Famili et les stéréotypes sexistes

Famili, accusé de véhiculer des stéréotypes sexistes par acrimed

Vous le savez, les stéréotypes en tous genres ont la vie dure. Ceux sur les blondes décérébrées, ceux sur les femmes au volant, comme ceux sur les pères incapables et fainéants.

Véhiculés par la parole populaire, certains prennent vie au travers de vannes plus ou moins grasses pour finir par devenir des réalités durablement implantées dans notre conscience collective. Jusqu’à prendre la forme de véritables modèles sociaux. Causant parfois des dégâts irréversibles.

Famili face à Acrimed

J’ai déjà évoqué la question de l’enjeu des stéréotypes dans le débat sur la place du père ici et .

Si je vous en reparle aujourd’hui, c’est parce qu’une observatrice attentive de l’actualité des médias m’a alerté sur un excellent article d’Acrimed que je vous encourage à lire.

Peut-être connaissez-vous Acrimed ? Cet observatoire des médias s’est fait une spécialité de mettre en lumière les travers de la presse hexagonale, de décortiquer le travail des journalistes et d’en pointer les errements.

Dans la ligne de mire : Famili, accusé de véhiculer « plus ou moins ouvertement, les visions les plus traditionnelles de la répartition des rôles entre les sexes : une répartition socialement construite et dominante dans la réalité que le magazine, plutôt que de la remettre en cause, contribue, par voie médiatique, à diffuser, voire à renforcer auprès de ses lecteurs. »

Titre du groupe Marie-Claire, Famili se présente comme un magazine familial. Dans ce contexte, on pourrait donc s’attendre à ce qu’il offre la même place aux femmes par ailleurs mères de famille, qu’aux hommes également pères de famille. Et que ses journalistes prêtent une attention particulière aux stéréotypes qu’ils pourraient malencontreusement véhiculer.

Oui mais voilà, dans son analyse, Acrimed dénonce ouvertement le positionnement du magazine, qu’il accuse de considérer la famille comme le rassemblement d’une maman autour de ses enfants, « le père étant essentiellement chargé de se substituer provisoirement à la mère quand les circonstances (exceptionnelles) l’exigent ».

Et l’observatoire étaye ses propos. Pour Acrimed, Famili consacre l’essentiel de ses articles aux mamans, excluant de fait les pères, et véhiculent une image archaïque de la mère, dont le premier rôle « est de s’occuper et profiter des enfants à plein ».

Acrimed enfonce le clou en s’agaçant des sujets sexistes qui font régulièrement la une du magazine, et de ses publicités qui rappelle à chacun la place qu’il doit occuper au sein de sa famille.

Le cas Famili : une analyse révélatrice

Bref, l’article de Vincent Bollenot et Thibault Roques pointe un à un les stéréotypes colportés, consciemment ou non, par le magazine.

Soyons clair. Famili n’est pas le seul média à véhiculer des stéréotypes, quel qu’ils soient. Néanmoins, si personne ne s’en offusque, ils ne disparaitront jamais. Pour cette seule raison, le travail éclairant mené par ces deux journalistes mérite d’être valorisé.

Et vous ? Que pensez-vous de cette enquête d’Acrimed ? Famili mérite-t-il d’être ainsi pointé du doigt ? Que pensez-vous des stéréotypes véhiculés par les médias sur la place de la maman et du papa au sein de la famille ?

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Article posté le 30 avril 2013 dans Questions de parents

Par Olivier

Papa d'une petite fille belle comme le jour, Olivier est aussi le fondateur de Je suis papa en 2011. Même si sa photo de profil ne le montre pas, sa paternité lui a fait perdre tous ses cheveux, mais pas le moral. C'est déjà ça ! Convaincu que les enfants sont l'avenir du monde, il milite pour faire entrer Peppa Pig à l'Elysée. Un poil lunatique, il retrouve en général le sourire autour d'un bon verre de vin. 


