Je suis un mauvais père, niveau 2

11 Déc 2014

Mauvais père, niveau 2

Il y a un peu plus d’un an, je vous racontais à quel point je pouvais être un mauvais père, renonçant par la même au titre de super-papa que vous, lecteurs, vous étiez empressés à me décerner, sans percevoir la supercherie.

Autant vous le dire tout de suite, la situation ne s’est pas arrangée depuis. A vrai dire, les mois passant m’ont même donné l’occasion d’améliorer mon art de la filouterie.

J’ai pourtant essayé de changer. Mais vous le savez comme moi : pourquoi emprunter les routes sinueuses de la perfection quand l’axe du mal file tout droit vers l’objectif ?

Faut dire qu’ils nous cherchent aussi nos mômes. Toujours à appuyer là où ça fait mal, à débusquer la petite bête, à jouer avec nos nerfs au moment où on s’y attend le moins. Juste comme ça, pour voir.

Mauvais père j’étais, mauvais père je resterai. Probablement pour le reste de mes jours. La preuve par 5 !

TOP 1 | Je manipule

Si la manipulation n’est pas une technique nouvelle pour parvenir à ses fins, reconnaissons qu’elle fonctionne à la perfection sur les enfants. Pour réussir, il convient néanmoins de connaitre les failles de son adversaire. Rebelle et déterminée, Mychoup’ se transforme en carpette dès qu’on évoque l’idée d’une rencontre avec un membre du corps médical. Du coup, j’avoue ne pas me gêner.

« Tu ne veux pas manger tes haricots verts ? Très bien. Mais tu sais, les enfants qui ne mangent pas finissent souvent chez le docteur. » « Tu ne veux pas te laver les mains ? Pas de problème. Les bactéries vont te bouffer la peau et on ira chez le docteur. » Autant vous dire qu’il ne faut jamais plus de 5 minutes pour qu’elle obtempère.

TOP 2 | Je mens

Ok, c’est pas beau de mentir. Je déteste ça. Mais reconnaissons que parfois, de petits mensonges permettent d’éviter de grands discours (et les colères qui vont avec). Pour préserver ma conscience, je parlerai donc plus volontiers de petits arrangements avec la vérité. Cette dernière n’étant finalement que très relative (oui je sais, on se rassure comme on peut).

Nan mais sans déconner, vous croyiez vraiment que j’allais me balader toute la journée avec ce chapeau de princesse, ce bracelet en bois et ce biberon « au lait et au jus d’orange » ? C’est vrai, je l’ai promis à Mychoup’. Est-ce une raison suffisante pour perdre sa dignité et son boulot ? Vous en jugerez par vous-même. En attendant, mon déguisement est resté dans la voiture.

TOP 3 | Je corromps

Reconnaissons au moins une chose : la corruption est un sport universel. Du petit qui baratine son copain pour lui filouter quelques billes, aux géants de ce monde qui s’échangent des valises de billets pour obtenir les fruits de leur convoitise, elle gangrène notre monde moderne.

Je ne me souviens plus exactement comment on en est arrivé là, toujours est-il que Mychoup’ ne s’endort plus sans un bonbon à côté de son lit. Alors que ses yeux se ferment, elle salive d’impatience à l’idée de le croquer. Comble de l’histoire, elle oublie souvent sa présence à son réveil. Ce qui rend la technique extrêmement rentable.

TOP 4 | J’amadoue

Jouer sur la corde sensible, appuyer là où ça fait mal… autant d’astuces dont les parents de niveau 2 savent user avec finesse pour parvenir à leurs fins. Avec un peu d’observation et un brin de vice, on finit toujours par aboutir.

Depuis quelques semaines, Mychoup’ voue un culte sans borne à sa mère. Et logiquement, c’est à elle que revient systématiquement l’honneur ultime de la coucher. Pas question de laisser papa accomplir cette noble tâche. Du coup, quand bébé traine les pieds pour filer au lit, je ne manque pas de lui rappeler que « maman a d’autre chose à faire. Si tu veux qu’elle te couche, c’est maintenant. Après ce sera papa ! » C’est ainsi que Mychoup’ file désormais au pieu sans moufter à 19h45.

TOP 5  | Je vole

Nos enfants sont des gouffres à sucreries. Heureusement, ils disposent d’une mémoire de lémuriens. Du coup, il n’est pas rare qu’un paquet de bonbons à peine ouvert le soir se retrouve intégralement dépouillé de son contenu le lendemain matin. Et n’allez pas cherchez un coupable là où il n’y en a pas. C’est de la magie, c’est tout !

Et vous ? Quels sont vos filouteries de mauvais père et mère indigne ?

D’autres TOP ? Lisez ces mères qui me sortent par les yeux, les dessous des comptines pour enfants (explicit content), comment résister aux assauts d’un chiard de deux ans ?… tous les TOP sont ici.

