naissances prématurées inquiètent aujourd’hui les professionnels de santé.

L’association SOS Préma et la Société française de néonatologie viennent officiellement de lancer un collectif, lundi, pour réclamer un plan de santé publique dédié à la prématurité, comme au Royaume-Uni ou au Portugal. Objectif : garantir l’accès de tous à l’information, à la prévention, aux soins et au suivi.

Prématurité en France

Pour l’Inserm, « tout enfant né avant le terme de 37 semaines révolues d’aménorrhée (absence de règles), soit huit mois de grossesse, est considéré comme un prématuré ».

Le collectif s’alarme de la situation préoccupante de la France en matière de prématurité. « Elle a augmenté de 10% en France durant les dix dernières années pour atteindre 7% des naissances », a indiqué à Sipa le Professeur Elie Saliba, Président de la Société française de néonatologie. Des propos repris par Le Nouvelobs dans un article complet sur le sujet.

L’association SOS Préma souligne que « 20% des grands prématurés ne survivent pas et 30% d’entre eux ne naissent pas dans une unité de soins adaptée à leur prématurité ».

Au classement des pays où le taux de mortalité infantile est le plus faible, la France pointe à la 20e place en 2009. Elle était 7e en 1999.

Prématurité : une question de santé publique

Le collectif rappelle par ailleurs que la prématurité constitue une véritable problématique de santé publique.

Selon le terme de sa naissance, un enfant prématuré présente des fonctions vitales immatures. L’immaturité métabolique, vasculaire cérébrale, digestive, respiratoire, cardiaque, immunitaire, sensorielle, hépatique ou osseuse peut le rendre fragile à plus ou moins long terme.

Cette fragilité peut se traduire par des troubles neurologiques, respiratoires, sensoriels, des troubles de l’apprentissage dont le suivi et la prise en charge peuvent s’avérer extrêmement lourds pour l’entourage, mais aussi pour la société.

Pour plus d’infos, je vous invite à consulter le site de l’association SOS Préma et celui de la Société française de néonatologie.

N’oublions pas que derrière ces chiffres se cachent des parents, souvent discrets, combattifs, dignes, plein d’espoir et parfois de douleurs. Pour les aider, faîtes circuler cette initiative.

Vous êtes parents d’enfants prématurés ? Sentez-vous libres de témoigner de votre parcours en commentaires. 

Crédit photo : Emergencydoc

 

9 réponses to “Prématurité : vers un plan de santé publique, vite !”

  1. O2tigrou 14 novembre 2012 at 11 h 44 min #

    On parle trop peu des conséquences de la prématurité qu’elles soient immédiates ou a long terme. J’ai accouché deux fois de prématurés ma fille a 34 semaines et mon fils a 36. Avec mon fils j’ai eut plus de « chance » car sont état était normal tandis que pour ma fille… Elle a frôlé la mort. Non seulement vous avez le stress concernant la santé de votre enfant mais en plus vous en êtes souvent séparé! Ma fille ayant été transférée dans un autre hôpital, j’avais une heure de route pour aller la voir, peu de transparence sur les soins administrés…
    Le suivit psychologique des parents est proche du néant, a croire que voir son enfant sanglé, rasé et relié a des tas de machine ce n’est pas traumatisant!
    Et on ne vous parle pas non plus des difficultés d’apprentissage qui viennent ensuite…
    Le sujet n’est pas assez abordé, les parents souvent laissé a l’abandon et les enseignants ne comprennent pas forcément que ces enfants sont plus lent a l’apprentissage …

    • Olivier 14 novembre 2012 at 11 h 49 min #

      Je te remercie sincèrement de ton témoignage. Il illustre parfaitement ce que dénonce le collectif et l’origine de ses revendications !

  2. aggie 14 novembre 2012 at 12 h 48 min #

    Nous avons évité la préma de peu avec ma loupiotte qui est née en avance. Et malgré tout ça a été dur à encaisser.
    Je ne peux pas imaginer tout ce qui passe par la tête des parents qui font face à la grande prématurité…

    • Olivier 14 novembre 2012 at 13 h 13 min #

      moi non plus, je ne peux pas l’imaginer. Ce que je sais en revanche, c’est qu’on n’a pas le droit de laisser des parents affronter ces difficultés seuls. C’est la raison pour laquelle cette démarche du collectif me parait aussi urgente que légitime.

  3. Clairou 14 novembre 2012 at 17 h 19 min #

    Sans parler que des prémas, si ton petit bout a des soucis de santé à sa venue tu n es pas plus informé…
    Il y a un pas mal d exemples dans baby boom où les parents sont « livrés » à eux même sans informations…
    Devant ma télé, je suis aussi angoissée qu eux , je n imagine même pas leur stress et leur desespoir….

    Il faut informer et aider au mieux les parents des petits bouts « à soucis »….

  4. Karya 21 novembre 2012 at 15 h 50 min #

    Je me retrouve dans le commentaire précédent. Pour tous les parents qui passent par la case réanimation pédiatrique et/ou soins intensifs, il faudrait beaucoup plus d’accompagnement, de soutien et d’informations.
    Les équipes – puéricultrices, infirmières – sont très souvent formidables mais elles manquent de temps, de moyens et pourtant elles font preuve d’un dynamisme et d’un courage exemplaire.
    Il faudrait plus de moyens, comme partout …

    • Olivier 22 novembre 2012 at 9 h 10 min #

      Exact. Un personnel souvent formidable mais fatigué par la pression, l’exigence de rendement, la course après le temps, les sous effectifs… du coup, c’est le patient qui trinque !
      Pourtant, je reste convaincu que des parents bien (in)formés feront moins appel à l’hôpital ou au médecin par la suite et coûteront donc moins cher à la sécu.

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