26 COMMENTAIRES

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  1. mattyllde
    le

    Je ne pense pas qu’il y ait que le cas Famili. J’avoue je n’ai pas lu famili depuis quelques années, mais ce magazine que je lisais quand mon loulou était petit avait clairement pour cible…moi, la maman qui s’occupait de son petit.
    Après, sexisme je ne sais pas. En tout cas dans la société on a beau dire ce qu’on veut si on a largement dans ma génération fait participer nos hommes aux tâches ménagères et à l’éducation des enfants dès le plus jeune âge, j’ai tout de même l’impression que le papa gère quand la maman n’est pas là. Sinon c’est toujours un métier de maman s’occuper ds enfants. (PAs du tout chez moi, mais c’est une impression que j’ai, peut être erronée).

    Après je pense aussi que la presse, les blogs famille justement sont là aussi pour faire bouger les choses et les mentalités. D’ailleurs vivent les blogs de papa, plus modernes que Famili sur le sujet!

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    • Olivier
      le

      Effectivement, les médias sont tous potentiellement des vecteurs de diffusion de stéréotypes. Et Famili n’est pas le seul.
      Et ce n’est pas parce que la maman est la cible qu’un titre peut se permettre de diffuser ces clichés. Au contraire !
      Du coup, j’en viens à me demander si les médias n’ont pas aussi une part de responsabilité dans le renforcement de schémas sociaux archaïques, conséquence du manque d’implication de certains pères.

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    • Rodolphe
      le

      « on a largement dans ma génération fait participer nos hommes aux tâches ménagères et à l’éducation des enfants dès le plus jeune âge… »

      sauf que la place de père en tant que parent se prend, elle ne s’attend pas.
      Votre phrase me gène parce-qu’elle sous-entend que les taches ménagères et l’éducation des enfants appartiennent aux femmes.
      Non, c’est plutôt que des hommes ne jouent(aient) pas leur rôle de père ou de concubin pour certains.
      Heureusement que l’évolution des mentalités a accompagné l’émancipation des femmes.

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      • Olivier
        le

        Morale de l’histoire : nous véhiculons tous des stéréotypes, des fois consciemment et d’autres fois sans nous en rendre compte. Du coup, Famili apparaît comme l’arbre qui cache la forêt.
        Cette question de la diffusion de stéréotypes sur les mères ou les pères est finalement complexe. Elle est aussi pour moi à mettre en parallèle avec d’autres stéréotypes : sur les femmes, les étrangers, les jeunes, les chômeurs, les patrons…

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  2. Agnès
    le

    Famili fait partie du groupe Marie-Claire. Ce même journal qui mélange joyeusement articles beauté et pubs pour des cosmétiques, et véhicule une image de la femme mince, sans poils, toujours bien maquillée, bien coiffée, qui peut se permettre un « rituel beauté » de 40 minutes pour se réveiller tous les matins, toujours habillée à la mode -dans des marques bien chères ! Et qui peut passer 3/4 d’heure à préparer une salade. Bref, on serait bien surpris qu’un autre journal du groupe véhicule une image plus équilibrée du couple et de la famille… la presse « féminine » véhicule des clichés sexistes depuis ses débuts, ce n’est pas près de s’arrêter.
    On n’attends donc pas grand-chose d’autre d’un magazine du même groupe…

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    • Olivier
      le

      C’est vrai qu’à bien regarder ce magazine page après page, des questions se posent. Néanmoins, Famili n’est pas le seul à véhiculer des clichés sexistes. Consciemment ou inconsciemment ?

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  3. Clairou
    le

    Je ne lis aucun des magazines pour  » parents » trop peur de psychoter!!!

    Il y a encore des gens qui pensent comme eux…. Malheureusement.