15 réponses to “Je suis un mauvais père, niveau 2”

  1. Doudou 11 décembre 2014 at 15 h 11 min #

    😀
    Je me retrouve dans la manipulation ^_^
    Ma fille comprend très bien ce que je lui dis quand je fais: « tu manges ta purée sinon tu iras au coin ! »
    Là, elle regarde le « coin » du coin de l’oeil (:p ) et ouvre grand la bouche.
    Je retiens pour les médecins, vu qu’elle pleure toutes les larmes de son corps dès qu’on passe chez le pédiatre, ça pourra tjs relayer la menace du « coin » ^^
    Oh que l’on ait de mauvais père 😉

    • Olivier 11 décembre 2014 at 15 h 13 min #

      Parfois, la fin justifie les moyens, hein ? 😉

      • Doudou 11 décembre 2014 at 15 h 17 min #

        oui ^^

    • Doudou 11 décembre 2014 at 15 h 16 min #

      Le « J’amadoue » est pas mal non plus (vu qu’il y a des périodes Maman à fond) ^^ donc j’ai déjà fait ca 🙂

  2. Maman Lapin 12 décembre 2014 at 9 h 11 min #

    Roooo le vilain…
    Je crois pourtant qu’on en est tous la pour éviter que la vie avec les enfants ne tourne à la confrontation permanente.

    Ici j’avoue que je manipule, je mens, je cache (version plus politiquement correcte de ton je vole) mais aussi je responsabilise, cette dernière technique ne fonctionnant que pour le grand de 10 ans.

    Pour la manipulation de la naine (5ans), c’est la menace du coin qui fonctionne à mort. Pour le grand, mon plus bel exemple c’est « tu veux un bmx ? Pas de soucis. Tu l auras fin novembre pour ton anniversaire si t’es résultats scolaires sont bons. Mais il faudra qu’ils le restent après sinon je le confisquerai » (qu’est – ce qu’on ferait pas pour qu’ils apprennent leurs tables de multiplication ?!).

    J’avoue que je planque les bonbons que mon Z’homme achète. Avec leurs mémoires de poisson rouge, ils oublient et hop plus de réclamation…

    Pour la responsabilisation, c’est « pas de soucis, j’ai confiance, t’es un grand garçon maintenant. Avec ton père on sait que tu ne voudrais pas nous décevoir » (notez la pointe de culpabilisation qui fait tout)
    Bon c’est aussi un petit gars mignon qui a une bonne notion des choses et qui ne fait pas de grosses bêtises.

    Après, pour Razmokett 9 mois, ben j’essaye tout ce que je peu X mais je crois que je vais devoir patienter encore un peu pour que l’une de tes techniques fonctionne.

    • Maman Lapin 12 décembre 2014 at 9 h 14 min #

      Désolée pour les fautes de frappe… la joie des correcteurs automatiques des téléphones qui changent tous seuls ce qu’on tape…

      • Olivier 12 décembre 2014 at 13 h 10 min #

        Voilà, tu résumes : On fait ce qu’on peut pour éviter la confrontation permanente… et c’est pas toujours aussi facile qu’on pourrait l’imaginer de prime abord. ma grand-mère disait « il faut que jeunesse se passe »…

  3. 01Claire 13 décembre 2014 at 20 h 50 min #

    Ah je vois que je ne suis pas la seule, à corrompre, amadouer, emprunter (beaucoup plus joli que voler) mais je ne mens pas car je culpabilise trop….j’avais promis à mon pt’t lapin de l’amener à la piscine, entre sa gastro, ma rhino, etc…nous n’y sommes pas allés depuis…3 mois c’est ma faute ah cette fichu culpabilité!
    Petite remarque: nos enfants sont aussi très forts pour nous amadouer, allez Maman je serai super gentil si tu m’achète des kitkats…nous voler le jus d’orange le matin qui disparait, seul le verre sale reste, bizarre….bref sont-ils pour autant de mauvais enfants?

    • Olivier 16 décembre 2014 at 13 h 24 min #

      Ils apprennent vite à maitriser les leviers que nous ne manquons pas d’activer pour parvenir à nos enfants. Bref, ils ont de qui tenir 😉

  4. clairou la plote 16 décembre 2014 at 10 h 23 min #

    bbbooooooo c est moche!!!
    j’évite soigneusement la menace du médecin depuis qu’elle n’y pleure plus pour y aller!
    Merci le livre « non, je ne veux pas aller chez le docteur »!!!

    Du coup c’est la menace de la chambre, du bonbon, du dessin animé ou de l’histoire du soir!
    J’aime pas mentir mais je déforme la vérité… HIHI

    • Olivier 16 décembre 2014 at 13 h 26 min #

      Ici, c’est bizarre. Mychoup’ déteste que je lui rappelle qu’elle finira malade si elle ne se mouche pas correctement par exemple. Pour autant, elle est la première à accepter d’aller voir le médecin quand elle se sent vraiment malade.

  5. Bernard Rodillard 19 décembre 2014 at 7 h 01 min #

    Hello,
    Je me suis retrouvée à manger les gâteaux de ma fille une fois ! Parfois, je fais du chantage pour qu’elle parte se coucher sans broncher. 🙂

    • Olivier 22 décembre 2014 at 11 h 15 min #

      faut dire qu’ils nous poussent dans nos retranchements aussi !

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