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  4. mimie999
    le

    En même temps, faut il les considérer comme vecteur ou comme reflet d’une certaine réalité, malgré les beaux idéaux d’égalité homme/femme qui sont de plus en plus revendiqués?
    Je pense que ça dépend du point de vue.
    Autre question, est ce que ce n’est pas un parti pris du magazine aussi pour vendre? Est ce que le public qui lit ce type de magazine n’est pas principalement féminin et donc du coup il s’adaptent à leur cible?

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    • Olivier
      le

      Reflet, sans doute. Mais pour moi, les médias ont un rôle à jouer en matière de sensibilisation et d’éducation. Ils doivent contribuer à élever nos consciences, pas nous enfermer dans nos égarements.
      Effectivement, la cible est féminine. Mais si on accepte ça, personne ne doit alors s’offusquer de voir la femme réduite au rang d’objet dans certains magazines masculins, ou dans des pubs destinés aux hommes… Pour ma part, ça me gêne !

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  5. Babidji
    le

    honnêtement je pense que le rapport Acrimed a raison … mais je ne rejetterai pas la faute vraiment sur les journalistes mais la rédac chef ! c’est elle qui insuffle sa position au magazine … c’est elle la responsable finale de ce qui est publié …
    je ne sais pas si tu vas avoir le temps de lire cet ancien post … mais j’avais halluciné de voir cette pub dans ELLE … certes ce n’est pas ELLE qui l’a rédigée mais c’est révélateur de l’image que se font les publicitaires de la femme … j’avais fait un article au second degré mais n’en pensant pas moins … et ELLE pouvait aussi refuser de le publier ! http://babidji.blogspot.fr/2011/05/quand-papa-sy-colle.html

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    • Olivier
      le

      Une poubelle pour la fête des mères… quelle bonne idée 😉 Ma femme va adorer !
      Oui, la rédac chef a sans doute une responsabilité mais les journalistes aussi, en proposant des sujets bêtifiants lors des conférences de rédaction. Et puis l’éditeur a aussi une responsabilité, comme les annonceurs en achetant de la pub dans ces supports, et les lectrices en les lisant….

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  6. Franck - Papa Blogueur
    le

    Il faut avouer que ça fait vendre de critiquer, de stéréotyper, mais d’un autre côté on voit tout de même émerger ici et là l’influence du rôle du papa « le papa moderne, le papa des années 200, le nouveau père, etc) sur le Web et timidement dans la presse

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    • Olivier
      le

      Oui, c’est vrai. Mais même ces articles sont parfois traités avec un espèce de côté compassionnel qui m’exaspère parfois !

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  7. caropuce
    le

    Non mais rhaaaaaaaaaaaaaa…

    Heureusement, les familles que je vois autour de moi. En particulier ma famille! sont loin de ce stéréotype. Beaucoup de mes amies en couples sont sans enfants, alors difficile de juger pour le rôle de la maman, mais les tâches ménagères sont partagées. Je dirais que l’égalité positive papa / maman s’améliore.

    Enfin c’est pas encore gagné! J’habite en Allemagne du nord (ex Allemagne de l’ouest) et ici les stéréotypes sont encore plus exacerbée.

    Petite anecdote du weekend dernier: je laisse mon bébé pour deux jours/1 nuit pour la première fois avec papa. Nous n’avions pas testé avant car j’allaite toujours et nous n’étions pas sure de comment faire pour les tétés de nuit. Papoï 11 mois demandant toujours. Sinon je serai déjà surement partie plus longtemps sans boutchou. (je dois être une mauvaise maman). Bref ça se passe super bien entre papoï et son papa. Il fait des dents, donc nuit un peu dure sans rapport avec mon absence. Globalement, bébé accepte de boire du lait sans souci. Bref réflexion de ma copine (jeune maman depuis 3 mois): « tu n’es pas jalouse que ça se passe bien » euh, gros blanc de ma part, ben euh « je suis méga heureuse que ça se passe bien et d’avoir du temps pour moi » Conclusion, aurais je du souhaiter que mon Papoï mène la vie dur à son papa? ET ce pour me conforter dans mon rôle de mère nourricière irremplaçable. ôO
    Cette réflexion fait suite à une autre il y a plusieurs mois. N’étant pas certaine de la durée de mon allaitement. J’avais dit à cette même amie « D’ici quelques mois quand je n’allaiterai plus je pourrai laisser papoï à papa et partir en week-end » Réponse: « Oh tu es sure que tu pourrais laisser ton fils? Avec les hormones tu dis ça maintenant mais tu ne pourras pas »

    Conclusion: je ne dois pas avoir les bonnes hormones, je ne suis pas jalouse que papoï aime son papa et se sente bien avec lui.

    Bon les anecdotes sur le rôle de la mère en Allemagne du nord, j’en ai plein. Celle ci m’a marqué car c’est une amie de mon âge, avec un mari adorable qui s’occupe avec joie de son bébé, et éduquée (en thèse actuellement).

    Tant que les femmes elle-même continueront à croire et encourager les stéréotypes, ils ne risquent pas de disparaître.

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    • Olivier
      le

      Et oui, tu pointes une vérité que je n’ai pas évoqué dans ce billet (même si ça me démange parfois) : les femmes sont parfois à l’origine de certains stéréotypes, qu’elles véhiculent de génération en génération malgré elles… et à leur détriment.
      Ainsi, combien sont-elles à se plaindre de manquer de temps, de ne pas pouvoir tout faire, d’être cantonnée à leur rôle de maman, de ne pouvoir reprendre le travail… tout en refusant systématiquement le moindre changement, en commençant par accepter, de manière plus ou moins implicite, l’implication de leurs compagnons par exemple ?

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  8. Cloé Dauplais
    le

    Bonsoir
    Famili est loin d’être le seul à véhiculer ce genre de stéréotypes. Tous les magazines de parents s’adressent aux femmes et parfois, mais c’est très exceptionnel, et dans de courts articles, aux hommes. Mais je tiens quand même à dire que je n’ai jamais vu et que je ne connais aucun homme qui achète ce genre de magazines. C’est peut-être cette raison qui fait que les magazines s’adressent essentiellement aux femmes !

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    • Olivier
      le

      C’est l’histoire du serpent qui se mord la queue. Si les hommes ne lisent pas Famili, c’est peut être parce que le magazine ne s’adresse clairement pas à eux…
      Pour autant, est-ce une raison pour véhiculer des clichés ? Pas certain…

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    • Olivier
      le

      Oué… je crois que tous les médias sont susceptibles de véhiculer des stéréotypes, souvent à leur insu, même en y faisant très attention.

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  9. MamamMammouth
    le

    Malheureusement cette presse dite « parentale » mais quasi exclusivement féminine dans la réalité, véhicule c’est vrai de nombreux clichés et est souvent très culpabilisante. Les mères devraient être toujours au top, tout gérer et seulement déléguer au papa quand elles n’en peuvent plus ou veulent prendre un peu de temps pour elle… On ne laisse ainsi pas la possibilité au papa de prendre sa place de père, d’être autant acteur que la mère dans l’éducation et la prise en charge de l’enfant… Et c’est une triste réalité mais ces clichés sont souvent bien ancrés en nous… Une maman qui n’arrive pas à toujours s’en sortir , qui n’a pas le temps ou l’énergie pour se faire belle, qui n’est pas toujours heureuse se culpabilisera et se pensera mauvaise mère. Et l’homme face aux cliches n’arrivera pas toujours à trouver sa place, à s’investir vraiment car selon les médias et la société, il aurait seulement un rôle de « soutient » de la mère… Bref. Je trouve ça super que tu en parles car petit à petit les choses bougeront, à force d’ouvrir les esprits 🙂

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    • Olivier
      le

      Effectivement, ces stéréotypes nous figent dans des schémas sociaux qui ne nous tirent pas vers le haut. Dommage, les médias auraient pourtant un vrai rôle à jouer !

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